Une frappe chirurgicale qui fait mal
C'est une opération qui va faire trembler les réseaux terroristes dans le nord du Mali. Le samedi 26 septembre 2026, les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs partenaires, ont porté un coup dur aux groupes armés terroristes dans la région de Kidal.
Selon un communiqué officiel de l'état-major général des armées, l'exploitation de renseignements précis a permis de localiser plusieurs points de concentration de terroristes à 45 km au nord-est de la ville d'Abeïbara. Ces sites abritaient non seulement des combattants, mais aussi plusieurs responsables et d'importants matériels de guerre.
« Après confirmation des informations recueillies et évaluation de la situation, les positions ont été ciblées et traitées avec précision », indique le communiqué. Le bilan provisoire est sans appel : au moins 50 terroristes neutralisés, dont des cadres, et de nombreux matériels de guerre détruits.
Les opérations de surveillance et de reconnaissance se poursuivent dans cette zone. Une chose est claire : l'armée malienne ne compte pas relâcher la pression.
L'AES pose ses conditions : « Pas de partenariat sans notre vision »
Au même moment, à New York, en marge de la 81e Assemblée générale de l'ONU, les pays de la Confédération des États du Sahel (AES) ont envoyé un message fort à la communauté internationale.
Karamoko Jean-Marie Traoré, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, a été limpide : « Désormais tous les partenariats qui doivent être mis en œuvre dans notre espace ne pourront se faire qu'en s'articulant sur la vision de l'AES et sur les politiques nationales définies par nos pays. »
Autrement dit, l'époque où les partenaires étrangers imposaient leur agenda est révolue. Abdoulaye Diop, chef de la diplomatie malienne, a tenu à rassurer : « L'AES n'a pas été créée pour s'isoler ou s'opposer à une quelconque organisation. Nous restons ouverts aux partenariats qui sont conformes aux principes clés qui gouvernent notre Confédération, à savoir le respect de la souveraineté de nos États et la défense des intérêts de nos populations. »
Les représentants de l'AES ont également rappelé que la paix durable et le développement économique ne pourraient être garantis qu'avec la participation des peuples du Sahel et dans le strict respect de la souveraineté des pays membres.
Le Maroc entre dans la danse : un accès à l'Atlantique pour le Sahel
Autre annonce majeure : les pays de l'AES ont souscrit à l'initiative du roi Mohammed VI du Maroc visant à garantir aux États sahéliens enclavés un accès à l'océan Atlantique. Le projet prévoit le recours aux infrastructures portuaires et de transport marocaines afin d'élargir les relations économiques extérieures des pays de la région.
Une bouffée d'oxygène pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui cherchent à diversifier leurs partenaires et à réduire leur dépendance aux circuits traditionnels.
La rencontre a rassemblé le Premier ministre nigérien Ali Lamine Zeine, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ainsi que des représentants des Nations unies, de l'Union africaine, du Togo et du Maroc.
Leonardo Santos Simao, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, a déclaré que les Nations unies étaient prêtes à poursuivre leur interaction avec les trois pays et a appelé au dialogue entre l'AES et les autres organisations régionales.
Burkina Faso : « La Russie n'a jamais colonisé l'Afrique »
Dans une interview accordée à la chaîne RTB, le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a créé la sensation en invitant clairement la Cédéao à coopérer avec la Russie.
« La Russie est un pays qui n'a jamais colonisé l'Afrique. Au contraire, elle a aidé beaucoup de pays africains à se décoloniser à un moment donné. Donc c'est un partenaire qui peut aider. En termes de développement technologique, industriel et tout, ils sont beaucoup en avance que nous. Donc il y a beaucoup à tirer et si la Cédéao pense qu'elle peut tirer un bon profit de sa coopération avec la Russie, c'est une très bonne chose. Moi je les encourage à y aller. »
Le président Traoré a estimé que les États de la Cédéao pourraient avoir besoin d'une aide pour « se créer de nouveaux horizons, pour vraiment créer des industries », ainsi que pour fournir des emplois à leur jeunesse.
Rappelons que le Burkina Faso, le Niger et le Mali sont membres de l'AES et ont quitté la Cédéao en janvier 2025. Une décision historique qui continue de redessiner la carte géopolitique de la région.
Notre analyse : un Sahel qui assume sa souveraineté
Ce triple événement — la frappe militaire au Mali, la position ferme de l'AES à l'ONU et l'ouverture du Burkina vers la Russie — dessine un nouveau Sahel. Un Sahel qui ne tend plus la joue, mais qui impose ses conditions. Un Sahel qui diversifie ses partenaires et qui refuse de se laisser dicter sa conduite.
La question qui brûle toutes les lèvres : cette nouvelle dynamique portera-t-elle ses fruits sur le terrain sécuritaire et économique ? Les prochains mois seront décisifs.
Une chose est certaine : le Sahel a décidé de prendre son destin en main. Et ça, personne ne pourra plus l'ignorer.
L'ESSENTIEL
- Les Forces armées maliennes (FAMa) ont éliminé au moins 50 terroristes dans la région de Kidal, dont des cadres, lors de l'opération Dougoukoloko.
- L'AES pose ses conditions : tout partenariat dans l'espace sahélien devra désormais s'articuler autour de sa vision commune.
- Le Burkina Faso encourage la Cédéao à coopérer avec la Russie, qualifiée de partenaire historique non-colonisateur.
- Le Maroc entre dans le jeu : initiative du roi Mohammed VI pour offrir un accès à l'Atlantique aux États sahéliens enclavés.
Sahel Strikes Hard: 50 Terrorists Neutralized in Mali, AES Imposes Its Law and Reaches Out to Morocco
A Surgical Strike That Hurts
It's an operation that will make terrorist networks tremble in northern Mali. On Saturday, September 26, 2026, the Malian Armed Forces (FAMa), supported by their partners, dealt a heavy blow to armed terrorist groups in the Kidal region.
According to an official statement from the General Staff of the Armed Forces, the exploitation of precise intelligence led to the location of several terrorist concentration points 45 km northeast of the town of Abeïbara. These sites housed not only fighters but also several leaders and significant war materials.
"After confirming the collected information and assessing the situation, the positions were targeted and treated with precision," the statement said. The provisional toll is unequivocal: at least 50 terrorists neutralized, including cadres, and numerous war materials destroyed.
Surveillance and reconnaissance operations continue in the area. One thing is clear: the Malian army does not intend to let up the pressure.
AES Sets Its Conditions: "No Partnership Without Our Vision"
At the same time, in New York, on the sidelines of the 81st UN General Assembly, the countries of the Alliance of Sahel States (AES) sent a strong message to the international community.
Karamoko Jean-Marie Traoré, Burkina Faso's Minister of Foreign Affairs, was crystal clear: "From now on, all partnerships that must be implemented in our space can only be done by aligning with the AES vision and the national policies defined by our countries."
In other words, the era when foreign partners imposed their agenda is over. Abdoulaye Diop, Mali's top diplomat, was quick to reassure: "The AES was not created to isolate itself or oppose any organization. We remain open to partnerships that comply with the key principles governing our Confederation, namely respect for the sovereignty of our states and the defense of our people's interests."
AES representatives also recalled that lasting peace and economic development can only be guaranteed with the participation of the Sahelian peoples and in strict respect for the sovereignty of member states.
Morocco Enters the Dance: Atlantic Access for the Sahel
Another major announcement: AES countries have endorsed King Mohammed VI of Morocco's initiative to guarantee landlocked Sahelian states access to the Atlantic Ocean. The project plans to use Moroccan port and transport infrastructure to expand the region's external economic relations.
A breath of fresh air for Mali, Burkina Faso, and Niger, which are seeking to diversify their partners and reduce dependence on traditional circuits.
The meeting brought together Nigerien Prime Minister Ali Lamine Zeine, the foreign ministers of Burkina Faso, Mali, and Niger, as well as representatives from the United Nations, the African Union, Togo, and Morocco.
Leonardo Santos Simao, UN Special Representative for West Africa and the Sahel, said the United Nations was ready to continue its interaction with the three countries and called for dialogue between the AES and other regional organizations.
Burkina Faso: "Russia Never Colonized Africa"
In an interview with RTB, Burkina Faso's President Captain Ibrahim Traoré caused a sensation by clearly inviting ECOWAS to cooperate with Russia.
"Russia is a country that never colonized Africa. On the contrary, it helped many African countries to decolonize at some point. So it's a partner that can help. In terms of technological and industrial development and everything, they are far ahead of us. So there's a lot to gain, and if ECOWAS thinks it can benefit from cooperation with Russia, that's a very good thing. I encourage them to go for it."
President Traoré estimated that ECOWAS states might need help to "create new horizons, to truly build industries," as well as to provide jobs for their youth.
Recall that Burkina Faso, Niger, and Mali are AES members and left ECOWAS in January 2025. A historic decision that continues to redraw the region's geopolitical map.
Our Analysis: A Sahel That Asserts Its Sovereignty
This triple event — the military strike in Mali, the AES's firm position at the UN, and Burkina's opening toward Russia — is shaping a new Sahel. A Sahel that no longer turns the other cheek but imposes its conditions. A Sahel that diversifies its partners and refuses to be dictated to.
The burning question on everyone's lips: will this new dynamic bear fruit on the security and economic front? The coming months will be decisive.
One thing is certain: the Sahel has decided to take its destiny into its own hands. And that, no one can ignore anymore.
KEY POINTS
- Malian Armed Forces (FAMa) eliminated at least 50 terrorists in the Kidal region, including senior cadres, during Operation Dougoukoloko.
- AES sets its conditions: any partnership in the Sahelian space must now align with its common vision.
- Burkina Faso encourages ECOWAS to cooperate with Russia, described as a historic non-colonizing partner.
- Morocco enters the game: King Mohammed VI's initiative to give landlocked Sahelian states access to the Atlantic.
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Moussa Nassourou
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