Après 15 ans de promesses et 2 milliards envolés : Nganou Djoumessi change de méthode pour les ponts bascules de Njombe et Bekoko

Après 15 ans de promesses et 2 milliards envolés : Nganou Djoumessi change de méthode pour les ponts bascules de Njombe et Bekoko

Le Cameroun digitalise les corridors Garoua-Yola et Ekok-Mfum avec le Nigeria (320 000 tonnes/mois) tandis que Nganou Djoumessi relance la modernisation des ponts bascules de Mandjou et Njombe après l'échec de 2025. Analyse exclusive des nouveaux enjeux du fret et de la transparence.

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Digitalisation du corridor : Le Cameroun impose le Guichet unique à la frontière nigériane, Nganou Djoumessi tape du poing sur les ponts bascules


 C’est une double actualité qui secoue le landerneau du transport routier camerounais en ce mois d’avril 2026. Alors que les transporteurs cherchent à fluidifier les échanges avec le géant nigérian pour capter une partie des 320 000 tonnes de marchandises qui traversent mensuellement la frontière, l’État, lui, resserre la vis sur la gestion du réseau routier national. Le message est clair : place au numérique, fini le « tchoko » et les files d’attente à l’aveugle.


Le GAC à la conquête du Nigeria : La fin du trafic informel ?


Réunis le 15 avril dernier à Yola, dans l’État d’Adamawa, les patrons du Groupement des Transporteurs Terrestres du Cameroun (GTTC) et leurs homologues de la Nigerian Association of Road Transport Owners (NARTO) ont posé les jalons d’une véritable révolution logistique. Le Guichet d’Affrètement des Cargaisons (GAC) , cette plateforme lancée en grande pompe à Douala le 2 avril par le Patronat des Transporteurs Professionnels (PTP), va franchir les frontières.


Jusqu’ici limité aux corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui, le GAC vise désormais les artères vitales du Septentrion et du Sud-Ouest : Yola-Garoua, Mubi-Mayo-Woulo et le célèbre pont d’Ekok-Mfum.


« On ne peut plus continuer à rouler à vide ou à attendre le client au bord de la route comme des mendiants du fret », confie un membre influent du GTTC sous couvert d’anonymat. « Avec le Nigeria, c’est 40,4 milliards de Fcfa d’importations qui entrent officiellement par la route chaque trimestre, sans compter les sacs de riz et les bidons d’huile qui passent entre les mailles du filet. Le GAC, c’est notre arme pour professionnaliser le jeu. »


Pour convaincre les partenaires nigérians, une version anglaise de la plateforme sera déployée dans les prochains jours. L’objectif est limpide : traquer les 13 000 voyages mensuels et leur offrir une transparence sur les prix du fret, loin des arrangements de « mbenguiste ». Car avec une balance commerciale outrageusement favorable au Nigeria, le Cameroun joue gros dans la modernisation de ce corridor où passent savons, ciment, pièces détachées, cigares et même une bonne partie de notre cacao.


Ponts bascules : Après le flop de 2025, le Mintp change la donne


Pendant que les transporteurs regardent vers l’Ouest, le gouvernement, lui, garde un œil rivé sur le bitume national. Le 13 avril à Yaoundé, le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a dû se résoudre à un constat d’échec partiel. L’appel d’offres de 520 millions de Fcfa lancé en août 2025 pour réhabiliter les stations de pesage de Mandjou (Est), Manwi (Adamaoua), Bekoko et Njombe (Littoral) a accouché d’une souris.


Les faits sont têtus : Un seul opérateur a raflé les lots de Bekoko et Njombe, tandis que Mandjou et Manwi sont restés sur le carreau pour « insuffisance technique ». Face au risque de monopole et à la qualité douteuse des offres, Nganou Djoumessi a sorti le carton rouge. Désormais, le marché sera scindé en deux : les travaux de génie civil d’un côté, les équipements de haute technologie de l’autre.


Il était temps. Voilà quinze ans que la digitalisation des 17 postes de pesage du Cameroun est annoncée. Sur le terrain, le constat est amer : coupures d’électricité intempestives, pannes à répétition, et surtout, une kyrielle de « gombos » qui font que les 2 milliards de Fcfa de pénalités encaissés en 2020 ne sont qu’une goutte d’eau par rapport aux dégâts causés par les camions surchargés sur nos routes.


« Nous voulons des ponts bascules intelligents, pas des guichets à racket », martèle-t-on dans les couloirs du ministère. En élargissant la concurrence aux PME locales spécialisées, le Mintp espère enfin voir aboutir ce chantier qui doit protéger les axes lourds comme la Nationale 3.


En attendant l'anglais : La convention de partenariat entre la NARTO nigériane et le patronat camerounais est attendue comme le messie pour le fret transfrontalier. Une chose est sûre : entre l'offensive numérique du privé et le coup de pied dans la fourmilière du public, le secteur du transport camerounais est en train de changer de visage. Et tant pis pour les nostalgiques du « on se débrouille ».
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Cameroon-Nigeria Freight Goes Digital: GAC Platform Expands to Ekok-Mfum as Government Overhauls Weighbridge Tenders


 Cameroon’s road transport sector is witnessing a seismic shift this April 2026. On the international front, transporters are bridging the digital gap with Nigeria to capture a slice of the 320,000 tons of monthly cross-border trade. Meanwhile, in Yaoundé, Public Works Minister Emmanuel Nganou Djoumessi is hitting the reset button on the country’s stalled weighbridge modernization project.


The Yola Agreement: Tackling Informality with an App
On April 15, in Yola, Nigeria, the Cameroon Land Transport Group (GTTC) and the Nigerian Association of Road Transport Owners (NARTO) agreed to extend the Cargo Freight Desk (GAC) to the busy corridors linking both nations. The digital platform, initially designed for the Douala-N'Djamena and Douala-Bangui routes, will now cover the strategic axes of Garoua-Yola, Mubi-Mayo-Woulo, and the Ekok-Mfum bridge.


This move aims to regulate the 13,000 monthly truck trips and curb the massive informal trade that skews official statistics. With Nigerian exports to Cameroon hitting 40.4 billion FCFA in Q3 2025 alone, the GAC promises to bring transparency and efficiency to the haulage of cement, soap, cocoa, spare parts, and hydrocarbons. To ensure smooth adoption, an English version of the platform is set to launch shortly.


Weighbridge Fiasco: Minister Demands a Do-Over
Back home, Minister Nganou Djoumessi is cleaning house. The 520 million FCFA tender launched in August 2025 to rehabilitate the Mandjou, Manwi, Bekoko, and Njombe weigh stations has been partially scrapped. Citing the risk of a monopoly and poor technical bids, the Ministry of Public Works (Mintp) has ordered the project to be unbundled.


Future tenders will separate civil engineering works from the procurement of high-tech weighing equipment. The goal is twofold: boost competition among local SMEs and finally deliver on a 15-year-old promise to digitize Cameroon's 17 weigh stations. Currently plagued by power cuts, breakdowns, and allegations of corruption, the system fails to adequately protect roads from overloaded trucks—costing the treasury far more than the 2 billion FCFA collected in fines in 2020.


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Didier Cebas K.

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