CEMAC : les banques boudent 134 milliards FCFA de la BEAC, un signal inquiétant pour le crédit

CEMAC : les banques boudent 134 milliards FCFA de la BEAC, un signal inquiétant pour le crédit

Malgré une injection record de 500 milliards FCFA, les banques de la CEMAC n’ont capté que 365 milliards auprès de la BEAC. Un désintérêt révélateur d’un ralentissement du crédit et d’une demande en berne dans la sous-région.

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Le signal est fort. Et il interpelle.


Le 14 avril 2026, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a injecté 500 milliards de FCFA dans le circuit bancaire des six pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République centrafricaine). Objectif : soutenir la liquidité et accompagner la dynamique du crédit.


Mais contre toute attente, les banques commerciales n’ont capté que 365,2 milliards de FCFA, soit un taux de souscription de 73%. En clair, 134,8 milliards de FCFA sont restés sur la table.


Une offre supérieure aux besoins réels


Cette opération marquait pourtant un relèvement significatif de l’enveloppe proposée par la BEAC, passée de 400 milliards fin mars à 500 milliards mi-avril. Une décision motivée par l’appétit croissant des banques pour la liquidité centrale observé ces dernières semaines.


Mais cette fois-ci, la demande n’a pas suivi.


Selon plusieurs banquiers de la sous-région, le recours aux guichets de la BEAC intervient principalement lorsque la demande de crédits dépasse les ressources propres des établissements. Autrement dit, si les banques ne se ruent pas sur la liquidité centrale, c’est que la pression sur le crédit reste modérée.


Un net recul par rapport aux pics de 2025


Le contraste est frappant avec la situation observée à partir de septembre 2025. À cette période, les besoins en refinancement avaient explosé :



  • 650 milliards FCFA dans la seconde moitié de septembre,

  • 700 milliards en octobre,

  • puis un pic de 800 milliards FCFA.


Face à cette montée en puissance, la BEAC avait progressivement augmenté ses injections pour satisfaire la demande.


Aujourd’hui, même si la liquidité sollicitée reste en progression par rapport au début d’année, elle demeure largement en dessous des niveaux records atteints il y a quelques mois.


Crédit bancaire : une dynamique en question


Cette sous-souscription soulève une interrogation majeure : la machine du crédit tourne-t-elle au ralenti dans la Cemac ?


Dans un contexte marqué par des tensions économiques internationales, une prudence accrue des entreprises et une consommation intérieure sous pression, la timidité de la demande de financement pourrait traduire un attentisme des acteurs économiques.


Pour les observateurs, ce reflux relatif des besoins en liquidité centrale peut être interprété de deux manières :



  • soit les banques disposent d’une trésorerie confortable ;

  • soit la demande de crédit faiblit, signalant un ralentissement de l’investissement et de l’activité.


Dans les deux cas, le message est clair : l’économie sous-régionale n’est plus dans la phase de tension observée fin 2025.


La BEAC face à un nouvel équilibre


L’institut d’émission devra désormais ajuster finement son calibrage monétaire. Trop injecter pourrait créer des excédents de liquidité improductifs. Injecter moins pourrait freiner une reprise encore fragile.


Dans une Cemac en quête de relance durable, la gestion de la liquidité redevient un exercice d’équilibriste.




 CEMAC Banks Leave CFA 134 Billion Untouched in BEAC Liquidity Operation


The signal is significant.


On April 14, 2026, the Bank of Central African States (BEAC) injected CFA 500 billion into the banking system of the six CEMAC countries (Cameroon, Congo, Gabon, Equatorial Guinea, Chad and the Central African Republic).


However, commercial banks absorbed only CFA 365.2 billion, representing a 73% subscription rate. Nearly CFA 134.8 billion remained unused.


Supply Exceeds Demand


The liquidity offer had been increased from CFA 400 billion at the end of March to CFA 500 billion in mid-April, following growing interest from banks in recent weeks.


But this time, demand fell short.


Bankers explain that central bank refinancing is typically used when credit demand exceeds internal liquidity. The moderate uptake suggests that pressure on bank lending remains limited.


Far Below 2025 Record Levels


This situation contrasts sharply with the peaks observed in September and October 2025, when refinancing demand surged to:



  • CFA 650 billion in late September,

  • CFA 700 billion in October,

  • and even CFA 800 billion at its peak.


The current figures, while improving compared to early 2026, remain significantly below those record levels.


What It Means for Credit Growth


The partial subscription raises concerns about the momentum of bank lending across the region.


In a context of global economic uncertainty and cautious investment behavior, weaker liquidity demand could signal slowing credit growth and reduced economic activity.


For BEAC, the challenge now lies in fine-tuning monetary policy to avoid excessive liquidity while supporting recovery across the CEMAC zone.


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Ange NGO

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