Mobile money en CEMAC : la COBAC braque ses projecteurs sur l'argent des clients qui circule chez les agrégateurs

Mobile money en CEMAC : la COBAC braque ses projecteurs sur l'argent des clients qui circule chez les agrégateurs

À Malabo, la COBAC s'inquiète du passage des fonds de clientèle par les comptes des agrégateurs de paiement en CEMAC. Ce qu'on sait, et ce qu'on ignore.

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Mobile money en CEMAC : la COBAC veut voir clair dans le circuit des fonds de clientèle


Malabo, 25 septembre 2026. Quand vous envoyez de l'argent par mobile money ou réglez un achat en ligne, votre argent ne va pas toujours directement d'un point A à un point B. Il peut traverser plusieurs mains. Ce parcours intéresse désormais de près le gendarme bancaire d'Afrique centrale. La Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC) veut renforcer sa surveillance d'une pratique : des fonds de clientèle « transitent parfois directement » par les comptes d'établissements de paiement et d'agrégateurs dans la CEMAC.


Un sujet mis sur la table à Malabo


Le dossier a été discuté le 25 septembre 2026, à Malabo (Guinée équatoriale), lors de la 15e réunion annuelle de concertation du président de la COBAC avec la profession bancaire et financière.


D'après le communiqué final, les échanges ont porté sur trois points : les relations entre établissements de paiement et agrégateurs, le traitement comptable de certaines opérations, et les risques liés à la circulation des fonds de la clientèle.


Ce que le communiqué ne dit pas


Il faut rester précis : le document reste muet sur l'essentiel. Il ne donne ni les volumes concernés, ni les établissements visés, ni les opérations qui sont à l'origine de ces préoccupations.


Aucune nouvelle obligation réglementaire n'est annoncée à ce stade. Impossible, à la lecture du texte, de dire si la COBAC pense à de nouvelles règles de cantonnement des fonds, à une séparation comptable, à un renforcement du reporting ou à un régime particulier pour les agrégateurs.


Un signal reste toutefois clair : les circuits empruntés par l'argent des clients entre les différents intermédiaires du paiement numérique sont désormais explicitement examinés par le superviseur.


Les agrégateurs, maillon discret de la chaîne


Les agrégateurs assurent notamment la connexion technique ou commerciale entre différents acteurs des services financiers numériques. La COBAC s'intéresse à la façon dont certaines opérations impliquant ces intermédiaires sont comptabilisées et, surtout, aux conditions dans lesquelles les fonds de clientèle peuvent circuler à travers leurs comptes.


Le sujet s'inscrit dans un marché des paiements numériques en croissance dans la sous-région. À Malabo, William Nlembe, directeur général d'Orange Money Cameroun, a présenté les opportunités offertes par le mobile money en matière d'inclusion financière.


Fraude, cybercriminalité, blanchiment : les risques rappelés


Parallèlement, la COBAC relève les risques associés à l'essor de ces services : fraude, cybercriminalité et manquements aux règles de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Elle appelle à renforcer les dispositifs de contrôle et de traçabilité des opérations.


Et au Cameroun ?


Au Cameroun, cette surveillance concerne un écosystème où opérateurs de mobile money, établissements de paiement, banques, fintechs et intermédiaires techniques peuvent intervenir dans une même chaîne transactionnelle. Le communiqué de la COBAC ne cite toutefois aucune entreprise ni aucun cas particulier.


Microfinances : l'accès aux codes USSD pose problème


Les discussions de Malabo ont aussi mis en lumière les difficultés de certains établissements de microfinance pour accéder aux codes USSD. Les participants voient dans cet accès « un levier essentiel » pour développer les services financiers numériques.


Là encore, le communiqué reste flou : il ne précise ni les établissements concernés, ni les opérateurs auprès desquels ces difficultés sont rencontrées, ni la nature des obstacles (technique, tarifaire, commerciale ou réglementaire).


À retenir



  • La COBAC veut renforcer sa surveillance du passage des fonds de clientèle par les comptes des agrégateurs et établissements de paiement.

  • Aucune nouvelle règle n'est annoncée pour l'instant.

  • Aucun volume, établissement ou cas précis n'est cité.

  • Les microfinances peinent à accéder aux codes USSD, jugés essentiels au développement des services financiers numériques.




Mobile Money in CEMAC: Regulator COBAC Scrutinises Customer Funds Flowing Through Payment Aggregators


In Malabo, COBAC voiced concern over customer funds passing through payment aggregators' accounts in CEMAC. Here is what we know, and what remains unclear.


Mobile money in CEMAC: COBAC wants clarity on how customer funds circulate


Malabo, 25 September 2026. When you send money by mobile or pay online, your funds do not always travel straight from one point to another. They can pass through several intermediaries. That path is now drawing the attention of Central Africa's banking watchdog. The Central African Banking Commission (COBAC) wants to tighten oversight of a practice in which customer funds "sometimes transit directly" through the accounts of payment institutions and aggregators across the CEMAC zone.


A topic raised in Malabo


The issue was discussed on 25 September 2026 in Malabo, Equatorial Guinea, at the 15th annual consultation meeting between the COBAC chairman and the banking and financial industry.


According to the final communiqué, discussions covered three areas: relations between payment institutions and aggregators, the accounting treatment of certain transactions, and the risks linked to the circulation of customer funds.


What the communiqué does not say


The document is silent on the essentials. It gives no figures on the volumes involved, does not name the institutions concerned, and does not identify the transactions behind these concerns.


No new regulatory obligation has been announced so far. The text does not make clear whether COBAC is considering new rules on ring-fencing funds, accounting separation, reporting requirements or a specific regime for aggregators.


One signal is nonetheless clear: the routes taken by customer money among the various digital payment intermediaries are now explicitly under the supervisor's review.


Aggregators: the discreet link in the chain


Aggregators notably provide the technical or commercial link between different players in digital financial services. COBAC is looking at how certain transactions involving these intermediaries are recorded and, above all, at the conditions under which customer funds can flow through their accounts.


The issue arises in a growing digital payments market in the sub-region. In Malabo, William Nlembe, managing director of Orange Money Cameroon, presented the opportunities mobile money offers for financial inclusion.


Fraud, cybercrime, money laundering: risks flagged


COBAC also pointed to the risks that come with the growth of these services: fraud, cybercrime and breaches of anti-money laundering and counter-terrorism financing rules. It called for stronger control and traceability mechanisms.


What about Cameroon?


In Cameroon, this oversight concerns an ecosystem where mobile money operators, payment institutions, banks, fintechs and technical intermediaries may all operate within the same transaction chain. However, the COBAC communiqué names no company and no specific case.


Microfinance: access to USSD codes is a sticking point


The Malabo talks also highlighted the difficulties some microfinance institutions face in gaining access to USSD codes. Participants regard this access as "an essential lever" for developing digital financial services.


Again, the communiqué is vague: it does not say which institutions are affected, which operators they deal with, or whether the obstacles are technical, tariff-related, commercial or regulatory.


Key takeaways



  • COBAC wants to strengthen oversight of customer funds passing through the accounts of aggregators and payment institutions.

  • No new rule has been announced for now.

  • No volumes, institutions or specific cases are named.

  • Microfinance institutions struggle to access USSD codes, seen as essential to digital financial services.


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Didier Cebas K.

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