RDC : 1,25 milliard $ sur les marchés mondiaux et adieu au dollar cash en 2027
Kinshasa frappe un grand coup. Pour la toute première fois de son histoire, la République démocratique du Congo (RDC) a réussi à lever 1,25 milliard de dollars sur le marché international des euro-obligations. Une opération historique qui affole les investisseurs. En même temps, la Banque centrale annonce la fin programmée du dollar en espèces dès 2027. Explications.
C’est un signal fort envoyé à la planète financière. La RDC, souvent perçue comme un colosse aux pieds d’argile, vient de prouver qu’elle peut séduire Wall Street et la City. Selon Radio Okapi, l’emprunt est structuré en deux tranches : cinq ans à 8,75 % et dix ans à 9,00 %. Résultat ? Les demandes ont dépassé 5,3 milliards de dollars, soit plus de quatre fois l’objectif initial.
« Cette opération démontre le rétablissement de la confiance envers la RDC sur la scène financière internationale », s’est félicité un représentant du ministère des Finances. Et d’ajouter que l’argent servira à booster les infrastructures, notamment dans les transports et l’énergie.
Deux poids lourds ont piloté l’opération : la banque congolaise Rawbank et le géant américain Citibank. Du jamais-vu.
Dédollarisation : la fin du billet vert en liquide
Mais ce n’est pas tout. Alors que l’économie congolaise roule au dollar depuis des décennies, la Banque centrale a décidé de serrer la vis. À partir du 9 avril 2027, plus question d’importer des dollars en espèces ni d’effectuer des transactions en devises étrangères en liquide. Seuls les paiements électroniques en devises resteront autorisés.
Pourquoi une telle mesure ? À cause de la méfiance chronique des Congolais envers leur propre monnaie, le franc congolais. Un traumatisme hérité des années Mobutu (1965-1997), où l’inflation avait atteint 2 000 % par an.
Aujourd’hui, le gouverneur de la Banque centrale, André Wameso, tente un pari risqué mais assumé : stabiliser le franc en accumulant de l’or issu de l’orpaillage local. Parallèlement, le taux directeur baisse de 15 % à 13,5 %, pour soutenir l’économie nationale dans un contexte mondial instable (tensions au Moyen-Orient, etc.).
Un pari historique sous haute tension
Entre l’euphorie des euro-obligations et la douloureuse dédollarisation, la RDC marche sur un fil. Si la confiance des investisseurs étrangers est au rendez-vous, reste à convaincre les commerçants et les ménages de se passer du « billet vert » au quotidien.
Une chose est sûre : le pays de Félix Tshisekedi est en train d’écrire une nouvelle page de son histoire économique. Et toute l’Afrique centrale regarde.
DRC: $1.25 Billion Raised in Bonds and End of Cash Dollar by 2027
For the first time ever, the Democratic Republic of Congo (DRC) has issued eurobonds on global markets, raising $1.25 billion. Demand exceeded $5.3 billion, four times the target. Simultaneously, the central bank will ban cash dollar transactions starting April 9, 2027, to boost the national franc.
The bond is split into two tranches (5 years at 8.75%, 10 years at 9.00%), led by Rawbank and Citibank. Funds will go to transport and energy infrastructure.
To fight dollarization, the DRC central bank, led by Governor André Wameso, will restrict foreign currency cash imports and transactions. Only non-cash foreign currency payments will remain. Gold reserves from artisanal mining will be increased, and the key interest rate cut from 15% to 13.5%.
This marks a historic shift for a country traumatized by 2,000% inflation under Mobutu Sese Seko (1965-1997).
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Didier Cebas K.