Cameroun : les 660 000 dollars d’un hélicoptère présidentiel bloqués dans une liquidation au Qatar
Un paiement de 660 000 dollars effectué en 2018 pour achever la réparation d’un hélicoptère destiné au chef de l’État camerounais se retrouve au cœur d’une procédure judiciaire au Qatar. Sept ans plus tard, Yaoundé a tenté d’en obtenir la restitution. Mais la justice qatarie a d’abord exigé que l’avocat affirmant représenter le Cameroun établisse clairement son habilitation.
L’affaire mêle argent public, maintenance d’un aéronef présidentiel, liquidation d’une société financière qatarie, soupçons de manquements aux règles antiblanchiment et question de conflit d’intérêts autour d’un avocat genevois.
Au centre du dossier : 660 000 dollars, soit environ 355 millions de FCFA, dont le Cameroun revendique la propriété dans le cadre de la liquidation de Horizon Crescent Wealth LLC (HCW).
Un paiement effectué en 2018 pour un hélicoptère présidentiel
La procédure devant la Cour civile et commerciale du Qatar Financial Centre trouve son origine dans une opération remontant à janvier 2018.
Selon une demande déposée au nom du Cameroun le 21 janvier 2025, Yaoundé aurait conclu un contrat avec une filiale de HCW pour la réparation d’un hélicoptère destiné au président de la République.
Un paiement de 660 000 dollars aurait alors été effectué pour solder le montant restant et permettre l’achèvement des prestations.
Mais, selon les éléments présentés à la justice, les fonds auraient été transférés à HCW elle-même, plutôt qu'à la filiale qui aurait été la cocontractante du Cameroun.
Le problème est survenu quelques semaines plus tard. Les comptes de HCW ont été gelés dans le cadre d'une enquête réglementaire, laissant la somme présumée immobilisée avec les autres avoirs de la société.
La décision rendue le 24 février 2025 rapporte ces éléments sans trancher leur véracité.
Elle ne permet donc pas d'établir, à elle seule, si les réparations ont effectivement été réalisées, dans quelles conditions le contrat avait été conclu ou si les 660 000 dollars se trouvent encore parmi les fonds récupérés dans la liquidation.
Plusieurs zones d’ombre autour de l’opération
Le dossier judiciaire laisse également plusieurs questions sans réponse.
La filiale de HCW concernée par le contrat n’est pas identifiée dans la décision. Le mécanisme ayant conduit au versement des fonds à la maison mère n’est pas davantage détaillé.
Les documents publics ne précisent pas non plus le compte bancaire bénéficiaire, le modèle ou l’immatriculation de l’hélicoptère, le montant global du marché ou encore l'autorité camerounaise ayant engagé la dépense.
Le sort exact des prestations de maintenance reste lui aussi indéterminé.
Ces lacunes sont importantes : elles empêchent notamment de conclure, sur la seule base de la décision du 24 février 2025, que les 660 000 dollars constituent effectivement une partie identifiable des actifs aujourd’hui disponibles dans la liquidation de HCW.
Le Cameroun ne se présente pas comme un créancier ordinaire
L’autre particularité du dossier se situe sur le terrain juridique.
Yaoundé ne réclame pas simplement le remboursement d'une dette. Le Cameroun affirme disposer d'un droit de propriété sur les fonds.
Cette qualification est déterminante.
Dans une procédure de liquidation, un créancier ordinaire doit normalement prendre place dans l'ordre de priorité applicable aux créances. En revanche, si une somme est reconnue comme appartenant juridiquement à un tiers et comme étant détenue pour son compte, elle peut, sous certaines conditions, être exclue du patrimoine de la société liquidée.
Le Cameroun cherche donc à faire reconnaître que les 660 000 dollars ne sont pas un actif de HCW, mais des fonds appartenant à l'État.
Encore faut-il démontrer l'origine de la somme, son appartenance et son lien suffisamment identifiable avec les avoirs encore disponibles.
C'est précisément sur ce terrain que la procédure peut devenir complexe lorsque différents fonds ont été mélangés.
La procuration de l’avocat camerounais pose problème
Avant même d'examiner le fond de cette revendication, la justice qatarie a soulevé une question de procédure.
L’avocat genevois Jean Orso, du cabinet Orso Avocats, était présenté comme le conseil du Cameroun.
Une procuration datée du 17 janvier 2025 avait été produite quatre jours avant le dépôt de la demande de restitution.
Mais cette procuration avait été signée par un autre avocat genevois qui disposait lui-même d'un mandat remontant à septembre 2018 pour représenter le Cameroun dans un contentieux impliquant une filiale de HCW.
Les documents publics ne permettent toutefois pas d'identifier l'autorité camerounaise ayant délivré ce mandat initial ni de déterminer avec certitude si celui-ci autorisait sa délégation.
La Cour a donc demandé une « proper authorisation », autrement dit une habilitation appropriée permettant d'établir que Jean Orso avait bien le pouvoir d'engager le Cameroun dans cette procédure.
Une précision essentielle s'impose : la décision du 24 février 2025 ne constitue pas un rejet au fond de la revendication camerounaise.
La Cour s'est arrêtée à la question préalable du pouvoir de représentation.
Un précédent mandat de Jean Orso auprès de HCW
Le dossier prend une tournure plus délicate encore en raison du rôle antérieur de Jean Orso.
En décembre 2023, le cabinet Orso Avocats avait indiqué à la Cour qu'il reprenait la défense de HCW.
Jean Orso a ensuite représenté la société devant la division d'appel, laquelle a refusé, dans une décision du 15 avril 2024, de l'autoriser à contester sa liquidation.
En juillet 2024, il apparaît encore dans une décision comme conseil des dirigeants de HCW lors d'une tentative visant à remplacer le liquidateur.
Puis, le 17 janvier 2025, une procuration était établie afin qu'il puisse cette fois défendre la revendication du Cameroun sur une partie des fonds détenus dans la liquidation.
Cette succession de mandats soulève naturellement une question : un avocat ayant auparavant défendu HCW pouvait-il ensuite représenter le Cameroun dans une revendication portant sur des fonds de cette même liquidation ?
La question peut renvoyer aux règles relatives aux conflits d'intérêts.
Toutefois, les éléments publics disponibles ne permettent pas de conclure que Jean Orso a effectivement commis un manquement. En droit suisse, l'existence d'un conflit ne découle pas automatiquement du simple fait que deux clients successifs se trouvent dans des positions opposées. Il faut notamment apprécier la relation entre les mandats et le risque concret lié aux informations confidentielles obtenues précédemment.
Les décisions qataries disponibles ne fournissent pas suffisamment d'éléments pour établir que les conditions d'un conflit sont réunies dans ce dossier.
HCW au cœur d'une importante affaire financière au Qatar
La société Horizon Crescent Wealth LLC avait été créée au Qatar Financial Centre en février 2015.
Elle était autorisée à administrer des trusts, mais ne disposait pas, selon les éléments de la procédure, de l'autorisation nécessaire pour exercer certaines activités financières réglementées, notamment la gestion d'actifs.
Entre mai et août 2017, environ 12,5 millions d'euros, soit près de 8,2 milliards de FCFA, avaient été versés sur des comptes ouverts au nom de HCW auprès de Qatar National Bank.
Ces comptes ont été gelés en février 2018 après l'ouverture d'une enquête réglementaire, dans un contexte marqué notamment par des soupçons de blanchiment.
C'est dans cet environnement que le paiement camerounais de 660 000 dollars aurait été immobilisé.
Mais là encore, prudence : le fait que les fonds aient été gelés dans les comptes de HCW ne démontre pas que le paiement camerounais était lié à une quelconque opération illicite.
Des sanctions financières lourdes contre HCW
L'enquête menée par la Qatar Financial Centre Regulatory Authority (QFCRA) a ensuite mis en évidence d'importantes défaillances dans les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux de HCW.
En 2019, le régulateur lui a infligé 30 millions de riyals qataris de sanctions, notamment pour des manquements aux règles antiblanchiment, l'exercice apparent d'activités de gestion d'actifs sans autorisation ainsi que la transmission d'informations fausses ou trompeuses.
Une autre autorité, la Qatar Financial Centre Authority (QFCA), lui a parallèlement infligé une pénalité de 280 000 dollars.
HCW a finalement été placée en liquidation en décembre 2023, la justice retenant notamment son insolvabilité et la nécessité d'identifier les véritables propriétaires des fonds encore disponibles.
En février 2024, quatre créances déclarées totalisaient 51,88 millions de riyals, dont plus de 48 millions réclamés par les autorités qataries.
Des fonds devenus rares face aux créanciers
La situation financière de la liquidation permet de comprendre l'importance de la bataille juridique.
En février 2026, la division d'appel a autorisé la liquidatrice à procéder au paiement de trois bénéficiaires dont les droits sur certains fonds placés en trust avaient été reconnus.
La liquidatrice détenait alors environ 38,06 millions de riyals, avec un actif net estimé à 34,67 millions de riyals.
Après la prise en compte des trois revendications reconnues, environ 30,28 millions de riyals demeuraient disponibles face à près de 49 millions de riyals de créances prioritaires.
La Cour estimait dès lors qu'aucune somme ne devrait revenir aux autres créanciers sans de nouveaux recouvrements.
Pour le Cameroun, l'enjeu est donc considérable.
Si les 660 000 dollars étaient reconnus comme étant la propriété de l'État camerounais et non comme un actif de HCW, leur traitement pourrait échapper à l'ordre ordinaire de paiement des créanciers.
Une bataille judiciaire encore incomplète
Sept ans après le paiement allégué, le dossier camerounais reste donc entouré de plusieurs inconnues.
Les décisions publiques disponibles ne permettent pas de savoir si une nouvelle habilitation a finalement été produite au nom de Jean Orso, si la revendication du Cameroun a ensuite été examinée sur le fond ou si les 660 000 dollars ont finalement été récupérés par Yaoundé.
Une chose est toutefois claire : l'affaire ne porte pas simplement sur le recouvrement d'une créance de quelque 355 millions de FCFA.
Elle pose une question plus fondamentale : à qui appartiennent juridiquement les fonds et peuvent-ils être identifiés au sein des avoirs de la société qatarie liquidée ?
Pour le Cameroun, la réponse pourrait déterminer si cette somme peut être récupérée directement ou si elle doit affronter la longue file des créanciers de HCW.
À ce stade, les documents judiciaires publics disponibles ne permettent pas d'aller plus loin. Le dossier reste donc une affaire de revendication de propriété en cours, et non la preuve que l'État camerounais a définitivement perdu ou récupéré ces fonds.
Cameroon’s $660,000 helicopter payment caught up in Qatar liquidation case
A $660,000 payment allegedly made by Cameroon in 2018 to complete repairs on a helicopter intended for the head of state has become the subject of a legal claim in Qatar. Seven years after the alleged payment, Yaoundé sought to recover the money from the liquidation of a Qatari company that had been sanctioned for financial and anti-money-laundering shortcomings. The court, however, first required clearer proof that Geneva lawyer Jean Orso was properly authorised to represent Cameroon.
The case brings together public funds, the maintenance of a presidential aircraft, the liquidation of a Qatari financial-services company, regulatory sanctions and questions surrounding the lawyer’s previous representation of the company now in liquidation.
At the centre of the dispute are $660,000, approximately CFAF 355 million, which Cameroon claims as its property in the liquidation of Horizon Crescent Wealth LLC (HCW).
A payment allegedly made for a presidential helicopter
The proceedings before the Civil and Commercial Court of the Qatar Financial Centre stem from an operation dating back to January 2018.
According to a claim filed on behalf of Cameroon on January 21, 2025, Yaoundé had entered into a contract with an HCW subsidiary for repairs to a helicopter intended for the President of the Republic.
A payment of $660,000 was allegedly made to settle the outstanding balance and allow the work to be completed.
According to the claim, however, the money was transferred to HCW itself, rather than to the subsidiary that had allegedly contracted with Cameroon.
The funds were subsequently frozen when HCW's accounts were blocked during a regulatory investigation.
The court's February 24, 2025 decision reports these allegations without ruling on their merits.
The decision therefore does not establish whether the repairs were actually completed, the precise terms of the contract, or whether the $660,000 can still be identified among the assets recovered in HCW's liquidation.
Questions remain over the payment trail
Several aspects of the transaction remain unclear from the publicly available documents.
The HCW subsidiary involved in the alleged contract is not identified in the ruling. Nor does the decision explain why a payment allegedly owed to the subsidiary was transferred to its parent company.
The documents do not identify the beneficiary bank account, the helicopter's model or registration number, the total value of the contract, or the Cameroonian authority that authorised the expenditure.
The final status of the repair work is also unclear.
These gaps are significant because they make it impossible, based solely on the February 2025 ruling, to establish that the $660,000 forms an identifiable part of the assets currently available in the liquidation.
Cameroon claims ownership rather than an ordinary debt
The legal nature of the claim is another important aspect of the case.
Cameroon is not simply presenting itself as an ordinary creditor seeking repayment of a debt. It claims ownership of the funds.
That distinction matters in insolvency proceedings.
An ordinary creditor generally has to compete according to the applicable order of priority. By contrast, if money is legally recognised as belonging to a third party and being held for that party, it may, subject to the applicable legal requirements, fall outside the liquidated company's own assets.
Cameroon is therefore seeking recognition that the $660,000 belongs to the state rather than to HCW.
The state must nevertheless establish the origin and ownership of the funds and demonstrate a sufficient connection between the claimed money and the assets still available.
That can become particularly difficult where funds have been mixed with other assets.
The power of attorney became an obstacle
Before reaching those substantive questions, the Qatari court focused on a procedural issue.
Geneva lawyer Jean Orso, of Orso Avocats, was presented as counsel for Cameroon.
A power of attorney dated January 17, 2025 was submitted four days before the claim was filed.
That document had been signed by another Geneva lawyer who himself held a mandate dating from September 2018 to represent Cameroon in litigation involving an HCW subsidiary.
The publicly available documents do not establish which Cameroonian authority issued that original mandate or whether it authorised the subsequent delegation.
The court therefore required “proper authorisation” establishing that Jean Orso had the authority to act for Cameroon.
Importantly, the February 24, 2025 decision was not a ruling rejecting Cameroon’s claim on its merits.
The court stopped at the preliminary question of legal representation.
Jean Orso had previously represented HCW
The case is particularly unusual because Jean Orso had previously represented HCW.
In December 2023, Orso Avocats informed the court that it was taking over HCW's defence.
Jean Orso subsequently represented the company before the appellate division, which, in a decision dated April 15, 2024, refused to allow him to challenge its liquidation.
In July 2024, he also appeared in a decision as counsel for HCW's directors during an attempt to replace the liquidator.
Then, on January 17, 2025, a power of attorney was issued allowing him to represent Cameroon in its claim over part of the funds held in the liquidation.
This sequence naturally raises the issue of a possible conflict of interest.
However, the publicly available material does not establish that Jean Orso actually breached professional rules. Under Swiss law, a conflict does not automatically arise merely because a lawyer has represented successive clients with opposing interests. The relationship between the mandates and the concrete risk involving confidential information must also be assessed.
The Qatari decisions available publicly do not provide enough information to conclude that such a conflict existed in this particular case.
HCW and a major regulatory case in Qatar
Horizon Crescent Wealth LLC was incorporated in the Qatar Financial Centre in February 2015.
It was authorised to administer trusts, but, according to the case materials, was not authorised to conduct certain regulated financial activities such as asset management.
Between May and August 2017, approximately €12.5 million, or about CFAF 8.2 billion, was deposited into accounts held in HCW's name at Qatar National Bank.
Those accounts were frozen in February 2018 following a regulatory investigation amid, among other issues, money-laundering concerns.
It was against this background that the alleged $660,000 payment from Cameroon became frozen.
But the regulatory history does not establish that the Cameroonian payment itself was connected to any unlawful transaction.
Heavy sanctions imposed on HCW
The investigation conducted by the Qatar Financial Centre Regulatory Authority (QFCRA) identified serious shortcomings in HCW's anti-money-laundering controls.
In 2019, the regulator imposed QAR 30 million in sanctions, citing, among other matters, failures to comply with anti-money-laundering requirements, apparent unauthorised asset-management activities and the provision of false or misleading information.
The Qatar Financial Centre Authority (QFCA) separately imposed a $280,000 penalty.
HCW was eventually placed into liquidation in December 2023, with the court finding insolvency and the need to identify the true owners of the remaining funds.
By February 2024, four filed claims totalled QAR 51.88 million, including more than QAR 48 million claimed by Qatari authorities.
Limited funds and competing claims
The financial position of the liquidation explains why the ownership dispute matters.
In February 2026, the appellate division authorised the liquidator to pay three beneficiaries whose rights to certain trust assets had been recognised.
At that stage, the liquidator held approximately QAR 38.06 million, while net available assets were estimated at QAR 34.67 million.
After taking into account the three recognised claims, around QAR 30.28 million remained against nearly QAR 49 million in priority claims.
The court therefore considered that no funds would be available to other creditors without additional recoveries.
For Cameroon, the stakes are consequently significant.
If the $660,000 were recognised as state-owned funds rather than an asset belonging to HCW, the money could potentially fall outside the ordinary creditor distribution process.
A case that remains unresolved
Seven years after the alleged payment, several key questions surrounding Cameroon's claim remain unanswered.
The publicly available decisions do not establish whether a new authorisation was eventually submitted for Jean Orso, whether Cameroon's claim was later examined on its merits, or whether the $660,000 was ultimately recovered by Yaoundé.
What is clear is that this is not simply a dispute over the recovery of approximately CFAF 355 million.
The central legal issue is more fundamental: who legally owns the money, and can it be identified within the assets held in HCW's liquidation?
For Cameroon, the answer could determine whether the funds can be recovered directly or whether they must compete with HCW's other creditors.
For now, the publicly available court records do not allow a definitive conclusion. The matter should therefore be treated as an unresolved ownership claim, rather than evidence that Cameroon has either definitively lost or recovered the money.
Cameroun, 660 000 dollars Cameroun, hélicoptère présidentiel Cameroun, hélicoptère de Paul Biya, argent public Cameroun, Qatar Cameroun, Qatar Financial Centre, Horizon Crescent Wealth, HCW Qatar, Jean Orso, Orso Avocats Genève, liquidation HCW, justice qatarie, Cour civile et commerciale Qatar, fonds camerounais Qatar, 355 millions FCFA, réparation hélicoptère présidentiel, Paul Biya hélicoptère, conflit d’intérêts avocat, blanchiment Qatar, QFCRA, QFCA, sanctions financières Qatar, trust Qatar, créance Cameroun, économie Cameroun, sécurité présidentielle Cameroun, fonds publics camerounais
Didier Cebas K.
Le calendrier complet de la Can Féminine 2026
Suivez certains matchs en direct grâce à nos partenaires