OBSÈQUES D’ANICET EKANE : Le MRC de Kamto claque la porte, 8 frères du défunt boycottent, le régime Biya pointé du doigt

OBSÈQUES D’ANICET EKANE : Le MRC de Kamto claque la porte, 8 frères du défunt boycottent, le régime Biya pointé du doigt

Cameroun : Le MRC et 8 frères d’Anicet Ekane boycotteront ses obsèques le 9 mai. Ils dénoncent une décision de justice qui écarte le MANIDEM et bafoue la volonté du défunt mort en détention. Un scandale politique national.

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C’est un séisme politique et familial qui s’abat sur la mémoire d’Anicet Ekane. Les obsèques du leader nationaliste, prévues le 9 mai prochain, virent à la crise nationale. Dans un communiqué au ton grave, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto a annoncé qu’il ne prendrait pas part à la cérémonie. Un boycott massif qui s’ajoute à celui, déjà fracassant, de huit des onze frères et sœurs du défunt.


La raison de cette levée de boucliers ? Une décision de justice qui fait l’effet d’une bombe dans l’arène politique. Saisi par Muna Ekane, le fils aîné du disparu, le tribunal de première instance de Douala a tranché : l’organisation des funérailles lui revient exclusivement, destituant de fait le MANIDEM (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie), le parti fondé par Ekane. Pire, la justice a interdit à la veuve du nationaliste d’entrer en possession de la dépouille mortelle.


Pour le MRC, la ficelle est aussi grosse qu’inacceptable. Le parti de Maurice Kamto, candidat malheureux à la présidentielle de 2025 après avoir été soutenu par le MANIDEM puis écarté par le régime, crie à la manœuvre. Son boycott se veut un acte de « solidarité avec un parti allié, injustement marginalisé dans l’organisation des derniers hommages à son fondateur. »


« Une instrumentalisation éhontée du fils aîné par le gouvernement »


La fronde ne se limite pas aux états-majors politiques. Mariane Simone Ekane, sœur cadette du disparu, a rendu publics des enregistrements audio accablants. Sur ces bandes, Anicet Ekane dicte ses dernières volontés : que son parti, le MANIDEM, pilote l’organisation de ses obsèques, sa famille biologique devant se contenter d’un rôle d’accompagnement. « Une volonté clairement exprimée et délibérément piétinée », fulmine-t-elle, dénonçant avec sept autres frères ce qu’elle qualifie d’« instrumentalisation éhontée de Muna Ekane par le gouvernement ».


Le MANIDEM, qui avait pourtant annoncé des dates de funérailles en conformité avec la volonté du défunt, s’est dit « ni informé ni consulté » avant l’annonce officielle du 9 mai. Une mise au ban qui rappelle cruellement la mise à l’écart politique du parti.


Un martyr de la cause nationaliste


Car c’est le spectre d’Anicet Ekane, mort en martyr, qui plane sur ce scandale. Décédé le 1er décembre 2025 à la gendarmerie nationale de Yaoundé dans des conditions troubles, il incarnait une opposition nationaliste irréductible. Ses obsèques, qu’on annonçait comme un grand rassemblement populaire, se muent en une nouvelle scène de crime politique, où l’on achève symboliquement le défunt en confisquant son héritage militant.


Alors que le pays s’apprête à lui rendre un dernier hommage, une question brûle toutes les lèvres : qui, le 9 mai, osera danser sur la tombe encore fraîche d’Anicet Ekane ? La réponse est un camouflet pour le pouvoir : ni son parti, ni ses frères de sang, ni ses frères de lutte.




CAMEROON: Kamto’s MRC, 8 Siblings to Boycott Anicet Ekane’s Funeral Amidst Judicial Storm


A political and familial earthquake is shattering the legacy of Anicet Ekane. The funeral of the nationalist leader, scheduled for May 9, has plunged the nation into deep crisis. Maurice Kamto’s Cameroon Renaissance Movement (MRC) announced in a somber statement that it will boycott the ceremony – a powerful snub that joins an already explosive walkout by eight of the deceased’s eleven siblings.


At the heart of the uproar is a court ruling that has detonated the political landscape. Following a lawsuit by Muna Ekane, the eldest son, a Douala court of first instance designated him as the sole funeral organizer, effectively sidelining MANIDEM (African Movement for a New Independence and Democracy), the party founded by Ekane. In a stinging blow, the court also barred Ekane’s widow from taking possession of the body.


For the MRC, the maneuver is blatantly political. The party’s leader, Maurice Kamto, was MANIDEM’s presidential candidate before being excluded from the October 2025 election by the Biya regime. The MRC’s boycott is a direct act of “solidarity with an allied party, unjustly marginalized in organizing the final tribute to its founder.”


“A Shameless Instrumentalization”


The rebellion runs deep. Mariane Simone Ekane, the late leader’s younger sister, released damning audio recordings in which Anicet Ekane explicitly dictated that his party, MANIDEM, should lead his funeral, with his family in a supporting role. “A clearly expressed wish that has been deliberately trampled,” she declared, accusing the government of a “shameless instrumentalization” of her nephew, Muna. She and seven other brothers are refusing to attend.


MANIDEM, which had initially set funeral dates in accordance with Ekane’s wishes, stated they were never informed or consulted before the official May 9 announcement.


A Martyr’s Contested Legacy


The ghost of Anicet Ekane, a martyr of the nationalist cause who died in detention at the Yaoundé National Gendarmerie on December 1, 2025, looms large. What was supposed to be a massive popular tribute is turning into a new political crime scene, where the deceased is symbolically finished off by having his militant legacy confiscated.


As the country prepares for a final farewell, one searing question remains: on May 9, who will dare dance on Anicet Ekane’s freshly dug grave? The answer is a snub to the authorities: neither his political party, nor his blood brothers, nor his brothers in arms.



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Ange NGO

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