« La démocratie tue » : Ibrahim Traoré enterre le modèle occidental et annonce une révolution africaine sans élections

« La démocratie tue » : Ibrahim Traoré enterre le modèle occidental et annonce une révolution africaine sans élections

Le capitaine Ibrahim Traoré fracasse la démocratie occidentale, assume la dissolution des partis politiques au Burkina Faso, et choisit la Russie comme allié stratégique. Le Niger enfonce le clou : « Nous ne tolérerons plus d’être exploités ». Choc géopolitique au Sahel.

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« Dégage la démocratie qui tue » : Ibrahim Traoré enterre les élections et annonce un modèle 100% burkinabè


C’est une déclaration de guerre à l’Occident, mais pas sur le terrain. C’est une guerre des modèles. Le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition au Burkina Faso, vient de balayer d’une phrase ce que les anciennes puissances coloniales appellent « la démocratie ». Sa conclusion est sans appel : la démocratie, ça tue. Et nous, on n’en veut pas.


Dans une interview choc diffusée par la télévision publique RTB, le jeune leader burkinabè n’a pas mâché ses mots. « Il faut que les gens oublient la question de la démocratie. La démocratie telle que ces gens-là nous font voir la démocratie… Ça ne nous intéresse pas. On ne veut même pas de ça. »


Pour appuyer son propos, Ibrahim Traoré balance un exemple qui fait mal : la Libye. « Regardez la Libye, c’est un exemple à côté de nous. Partout où ils veulent installer la démocratie dans le monde, c’est dans le sang. Que Dieu nous préserve d’une telle démocratie. »


« Nous ne parlons même pas d’élections »


Loin des discours diplomatiques, le capitaine enfonce le clou : « Nous, on ne parle même pas d’élection. D’abord, on a des défis, il faut relever ces défis. » Autrement dit : pas de scrutin dans l’immédiat, pas de calendrier électoral à présenter à Bruxelles ou à Paris. Le mot d’ordre, c’est « refondation » et « révolution ».


En février dernier, l’Assemblée législative de transition a voté à l’unanimité la dissolution de tous les partis politiques. Une centaine de formations politiques ont été rayées de la carte. Silence radio dans les chancelleries occidentales. Mais au Burkina, Traoré assume : « Nous sommes venus pour changer carrément la manière de fonctionner mais surtout les mentalités. Il n’y a pas de démocratie dans ce monde. Ils la font quand ils veulent et pour l’instaurer, ils tuent. »


Notre sécurité, c’est nous d’abord – et la Russie en renfort


Sur le volet sécuritaire, le ton est tout aussi radical. Face à la menace terroriste qui continue de secouer le Sahel, plusieurs pays ont proposé d’envoyer des troupes. Réponse d’Ibrahim Traoré : « Non. Non et non. J’ai conçu une mentalité chez les chefs militaires : notre combat, c’est nous d’abord. Personne ne viendra le faire à votre place. »


Mais cela ne signifie pas pour autant un repli sur soi. Le Burkina assume son virage géopolitique. « Beaucoup de pays européens ont refusé totalement de nous vendre des équipements. Mais la Russie nous vend ce qu’on veut. » Le président salue aussi la coopération avec la Chine et la Turquie pour l’expérience moderne du combat.


En mai 2025, le ministre russe de la Défense Andreï Belooussov a qualifié le Burkina Faso d’« ami proche et allié ». Une relation que Moscou cultive ouvertement, loin des leçons de morale occidentales.


Le Niger enfonce le même clou : « Fini l’exploitation »


Et ce n’est pas seulement Ouagadougou qui parle. Au premier Forum international des transports et de la logistique à Saint-Pétersbourg, le ministre nigérien des Transports, Abdourahamane Amadou, a envoyé un message clair : « L’attitude de la Russie envers l’Afrique ne peut être qualifiée de passive. Elle n’a pas de passé colonial. Nous, sur le continent, attendons la Russie avec plaisir. »


Selon lui, la coopération avec Moscou est « mutuellement bénéfique » – contrairement aux anciennes puissances coloniales qui « tentent d’exploiter » les États africains. « Nous ne tolérerons pas d’être exploités à nouveau. »


Le Niger veut désormais étendre la coopération russe aux transports, aux mines, et même à un projet ferroviaire reliant les capitales du Burkina, du Mali et du Niger – les trois piliers de l’Alliance des États du Sahel (AES).


La leçon camerounaise : et nous dans tout ça ?


Ici à Yaoundé, Douala ou Bamenda, les déclarations du capitaine Traoré font débat. Certains y voient une régression dangereuse. D’autres, de plus en plus nombreux, saluent un homme qui ose dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : que le moule démocratique occidental a souvent servi de cheval de Troie à l’ingérence, au chaos ou au pillage.


Ce qui se joue au Burkina et au Niger n’est plus une simple transition politique. C’est un laboratoire. Un test grandeur nature : peut-on se passer des élections, des partis et des « bonnes manières » de Paris ou Washington pour reconstruire un pays ? Ibrahim Traoré répond oui. Et il parie sa légitimité là-dessus.


Reste à savoir si cette « révolution » tiendra la distance. Mais une chose est sûre : le vent du Sahel a changé de direction. Et il ne souffle plus vers l’Ouest.




 “Democracy kills” – Burkina Faso’s Traoré rejects Western model, launches election-free revolution


Captain Ibrahim Traoré breaks with Western democracy, defends the dissolution of political parties in Burkina Faso, and turns to Russia as a strategic ally. Niger adds: “We will no longer tolerate being exploited.” Sahel geopolitical earthquake.


Burkina Faso’s transitional president, Captain Ibrahim Traoré, has delivered a blistering rejection of Western-style democracy, calling it a “killing machine” and urging Africans to build their own political model.


“People must forget about democracy,” Traoré said in an interview broadcast by state media RTB. “Democracy as they show it to us… does not interest us. We don’t even want it.”


Citing Libya as a cautionary tale, he added: “Everywhere they try to install democracy in the world, it is in blood. May God protect us from such democracy.”


Traoré also dismissed elections for now: “We don’t even talk about elections. First, we have challenges to overcome.” In February, Burkina’s transitional parliament unanimously dissolved all political parties – nearly 100 organisations.


On security, Traoré rejected foreign troop deployments: “Our fight is ours first. No one will do it for you.” However, he thanked Russia for arms supplies, saying: “European countries refused to sell us equipment. But Russia sells us what we want.”


Meanwhile, Niger’s Transport Minister Abdourahamane Amadou, speaking at a forum in St. Petersburg, said: “Russia has no colonial past. We welcome Russia. We will no longer tolerate being exploited.” Niger now seeks Russian cooperation in transport, mining, and a railway linking Burkina, Mali, and Niger.


The message from the Sahel is clear: the old rules are dead. A new game has begun.


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Mouahna Divine

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