Niger : un officier accuse le Tchad, la France et le Bénin d’avoir été liés à la tentative de coup d’État
Une nouvelle accusation vient secouer la crise politique et sécuritaire au Sahel. Selon le capitaine nigérien Roger Gabriel, des représentants du Tchad, de la France et du Bénin auraient pu être informés, voire impliqués, dans la tentative de mutinerie survenue à Niamey. Des allégations que les éléments disponibles ne permettent toutefois pas de confirmer indépendamment.
La tentative de coup de force qui a secoué Niamey dans la nuit du 29 août continue de livrer ses zones d’ombre. Alors que les autorités nigériennes affirment avoir repris le contrôle de la situation, un officier de l’armée nigérienne avance de lourdes accusations mettant en cause plusieurs acteurs étrangers.
Invité sur la chaîne publique RTN, le capitaine Roger Gabriel a affirmé que des représentants du Tchad, de la France et du Bénin auraient pu avoir connaissance des préparatifs de la mutinerie ou avoir été associés à des initiatives destinées à soutenir les militaires impliqués.
Un appel venu du Tchad au cœur des accusations
Selon le récit livré par l'officier nigérien, un camarade tchadien l'aurait contacté pendant la mutinerie pour lui signaler l'existence de préparatifs en faveur des militaires qui avaient pris le contrôle de la base aérienne 101.
Roger Gabriel affirme avoir reçu deux appels.
« J'ai reçu un appel d'un camarade tchadien [...] Il m'a ensuite rappelé une deuxième fois pour m'expliquer qu'une intervention serait en cours à partir de leur pays, pilotée par leurs autorités et les forces spéciales françaises pour venir en soutien à ceux qui ont pris la base 101 », a-t-il déclaré.
Cette déclaration, particulièrement sensible dans le contexte géopolitique actuel du Sahel, constitue toutefois un témoignage rapporté par un officier nigérien et non une preuve indépendante de l'existence d'une opération franco-tchadienne.
L'entourage de Mohamed Bazoum également cité
Le capitaine Roger Gabriel affirme par ailleurs avoir été approché par des personnes appartenant à l'entourage de l'ancien président nigérien Mohamed Bazoum.
D'après son témoignage, ces interlocuteurs lui auraient indiqué que les autorités béninoises auraient été informées de la situation et auraient été disposées à apporter leur soutien aux militaires impliqués dans la mutinerie.
Là encore, aucune confirmation indépendante de ces accusations n'est fournie à ce stade.
Cette prudence est d'autant plus importante que les relations entre le Niger et plusieurs pays de la région ont été profondément bouleversées depuis le changement de régime à Niamey et la recomposition des alliances sécuritaires au Sahel.
La base aérienne 101, point névralgique de la mutinerie
Dans la nuit du 29 août, un groupe de militaires a pris le contrôle de la base aérienne 101, site stratégique de la capitale nigérienne.
Des tirs auraient ensuite visé plusieurs points stratégiques de Niamey, faisant craindre une déstabilisation plus large du pouvoir en place.
Les forces gouvernementales sont finalement parvenues à reprendre le contrôle de la situation. Elles auraient notamment bénéficié de l'appui du Corps africain du ministère russe de la Défense, selon les informations rapportées.
Cet épisode intervient dans un Niger où les questions de souveraineté militaire et de partenariats internationaux sont devenues centrales depuis le changement de pouvoir à Niamey.
Le Niger face à une nouvelle bataille d'influence
Au-delà de la mutinerie elle-même, les accusations de Roger Gabriel mettent en lumière la profondeur des tensions géopolitiques qui traversent désormais l'espace sahélien.
Le Niger, membre de l'Alliance des États du Sahel (AES) avec le Mali et le Burkina Faso, a progressivement réorienté ses partenariats militaires et diplomatiques, notamment en réduisant sa coopération avec plusieurs partenaires occidentaux et en renforçant ses relations avec la Russie.
Dans ce contexte, toute tentative présumée d'intervention extérieure prend une dimension particulièrement sensible.
Mais à ce stade, les accusations visant le Tchad, la France et le Bénin doivent être considérées comme des allégations. Leur véracité nécessite des éléments supplémentaires et, idéalement, des confirmations provenant de sources indépendantes.
Une affaire qui pourrait encore faire des vagues
La mutinerie du 29 août n'a donc pas seulement ouvert une nouvelle séquence sécuritaire au Niger. Elle pourrait également alimenter les tensions diplomatiques dans une région déjà marquée par de profondes recompositions.
Si les accusations formulées par l'officier nigérien venaient à être étayées par des preuves indépendantes, elles pourraient provoquer de nouvelles tensions entre Niamey et plusieurs capitales de la région.
Pour l'heure, une certitude demeure : la bataille autour du contrôle du Niger se joue désormais autant sur le terrain militaire que sur celui de l'influence et de l'information.
Niger: Army Officer Accuses Chad, France and Benin of Links to Coup Attempt
A new accusation has shaken Niger's already tense political and security environment. According to Nigerien army captain Roger Gabriel, representatives of Chad, France and Benin may have been aware of, or potentially involved in, the mutiny that erupted in Niamey. The allegations have not been independently confirmed.
The attempted coup that shook Niamey on the night of August 29 continues to raise questions. While Nigerien authorities say government forces brought the situation under control, an army officer has made serious allegations involving several foreign actors.
Speaking on public broadcaster RTN, Captain Roger Gabriel claimed that representatives from Chad, France and Benin may have been aware of preparations for the mutiny or involved in efforts to support the soldiers who took control of Air Base 101.
A call from Chad at the center of the allegations
According to Gabriel, a Chadian colleague contacted him during the mutiny and allegedly told him that preparations were underway to support the soldiers who had seized the strategic air base.
The officer said he received two calls.
“I received a call from a Chadian colleague [...] He called me a second time to explain that an intervention would be underway from their country, led by their authorities and French special forces, to support those who had taken Air Base 101,” he said.
The claim is highly sensitive given the current geopolitical situation in the Sahel. However, it remains an allegation based on the officer's account and has not been independently verified.
Mohamed Bazoum's circle also mentioned
Captain Gabriel also said that individuals close to Niger's ousted president Mohamed Bazoum contacted him.
According to his account, they allegedly told him that Beninese authorities were aware of the situation and were prepared to support the mutineers.
These claims have likewise not been independently confirmed.
The allegations come against the backdrop of major political and diplomatic tensions in the region following Niger's change of government and the broader reshaping of security alliances across the Sahel.
Air Base 101 at the center of the mutiny
On the night of August 29, a group of soldiers reportedly took control of Air Base 101, a strategic military facility in Niger's capital.
Gunfire was subsequently reported at several strategic locations in Niamey, raising fears that the unrest could spread.
Government forces eventually regained control of the situation. They reportedly received support from the African Corps of Russia's Ministry of Defense, according to the information provided.
The episode comes as Niger continues to reshape its military and diplomatic partnerships following its withdrawal from traditional Western security arrangements.
Niger caught in a wider battle for influence
Beyond the mutiny itself, Gabriel's accusations highlight the increasingly intense geopolitical competition surrounding Niger.
Niger is a member of the Alliance of Sahel States (AES) alongside Mali and Burkina Faso. The three countries have strengthened their security and political coordination while deepening their relationship with Russia.
Against this backdrop, any alleged foreign intervention carries significant diplomatic implications.
For now, however, the accusations against Chad, France and Benin should be treated as allegations rather than established facts. Further evidence and independent confirmation would be required to establish their accuracy.
A case that could deepen regional tensions
The August 29 mutiny has therefore opened more than a new security chapter in Niger. It could also intensify diplomatic tensions between Niamey and several regional and international actors.
If the allegations made by the Nigerien officer are eventually supported by independent evidence, they could trigger a fresh diplomatic crisis.
For now, one thing is clear: the struggle for influence in Niger is increasingly being fought not only on the military front, but also through diplomacy and information.
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Moussa Nassourou
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