Tanzanie : le vice-président Emmanuel Nchimbi démissionne, pendant qu’une enquête explosive s’ouvre sur les violences électorales

Tanzanie : le vice-président Emmanuel Nchimbi démissionne, pendant qu’une enquête explosive s’ouvre sur les violences électorales

Tanzanie : Emmanuel Nchimbi annonce sa démission le 4 septembre. Une commission enquête sur les violences de 2025, tandis que Dar es-Salaam prépare l’export de son surplus électrique.

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Tanzanie : démission du vice-président, enquête sur les violences électorales et offensive énergétique vers la Zambie


Tanzanie : Emmanuel Nchimbi annonce sa démission, tandis qu’une commission enquête sur les violences post-électorales. Le pays veut aussi exporter son surplus d’électricité vers la Zambie, le Kenya et la RDC.


Tanzanie : le pouvoir de Samia Suluhu Hassan face à un nouveau tournant politique et énergétique


La Tanzanie entre dans une nouvelle séquence politique. Le vice-président Emmanuel Nchimbi a annoncé son départ du gouvernement à compter du 4 septembre 2026, mettant fin à une carrière politique au plus haut niveau. Dans le même temps, le pays tente de faire la lumière sur les violences qui ont marqué les élections générales de 2025 et affiche de nouvelles ambitions sur le marché régional de l’électricité.


Ces trois dossiers — démission au sommet de l’État, enquête sur les violences électorales et exportation d’électricité — dessinent un paysage tanzanien en pleine recomposition.


Emmanuel Nchimbi quitte la vice-présidence


Emmanuel Nchimbi a officiellement annoncé sa démission de ses fonctions de vice-président, dans une lettre adressée à la présidente Samia Suluhu Hassan.


Selon un communiqué consulté par l’agence TASS, le responsable tanzanien quittera son poste le 4 septembre et mettra également un terme à sa carrière politique.


Nchimbi a rappelé qu’en août 2025, alors qu’il était candidat à la vice-présidence, il avait pris l’engagement de se retirer si la présidente estimait qu’un changement était nécessaire.



« Il m'est apparu évident que la présidente veut du changement, c’est pourquoi j'ai décidé de tenir ma promesse », a-t-il expliqué.



Cette décision intervient moins d’un an après son arrivée à la vice-présidence. Emmanuel Nchimbi occupe cette fonction depuis le 3 novembre 2025, après avoir auparavant exercé comme secrétaire général du Chama Cha Mapinduzi (CCM), le parti au pouvoir.


Un nouveau vice-président devra être désigné sous 14 jours


Le départ de Nchimbi ouvre désormais une procédure institutionnelle encadrée par la Constitution tanzanienne.


La présidente Samia Suluhu Hassan devra nommer son successeur dans un délai maximal de 14 jours après la démission. Le candidat choisi devra ensuite obtenir l’approbation de la majorité des députés du Parlement.


La transition à la vice-présidence intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, marqué par les conséquences des élections générales du 29 octobre 2025.


Le dossier explosif des violences électorales revient sur le devant de la scène


Une commission spéciale a commencé à recueillir des témoignages et des éléments de preuve sur les violences et les violations de la loi qui auraient été commises pendant et après les élections de 2025, rapporte The Citizen.


Les travaux ont commencé à Dar es-Salaam, avant de s’étendre à d’autres villes du pays. La commission dispose de 150 jours pour mener ses investigations et présenter ses conclusions.


Son mandat est particulièrement large. Elle doit notamment déterminer :




  • qui aurait planifié, financé et coordonné les violences ;




  • qui aurait directement participé aux actes incriminés ;




  • les circonstances entourant la mort d’enfants et de personnes vulnérables ;




  • les informations faisant état de tirs à l’arme à feu en dehors des zones de troubles ;




  • les cas de personnes portées disparues ;




  • et l’éventuel recours excessif à la force par les forces de sécurité.




Le président de la commission, Shaban Ali Lila, ancien juge de la Cour d’appel de Tanzanie, assure que plusieurs méthodes seront utilisées pour établir les faits.



« Nous utiliserons différentes méthodes pour obtenir des informations précises et détaillées. Elles comprendront des témoignages directs et documentaires, ainsi que des visites sur les lieux », a-t-il déclaré.



Au moins 518 morts selon une précédente commission


Cette nouvelle enquête fait suite aux recommandations d’une première commission présidée par Mohamed Chande Othman, ancien président de la Cour suprême de Tanzanie.


Cette première instance avait conclu qu’au moins 518 personnes étaient mortes pendant et après les élections, tandis que des milliers d’autres avaient été blessées.


Elle n’avait toutefois pas identifié de responsables précis et avait recommandé l’ouverture d’investigations supplémentaires. Le rapport complet de cette commission n’a par ailleurs pas été rendu public.


La nouvelle commission comprend six membres, dont des magistrats venus de Namibie et d’Ouganda, selon les informations rapportées.


Des élections suivies de manifestations meurtrières


Le scrutin présidentiel et législatif s’était tenu le 29 octobre 2025. Des manifestations avaient éclaté le même jour dans plusieurs régions du pays et s’étaient poursuivies pendant plusieurs jours.


Des affrontements avaient opposé des manifestants aux forces de sécurité. Des véhicules, stations-service et commissariats avaient notamment été incendiés. La police avait utilisé des gaz lacrymogènes et des armes pour disperser les rassemblements.


Dans ce climat particulièrement tendu, Samia Suluhu Hassan avait été proclamée réélue avec près de 98 % des suffrages.


La reprise des investigations pourrait donc constituer une étape importante pour établir les responsabilités et documenter précisément les événements ayant suivi le scrutin.


Le journal MwanaHALISI suspendu après un article sur Nchimbi


Autre élément qui illustre la tension autour du dossier : le 19 août, les autorités tanzaniennes ont suspendu pour six mois la licence du journal MwanaHALISI.


Le média avait publié un article affirmant qu’Emmanuel Nchimbi avait refusé de démissionner.


Le Département des services d'information lui a reproché un manque d’équilibre, d’impartialité et de vérification des informations.


Quelques jours plus tard, l’annonce officielle de la démission du vice-président vient donner une nouvelle dimension à cet épisode médiatique.


De la pénurie à l’exportation : la Tanzanie change de dimension énergétique


Pendant que le pays traverse cette phase politique délicate, un autre changement majeur se dessine sur le front économique.


La Tanzanie veut désormais exporter son surplus d’électricité vers ses voisins, notamment la Zambie, le Kenya et la République démocratique du Congo (RDC).


Selon The Citizen, le ministre de l’Énergie Deogratias Ndejembi a indiqué que les négociations avec la Zambie pour la vente de jusqu’à 1 000 MW étaient achevées. Des discussions sont toujours en cours avec le Kenya et la RDC.


L’intégration de la Tanzanie aux pools électriques d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe lui ouvre également la possibilité d’accéder à d’autres marchés régionaux.


Une réserve de plus de 2 300 MW


Les chiffres donnent une idée de l’ampleur du changement.


La capacité installée du parc électrique tanzanien atteint désormais 4 646 MW, pour une consommation de pointe estimée à 2 271 MW.


Cela représente une réserve installée d’environ 2 375 MW.


La pièce maîtresse de cette nouvelle capacité est la centrale hydroélectrique Julius Nyerere, d’une puissance de 2 115 MW, officiellement mise en service le 22 août.


Avec cet ouvrage, la Tanzanie entend passer d’une logique de lutte contre les pénuries à une stratégie de conquête de marchés électriques régionaux.


Le défi désormais : transporter cette électricité


Pour Dar es-Salaam, produire davantage ne suffit cependant pas. Il faut encore pouvoir acheminer cette énergie vers les zones de consommation et vers les futurs clients étrangers.



« Nous savons que l'augmentation des capacités de production ne suffit pas. Nous avons également besoin d'un réseau capable d'acheminer et de distribuer toute cette électricité vers les différentes régions du pays », a expliqué Deogratias Ndejembi.



Les autorités prévoient donc d’accélérer les investissements dans les lignes à haute tension et les infrastructures de distribution.


La construction de la ligne 400 kV Chalinze-Dodoma vient notamment d’être achevée. D’autres projets de lignes électriques sont annoncés dans les régions du centre et du nord-ouest.


Une Tanzanie à la croisée des chemins


La démission annoncée d’Emmanuel Nchimbi ne constitue pas seulement un changement de personne au sommet de l’État. Elle intervient au moment où le gouvernement de Samia Suluhu Hassan doit gérer les conséquences politiques et judiciaires des violences post-électorales de 2025.


Parallèlement, le pays dispose désormais d’un levier économique considérable avec l’augmentation de sa capacité de production électrique.


À Dar es-Salaam, le défi est donc double : restaurer la confiance politique tout en transformant le surplus énergétique en puissance économique régionale.




Tanzania at a Turning Point: Vice-President Resigns as Election Violence Probe Begins and Power Exports Gather Pace


Tanzania is entering a new political and economic phase. Vice-President Emmanuel Nchimbi has announced that he will step down on September 4, 2026, ending his political career.


His resignation comes as a special commission investigates violence and alleged violations committed during and after the country’s 2025 general elections. At the same time, Tanzania is seeking to turn its growing electricity surplus into a regional economic asset by exporting power to neighbouring countries.


Emmanuel Nchimbi announces his resignation


Emmanuel Nchimbi announced his resignation in a letter addressed to President Samia Suluhu Hassan.


According to a statement seen by TASS, he will leave office on September 4 and bring his political career to an end.


Nchimbi recalled that in August 2025, when he was running for the vice-presidency, he had promised to resign if the president considered a change necessary.



“It became clear to me that the president wants change, which is why I decided to keep my promise,” he said.



Nchimbi has served as vice-president since November 3, 2025. Before taking the position, he was secretary-general of the ruling Chama Cha Mapinduzi (CCM) party.


Tanzania must appoint a new vice-president


Under Tanzania’s Constitution, the president must appoint a new vice-president within 14 days of the previous vice-president’s resignation.


The nominee must then be approved by a majority of members of Parliament.


The leadership change comes against the backdrop of the disputed aftermath of Tanzania’s October 29, 2025 general elections.


Special commission investigates election violence


A six-member commission has begun collecting evidence concerning violence and alleged legal violations during and after the 2025 elections, The Citizen reported.


The investigation began in Dar es Salaam and will later move to other parts of the country. The commission has 150 days to complete its work and prepare its report.


It will investigate who planned, financed, coordinated and carried out acts of violence. It will also examine reported deaths involving children and vulnerable groups, alleged gunfire outside areas of unrest, disappearances and possible excessive use of force by security forces.


Commission chairman Shaban Ali Lila, a former judge of Tanzania’s Court of Appeal, said investigators would use several methods to establish the facts.



“We will use different methods to obtain accurate and detailed information. These will include direct and documentary testimony, as well as site visits,” he said.



Previous inquiry recorded at least 518 deaths


The new investigation follows recommendations from an earlier commission chaired by former Tanzanian Chief Justice Mohamed Chande Othman.


That commission concluded that at least 518 people had died during and after the elections, while thousands more were injured.


However, it did not identify specific individuals responsible and recommended further investigations. The full report has not been made public.


The new commission includes six members, among them judges from Namibia and Uganda.


Protests erupted after the election


Demonstrations broke out across Tanzania on October 29, 2025, the day of the general election, and continued for several days.


Protesters clashed with police, while vehicles, petrol stations and police facilities were set on fire. Security forces used tear gas and firearms to disperse protesters.


President Samia Suluhu Hassan was declared the winner with nearly 98% of the vote.


The new investigation could therefore become a key step toward establishing what happened and determining responsibility for the violence.


MwanaHALISI newspaper suspended


The political sensitivity surrounding the issue was also highlighted on August 19, when Tanzanian authorities suspended the licence of MwanaHALISI newspaper for six months.


The newspaper had published a report claiming that Vice-President Nchimbi had refused to resign.


The Information Services Department accused the publication of lacking balance, impartiality and proper verification.


Nchimbi’s subsequent announcement that he would indeed leave office has added further significance to the episode.


Tanzania turns from power shortages to exports


Beyond politics, Tanzania is also undergoing a major transformation in the energy sector.


The country plans to export surplus electricity to neighbouring countries, including Zambia, Kenya and the Democratic Republic of Congo.


Energy Minister Deogratias Ndejembi, quoted by The Citizen, said negotiations to sell up to 1,000 MW to Zambia had been completed, while discussions with Kenya and the DRC were still underway.


Tanzania’s participation in the East African and Southern African power pools also gives it access to wider regional markets.


Installed capacity reaches 4,646 MW


Tanzania’s installed generation capacity has reached 4,646 MW, compared with peak demand of around 2,271 MW.


That leaves an installed capacity reserve of approximately 2,375 MW.


The Julius Nyerere Hydropower Plant, with a capacity of 2,115 MW, has been central to this transformation. The facility was officially commissioned on August 22.


Its completion is helping Tanzania move from a country struggling with electricity shortages to one looking for external markets for its surplus power.


Transmission infrastructure becomes the next challenge


Increasing generation capacity is only part of the equation.



“We know that increasing generation capacity alone is not enough. We also need a network capable of transmitting and distributing all this electricity to different parts of the country,” Minister Ndejembi said.



Authorities therefore plan to expand high-voltage transmission and distribution infrastructure.


The construction of the 400 kV Chalinze-Dodoma transmission line has recently been completed, while additional projects are being prepared in central and north-western Tanzania.


A country facing two major challenges


Tanzania is therefore facing two major challenges at once: rebuilding political confidence after the violence surrounding the 2025 elections and converting its growing electricity capacity into regional economic influence.


The resignation of Emmanuel Nchimbi opens a new chapter at the top of the Tanzanian state, while the election violence inquiry could determine how the country addresses one of the most sensitive episodes in its recent political history.


At the same time, the Julius Nyerere hydropower project is giving Dar es Salaam a powerful new economic card: electricity that Tanzania increasingly hopes to sell beyond its borders.


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Didier Cebas K.

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