Donald Trump a lâché le morceau jeudi soir. Devant les militants républicains réunis en convention nationale à la veille des élections de mi-mandat, le président américain a reconnu ce que beaucoup murmuraient déjà : l’opération militaire contre l’Iran « dure plus longtemps » qu’il ne l’avait imaginé.
« Nous avons créé les forces armées les plus puissantes du monde. Nous avons dû mobiliser nos militaires plus longtemps que je ne le pensais, mais nous ne pouvons pas permettre à l’Iran de posséder des armes nucléaires », a-t-il martelé. Et d’ajouter, sans trembler : « Nous contrôlons le détroit, je l’appelle le détroit Trump. »
Un ton de conquérant. Mais derrière la fanfaronnade, la réalité du terrain est plus complexe. À Fox News, Trump a accusé Téhéran de prolonger volontairement le conflit dans l’espoir d’un retour des démocrates au pouvoir. « Ils déploient tous leurs efforts afin de se débarrasser de moi, car ils estiment que les démocrates leur permettront de posséder des armes nucléaires. Ils n’auront pas d’armes nucléaires », a-t-il asséné. Il a de nouveau vanté sa décision de quitter l’accord nucléaire d’Obama, le PAGC, qualifié de « pire accord » de l’histoire.
Du côté diplomatique, le Pakistan, qui tente de jouer les intermédiaires, reste prudent. Le représentant permanent d’Islamabad à l’ONU, Asim Iftikhar Ahmad, a confié au journal émirati The National qu’il y a « une certaine réticence » des deux camps à appliquer le mémorandum d’entente. « Il subsiste une méfiance… mais nous n’abandonnons pas », a-t-il indiqué, tout en maintenant des canaux ouverts à haut niveau.
Trump a par ailleurs balayé d’un revers de main l’idée d’une guerre qui s’éterniserait jusqu’en 2029. « Non, il n’y a aucune probabilité que cela se produise », a-t-il répondu avant de quitter Dallas. Il estime même que le conflit pourrait s’arrêter « immédiatement après les élections de novembre, voire avant ». Les midterms du 3 novembre s’annoncent donc comme un possible tournant.
Sur le terrain économique et maritime, la pression monte. Le Qatar, l’un des géants du GNL, envisage désormais des contrats d’achat à long terme auprès de fournisseurs américains. Bloomberg révèle que QatarEnergy cherche des sources alternatives après le quasi-arrêt des livraisons via le détroit d’Ormuz. Le Centcom a annoncé qu’au 10 septembre, 96 navires commerciaux avaient déjà été redirigés dans le cadre du blocus américain. Plus de 50 bateaux humanitaires ont toutefois été autorisés à passer.
Jeudi, seuls sept navires ont traversé le détroit (contre onze la veille), selon Kpler cité par Reuters. Avant le 28 février, on en comptait environ 125 par jour. Les analystes de Bank of America prévoient un pétrole entre 95 et 120 dollars le baril au second semestre si le blocus se maintient. En cas d’escalade majeure sur les infrastructures, le baril pourrait même flirter avec les 150 dollars. Leur scénario de base reste toutefois à 83 dollars, misant sur une reprise progressive du transit.
Washington a aussi resserré l’étau : 14 personnes physiques et 5 sociétés (Irak, Émirats, Syrie, Liban) ont été ajoutées à la liste des sanctions. Quant aux frappes iraniennes sur des bases en Jordanie, Trump a balayé les rapports de CBS : « Aucun dégât, rien. »
Malgré six mois de guerre, le FMI se veut relativement rassurant. « L’économie mondiale absorbe les chocs, notamment énergétiques, mieux que nous ne le craignions », a déclaré Julie Kozack. La croissance mondiale est toujours attendue autour de 3 %, même si l’incertitude reste élevée.
L’OTAN, de son côté, observe sans s’engager directement. Mark Rutte a précisé à Berlin que le déminage du détroit « ne relève pas du territoire de l’Alliance », même si certains alliés aident discrètement en coordination avec les États-Unis.
Entre les déclarations musclées de Trump, le blocus qui asphyxie le commerce mondial et l’espoir diplomatique encore fragile, le Moyen-Orient reste sur le fil du rasoir. Et le « détroit Trump » n’a pas fini de faire parler de lui.
Trump admits: “The operation against Iran is lasting longer than expected”… and he renames the Strait of Hormuz the “Trump Strait”
Donald Trump dropped the bombshell on Thursday evening. Speaking at the Republican National Convention on the eve of the midterm elections, the U.S. president acknowledged what many had already been whispering: the military operation against Iran is “lasting longer” than he had anticipated.
“We have built the most powerful military in the world. We have had to keep our forces mobilized longer than I thought, but we cannot allow Iran to have nuclear weapons,” he declared. He added forcefully: “We control the strait — I call it the Trump Strait.”
Behind the tough talk, the reality on the ground remains complex. In an interview with Fox News, Trump accused Tehran of deliberately prolonging the conflict in the hope that Democrats would return to power. “They are doing everything they can to get rid of me because they believe the Democrats will let them have nuclear weapons. They will not have nuclear weapons,” he insisted. He once again praised his decision to withdraw from Obama’s nuclear deal, the JCPOA, calling it “the worst deal” he had ever seen.
On the diplomatic front, Pakistan continues to mediate cautiously. Islamabad’s permanent representative to the UN, Asim Iftikhar Ahmad, told the Emirati newspaper The National that both sides show “a certain reluctance” to implement the memorandum of understanding. “There is still mutual distrust… but we are not giving up,” he said, while maintaining high-level communication channels.
Trump also dismissed the idea that the war could drag on until the end of his term in 2029. “No, there is no probability of that happening,” he told reporters before leaving Dallas. He even suggested the conflict could end “immediately after the November elections, or even before.” The midterms on November 3 are shaping up as a potential turning point.
Economically and at sea, pressure is mounting. Qatar, a major LNG player, is exploring long-term purchase agreements with American suppliers. Bloomberg reports that QatarEnergy is seeking alternative sources after deliveries through the Strait of Hormuz nearly ground to a halt. Centcom announced that as of September 10, U.S. forces had redirected 96 commercial vessels under the Iranian blockade. More than 50 humanitarian ships were allowed to pass.
On Thursday, only seven vessels crossed the strait (down from eleven the previous day), according to Kpler data cited by Reuters. Before February 28, roughly 125 large commercial ships passed through daily. Bank of America analysts expect oil prices to stay between $95 and $120 a barrel in the second half of the year if the blockade continues. In a major escalation scenario damaging key energy infrastructure, prices could hit $150. Their base case, however, remains $83, assuming a gradual recovery of traffic.
Washington has also tightened sanctions, adding 14 individuals and five companies (from Iraq, the UAE, Syria and Lebanon) to its blacklist. Regarding Iranian strikes on bases in Jordan, Trump dismissed CBS reports: “No damage, nothing.”
Despite six months of war, the IMF remains relatively upbeat. “The global economy is absorbing the shocks, particularly in energy, better than we had feared,” said spokesperson Julie Kozack. Global GDP growth is still projected around 3%, though uncertainty remains high.
NATO is watching closely but staying out of direct operations. Secretary General Mark Rutte said in Berlin that demining the strait “is not NATO territory,” even as some allies provide discreet support in coordination with the United States.
Between Trump’s muscular rhetoric, a blockade choking global trade, and still-fragile diplomatic hopes, the Middle East remains on a knife-edge. And the “Trump Strait” is far from finished making headlines.
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Moussa Nassourou
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