Importations alimentaires : la facture du poisson explose en 2025
Le poisson de mer congelé continue de peser lourdement sur le commerce extérieur du Cameroun.
Selon le rapport 2025 de l’Institut national de la statistique (INS) sur le commerce extérieur, le pays a importé 267 259 tonnes de poisson congelé en 2025, contre environ 207 000 tonnes en 2024.
Soit une hausse de plus de 60 000 tonnes en un an, correspondant à une progression de 29,1 %.
Mais c’est surtout en valeur que l’évolution interpelle.
Une facture qui bondit de 63 milliards FCFA
En 2025, ces importations ont coûté 230,8 milliards de FCFA, contre un peu plus de 167 milliards de FCFA l’année précédente.
La facture s’est ainsi alourdie de plus de 63 milliards de FCFA en glissement annuel, soit une progression de 38 %.
Un rythme supérieur à celui de l’augmentation des volumes importés.
Cet écart indique clairement que la hausse ne s’explique pas uniquement par l’augmentation des quantités achetées. Elle traduit également un renchérissement du coût moyen du poisson congelé sur le marché international.
Autrement dit, le Cameroun a importé davantage en 2025 — et a payé plus cher ses approvisionnements.
Un poste clé du déficit commercial
Avec les céréales, le poisson congelé figure parmi les principaux produits alimentaires qui contribuent à creuser le déficit commercial du pays.
Cette dépendance structurelle s’explique par un déséquilibre persistant entre l’offre locale et la demande nationale, estimée à environ 500 000 tonnes par an.
Face à une production nationale encore insuffisante, le recours aux importations demeure massif pour satisfaire la consommation intérieure.
Cap sur l’import-substitution
Pour inverser cette tendance, le gouvernement affiche des ambitions élevées.
Selon le Document de programmation économique et budgétaire 2025-2027 du ministère des Finances, la production halieutique nationale devrait passer de 225 000 tonnes en 2024 à 600 000 tonnes en 2027, soit une hausse annoncée de 166,7 % en quatre ans.
L’objectif est clair : réduire progressivement la dépendance aux importations.
Les autorités misent notamment sur :
- La construction et la réhabilitation des infrastructures de pêche
- Le renforcement des capacités de production
- La mise en œuvre du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique
Si ces projections se concrétisent, le Cameroun pourrait combler une part significative de son déficit structurel et alléger durablement sa facture alimentaire extérieure.
Mais à court terme, les chiffres de 2025 rappellent une réalité économique préoccupante : la sécurité alimentaire du pays reste fortement tributaire des marchés internationaux.
Frozen Fish Imports Surge: Cameroon Spends CFA 230.8 Billion in 2025
Frozen sea fish imports continue to weigh heavily on Cameroon’s trade balance.
According to the 2025 foreign trade report from the National Institute of Statistics (INS), Cameroon imported 267,259 tons of frozen fish in 2025, up from approximately 207,000 tons in 2024 — an increase of 29.1%.
In value terms, imports reached CFA 230.8 billion, compared to just over CFA 167 billion the previous year. This represents a CFA 63 billion increase, or 38% growth year-on-year.
The faster rise in value compared to volume suggests not only higher quantities but also an increase in the average international price of frozen fish.
With domestic demand estimated at around 500,000 tons per year, Cameroon continues to rely heavily on imports to fill the supply gap.
The government aims to boost national fish production from 225,000 tons in 2024 to 600,000 tons by 2027, under its import-substitution strategy targeting agriculture and fisheries.
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Mouahna Divine