Éboulement meurtrier à Zamboi : Maurice Kamto dénonce les « mafias de l’or » après la mort de plus de 100 personnes
Un nouveau drame minier secoue le Cameroun. Plus d’une centaine de personnes auraient trouvé la mort dans un éboulement survenu le 18 août 2026 sur un site d’exploitation aurifère présenté comme anarchique à Zamboi, dans l’arrondissement de Garoua-Boulaï. Dans un message de condoléances publié ce 19 août, Maurice Kamto dénonce les conditions d’exploitation des mines artisanales et pointe du doigt les réseaux qui prospéreraient autour de « l’or illégal ».
Le bilan est encore incertain et pourrait évoluer. Mais déjà, le drame de Zamboi s’annonce comme l’une des plus graves tragédies minières enregistrées au Cameroun ces dernières années.
« Plus de cent personnes » disparues dans l’éboulement
Dans son message, le président national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, dit avoir appris « avec une grande tristesse la disparition de plus de cent personnes » à la suite de l’éboulement survenu le 18 août 2026.
Selon les informations évoquées dans son communiqué, le décompte des victimes n’était pas encore définitivement établi au moment de sa réaction. Les opérations de secours et de recherche se poursuivaient afin de retrouver d’éventuels survivants et d’extraire les corps des victimes ensevelies.
Maurice Kamto a adressé, en son nom et au nom des militants du MRC, ses condoléances aux familles frappées par cette catastrophe.
« J'adresse mes encouragements à tous ceux qui, sur le terrain, travaillent à porter secours – à ceux qu'il serait encore possible de secourir – ou à retrouver des corps », écrit-il.
Derrière le bilan humain, c’est surtout la question des conditions de sécurité sur les sites d’orpaillage qui revient brutalement au centre du débat.
Zamboi, symbole des dangers de l’exploitation minière anarchique
Pour Maurice Kamto, le drame de Zamboi ne peut être dissocié de la précarité dans laquelle travaillent de nombreux Camerounais attirés vers les zones d’exploitation aurifère.
Dans son message, il évoque des compatriotes « poussés par la misère » à travailler sur des sites miniers sauvages, parfois sans encadrement technique suffisant ni garanties de sécurité.
L’ancien candidat à la présidentielle estime que les responsables politiques, administratifs et certaines élites locales devraient davantage veiller à l’application des textes et à la protection des populations vivant de l’activité minière.
Au lieu de cela, accuse-t-il, certains acteurs profiteraient d’un système dans lequel les travailleurs les plus vulnérables supportent les risques, pendant que les bénéfices de l’exploitation des ressources minières seraient captés ailleurs.
Maurice Kamto dénonce les « mafias de l’or »
Le président du MRC établit également un lien entre cette catastrophe et ce qu’il qualifie de « scandale de l’or », un dossier qui, selon lui, serait étouffé par des acteurs influents occupant différentes positions au sein de l’appareil d’État.
Dans un ton particulièrement offensif, Maurice Kamto accuse les réseaux impliqués dans l’exploitation illégale des minerais de faire preuve d’inhumanité face aux conditions de vie et de travail des populations.
« Ce faisant, ils se rendent complices de ce qu'on a appelé les “mafias de l'or” dans ses ramifications nationales et internationales », affirme-t-il.
Ces accusations s’inscrivent dans un débat plus large sur la gouvernance du secteur minier camerounais, notamment autour de l’exploitation artisanale, de la traçabilité de l’or, du respect de la réglementation et des retombées économiques pour les communautés locales.
Le drame de Zamboi remet ainsi sur la table une question essentielle : qui contrôle réellement les sites miniers et qui garantit la sécurité de ceux qui y travaillent ?
« Il est plus que temps que l’État s’émancipe de ces réseaux »
Maurice Kamto appelle l’État camerounais à reprendre davantage le contrôle du secteur minier et à lutter contre les circuits criminels qui pourraient prospérer autour de l’exploitation des ressources naturelles.
Pour le leader du MRC, les minerais du Cameroun devraient constituer une source de revenus importante pour le Trésor public et contribuer plus directement au développement des zones où ils sont exploités.
« Il est plus que temps que l'État s'émancipe de ces réseaux criminels pour faire de l'exploitation des minerais au Cameroun une activité profitable pour le Trésor public et utile à l'amélioration du bien-être des populations locales », souligne-t-il.
L’enjeu dépasse donc la seule exploitation de l’or. Il touche à la gouvernance des ressources naturelles, à la sécurité des travailleurs, à la lutte contre l’exploitation illégale et à la capacité de l’État à transformer le potentiel minier national en développement local.
Un appel à la justice après le drame de Garoua-Boulaï
Dans sa déclaration datée de Yaoundé, le 19 août 2026, Maurice Kamto appelle également la justice à jouer « pleinement son rôle » dans l’assainissement du secteur.
Il réclame notamment une accélération des procédures liées au dossier qu’il désigne comme le « scandale de l’or », estimant que cette affaire porte atteinte à l’image du Cameroun.
Pour le responsable politique, la catastrophe de Zamboi doit servir d’électrochoc. Au-delà des messages de condoléances et de l’émotion suscitée par la disparition de plus de cent personnes, il appelle à une véritable reprise en main du secteur minier.
Car à Zamboi, le drame pose une interrogation brutale : combien de vies faudra-t-il encore perdre avant que l’exploitation de l’or ne soit soumise, partout au Cameroun, à des règles strictes de sécurité, de contrôle et de responsabilité ?
Alors que le bilan de l’éboulement pourrait encore évoluer, les regards se tournent désormais vers les opérations de secours, l’établissement des responsabilités et les mesures que les autorités prendront pour éviter qu’un tel scénario ne se reproduise.
À Garoua-Boulaï, sous les décombres de Zamboi, ce sont aussi les failles de la gouvernance minière qui sont brutalement remontées à la surface.
Deadly Zamboi Mine Collapse: Maurice Kamto Denounces Cameroon’s “Gold Mafias” After More Than 100 Deaths
A new mining tragedy has shaken Cameroon. More than one hundred people are reported to have died following a collapse on an allegedly unregulated gold mining site in Zamboi, in the Garoua-Boulaï area, on August 18, 2026. In a condolence message issued on August 19, opposition leader Maurice Kamto condemned the dangerous conditions surrounding informal mining and denounced what he described as “gold mafias.”
The exact death toll remains uncertain and could still rise as rescue and recovery operations continue.
More than 100 people feared dead
Maurice Kamto, the national president of the Cameroon Renaissance Movement (MRC), said he had learned “with great sadness” of the deaths of more than one hundred people following the collapse at the Zamboi gold mining site.
According to the information cited in his statement, the full extent of the tragedy had not yet been established. Rescue teams and local responders were still searching for possible survivors and recovering bodies from the collapsed site.
Kamto extended his condolences to the victims' families in his own name and on behalf of MRC members.
“I encourage all those working on the ground to rescue those who may still be saved or to recover bodies,” he said.
Beyond the human tragedy, the disaster has once again placed the safety of artisanal and informal miners at the heart of the national debate.
Zamboi and the dangers of unregulated gold mining
For Maurice Kamto, the Zamboi tragedy cannot be separated from the difficult and often dangerous conditions faced by many Cameroonians working in informal mining sites.
In his statement, he referred to citizens “driven by poverty” to operate on wild mining sites without adequate safety measures.
He argued that political and administrative authorities, as well as local elites, should ensure compliance with mining laws and protect vulnerable populations rather than allowing them to remain exposed to deadly working conditions.
The tragedy, he suggested, reflects a system in which those doing the most dangerous work bear the greatest risks while others benefit from the exploitation of mineral resources.
Kamto targets alleged “gold mafias”
The MRC leader also linked the Zamboi disaster to what he described as a wider “gold scandal,” which he claims has been protected or covered up by powerful interests.
In strong language, Kamto accused networks involved in illegal mineral exploitation of showing little concern for the lives and working conditions of vulnerable miners.
“In doing so, they become accomplices of what has been described as the ‘gold mafias,’ with national and international ramifications,” he stated.
His remarks revive broader questions about governance in Cameroon’s mining sector, including illegal mining, gold traceability, enforcement of regulations, worker safety and the distribution of mining revenues.
The Zamboi disaster therefore raises a fundamental question: who effectively controls mining sites and who is responsible for guaranteeing the safety of the people working there?
“It is time for the State to free itself from these networks”
Maurice Kamto called on the Cameroonian government to take stronger control of the mining sector and to confront criminal networks allegedly benefiting from illegal mineral exploitation.
According to him, Cameroon’s mineral resources should generate greater benefits for the national treasury and contribute directly to improving living conditions in mining communities.
“It is more than time for the State to free itself from these criminal networks and turn mineral exploitation in Cameroon into an activity that benefits the public treasury and improves the well-being of local populations,” Kamto said.
For the opposition leader, the issue goes beyond gold. It concerns the governance of natural resources, worker protection, the fight against illegal exploitation and the ability of the State to transform Cameroon’s mining potential into sustainable local development.
Call for justice and accountability
In his statement issued in Yaoundé on August 19, 2026, Maurice Kamto also called on the justice system to play its full role in cleaning up the mining sector.
He urged authorities to accelerate proceedings related to the alleged “gold scandal,” arguing that the affair has damaged Cameroon’s international image and deeply shocked the population.
For Kamto, the Zamboi tragedy should serve as a wake-up call.
Beyond condolences and national mourning, he is calling for stronger regulation, greater accountability and a genuine State-led effort to secure mining activities.
As rescue operations continue and the death toll remains subject to confirmation, attention is now turning to the investigation, the identification of those responsible and the measures that could prevent another disaster.
In Zamboi, beneath the rubble of a deadly mine collapse, the deeper failures of mining governance have once again come to the surface.
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Moussa Nassourou