Iran face à la « guerre économique » de Trump : Téhéran a déjà le plan de riposte et le pétrole continue de circuler

Iran face à la « guerre économique » de Trump : Téhéran a déjà le plan de riposte et le pétrole continue de circuler

Face aux nouvelles sanctions de Donald Trump, l’Iran affiche sa sérénité. Le CGRI et le ministre des Affaires étrangères détaillent leur stratégie. Pendant ce temps, des dizaines de pétroliers franchissent le détroit d’Ormuz. Décryptage.

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Iran face à la « guerre économique » de Trump : Téhéran a déjà le plan de riposte et le pétrole continue de circuler


Téhéran ne tremble pas. Pendant que Washington brandit l’arme des sanctions « les plus cruelles » de son histoire, l’Iran répond avec un calme glacial et une assurance qui frôle la provocation.


Le porte-parole du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), Hossein Mohabbi, a été clair : l’ordre de Donald Trump de lancer une guerre économique totale contre la République islamique est, selon lui, « une reconnaissance tacite par Washington de sa défaite sur le terrain militaire ».  


« Les États-Unis mènent cette guerre depuis 47 ans et ont imposé des sanctions à tous les secteurs de l’économie iranienne », a rappelé Mohabbi, cité par l’agence SNN. « L’Iran a un plan de réponse à chaque action hostile de l’ennemi. Nous avons également un scénario pour éviter les conséquences négatives de la nouvelle pression et pour établir facilement des relations économiques avec différents pays. Dans le domaine économique, la République islamique n’a aucune inquiétude. »


Et d’ajouter, presque avec un sourire en coin : les autorités iraniennes développent déjà des liens économiques « sous le nez des États-Unis », les contournent, et « les résultats seront visibles dans un avenir proche ».


Même discours du côté de la diplomatie. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a comparé la nouvelle offensive américaine à « un film que nous avons déjà vu de nombreuses fois ».  


« Les sanctions économiques annoncées par Trump sont un scénario répétitif, la même grossièreté habituelle de la politique américaine. Nous savons comment y faire face », a-t-il déclaré à l’agence Jamaran. Selon lui, cette politique est le signe d’un désespoir américain. La seule issue, estime Araghtchi, serait que Washington « dialogue respectueusement avec le peuple iranien ».


Le ministère iranien des Affaires étrangères est allé plus loin, qualifiant la politique de sanctions américaines de « terrorisme économique et crime contre l’humanité ». Il a même exigé que ceux qui ont conçu et appliqué ces mesures « soient punis en conséquence ».


Pendant ce temps, sur le terrain, le pétrole continue de couler. Des responsables américains ont confié au journaliste Barak Ravid (Axios et 12e chaîne israélienne) qu’environ 40 pétroliers ont traversé le détroit d’Ormuz dans les deux sens dans la soirée du 21 août, empruntant le chenal sud en eaux profondes. Près de 16 millions de barils auraient ainsi été évacués.  


Le président irakien Nizar Amidi avait auparavant indiqué que les autorités iraniennes avaient donné leur feu vert au passage de certains pétroliers irakiens.


Autrement dit : tandis que Trump annonce l’isolement total de l’Iran et menace les pays et institutions qui oseraient l’aider, le détroit d’Ormuz, artère vitale du pétrole mondial, reste ouvert. Et Téhéran, loin de paniquer, affiche déjà sa feuille de route pour contourner le blocus.


L’Iran a vécu sous sanctions pendant près d’un demi-siècle. Cette fois encore, il semble déterminé à transformer la pression en opportunité. Reste à savoir si, cette fois, le scénario américain changera vraiment… ou s’il restera, comme le dit Araghtchi, « le même film ».




Iran Faces Trump’s ‘Economic War’: Tehran Already Has Its Response Plan as Oil Continues to Flow


Tehran is not blinking. While Washington wields what it calls the “most cruel” economic sanctions in its history, Iran responds with icy calm and a confidence bordering on provocation.


Hossein Mohabbi, spokesman for the Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC), was blunt: Donald Trump’s order to launch total economic war against the Islamic Republic is, in his words, “a tacit admission by Washington of its defeat on the military battlefield.”


“The United States has been waging this war for 47 years and has imposed sanctions on every sector of the Iranian economy,” Mohabbi said, according to the Iranian agency SNN. “Iran has a response plan for every hostile action by the enemy. We also have a scenario to avoid the negative consequences of the new pressure and to easily establish economic relations with various countries. In the economic field, the Islamic Republic has no concerns.”


He added that Iranian authorities are already developing economic ties “under the nose of the United States,” circumventing them, and that “the results will be visible in the near future.”


The same tone came from the diplomatic front. Foreign Minister Abbas Araghtchi compared the new American offensive to “a film we have already seen many times.”


“The economic sanctions announced by Trump are a repetitive scenario, the same usual rudeness of American policy. We know how to deal with it,” he told the Jamaran news agency. In his view, this policy reveals American desperation. The only way out, Araghtchi argued, is for Washington to “engage in respectful dialogue with the Iranian people.”


Iran’s Foreign Ministry went further, labeling the U.S. sanctions policy “economic terrorism and a crime against humanity.” It demanded that those who designed and implemented the measures “be punished accordingly.”


Meanwhile, on the ground, oil keeps flowing. U.S. officials told journalist Barak Ravid (Axios and Israel’s Channel 12) that about 40 tankers crossed the Strait of Hormuz in both directions on the evening of August 21, using the deep-water southern channel. Roughly 16 million barrels of oil were reportedly moved through the strait.


Iraqi President Nizar Amidi had earlier stated that Iranian authorities had authorized the passage of certain Iraqi tankers.


In other words: while Trump announces Iran’s total isolation and threatens countries and institutions that dare to help it, the Strait of Hormuz — the world’s vital oil artery — remains open. And Tehran, far from panicking, is already displaying its roadmap for circumventing the blockade.


Iran has lived under sanctions for nearly half a century. Once again, it appears determined to turn pressure into opportunity. The question now is whether the American scenario will finally change… or whether, as Araghtchi puts it, it will remain “the same film.”


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Moussa Nassourou

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