L’Allemagne traverse une zone de fortes turbulences politiques et économiques. Au cœur de la tempête : le chancelier Friedrich Merz. Sa proposition de voir jusqu’à 80% des réfugiés syriens quitter le pays d’ici 2029 a déclenché une onde de choc au sein même de sa coalition gouvernementale.
Selon Politico Europe, des responsables du Parti social-démocrate (SPD), partenaire de la CDU/CSU au pouvoir, ont qualifié cette annonce d’« irréaliste » et juridiquement fragile. Face au tollé, Merz a tenté d’adoucir sa position, expliquant qu’il visait principalement les migrants « non intégrés » et sans emploi. Mais le mal est fait : la fracture politique est désormais visible.
940.000 Syriens concernés
À la fin du mois de novembre dernier, plus de 940.000 Syriens vivaient en Allemagne. Un chiffre massif qui pèse dans le débat public. Toutefois, les données économiques racontent une autre histoire : environ 60% des Syriens arrivés en 2015-2016 sont aujourd’hui employés, notamment dans des secteurs en tension comme la santé.
Des experts alertent : dans un pays confronté au vieillissement accéléré de sa population, un retour massif de travailleurs syriens pourrait fragiliser davantage le marché du travail et compliquer l’attractivité future de la main-d’œuvre étrangère.
La discussion a même été compliquée par des désaccords avec le président syrien Ahmed al-Charaa sur l’origine du chiffre avancé par Berlin.
Popularité en chute libre : un record historique
La crise migratoire intervient alors que la coalition gouvernementale est en perte totale de vitesse.
Un sondage Infratest dimap pour la chaîne ARD révèle que 84% des Allemands se disent insatisfaits du travail du gouvernement Merz – un record depuis son arrivée en mai 2025.
Seuls 15% des personnes interrogées soutiennent encore la coalition CDU/CSU-SPD.
Les chiffres sont tout aussi sévères pour le chancelier :
76% des Allemands expriment leur mécontentement
Seulement 21% approuvent son action
Le SPD encaisse également le choc :
- Lars Klingbeil chute à 18% d’opinions favorables (-15 points)
- Bärbel Bas tombe à 15%
- Boris Pistorius reste le plus populaire (49%), mais perd 6 points
Côté partis politiques :
- CDU/CSU : 26%
- SPD : 12% (plus bas niveau depuis 2019)
- AfD : 25% (en progression)
- Verts : 14%
- La Gauche : 10%
Le paysage politique allemand est clairement en recomposition.
Industrie en difficulté : la guerre Iran-USA-Israël frappe Berlin
Comme si la crise politique ne suffisait pas, l’économie allemande encaisse un nouveau choc.
La Fédération de l’industrie mécanique allemande (VDMA) annonce une chute de 12% des commandes en février sur un an.
- Marché intérieur : -16%
- Exportations : -11%
- Hors zone euro : -17%
- Zone euro : +6%
La guerre déclenchée le 28 février entre les États-Unis, Israël et l’Iran accentue l’incertitude mondiale. Selon Johannes Gernandt, économiste en chef de la VDMA, « les conflits géopolitiques sont un lourd fardeau pour le climat d’investissement ».
Le moral des industriels se détériore :
- 25% jugent leur situation « bonne » (contre 30% en janvier)
- 26% la jugent « mauvaise »
- 14% anticipent une nouvelle détérioration
Même si 52% espèrent une croissance nominale cette année, l’optimisme reste fragile.
Une Allemagne sous triple pression
Entre crise migratoire explosive, chute historique de popularité et ralentissement industriel aggravé par les tensions géopolitiques, Friedrich Merz affronte l’un des moments les plus délicats de son mandat.
La question est désormais centrale : l’Allemagne peut-elle maintenir son modèle économique tout en durcissant sa politique migratoire ?
Le débat ne fait que commencer.
Germany in Turmoil: Merz Targets 80% of Syrian Refugees for Departure as Approval Ratings Collapse
Germany is facing mounting political and economic pressure. Chancellor Friedrich Merz sparked intense controversy after suggesting that up to 80% of Syrian refugees should leave the country by 2029.
According to Politico Europe, members of the Social Democratic Party (SPD), part of the ruling coalition, criticized the proposal as unrealistic and lacking legal basis. Merz later clarified that he was primarily referring to non-integrated and unemployed migrants.
As of late November, more than 940,000 Syrians were living in Germany. However, around 60% of Syrians who arrived in 2015-2016 are currently employed, many in labor-shortage sectors such as healthcare. Experts warn that a mass return could harm Germany’s aging economy and weaken its ability to attract foreign workers.
Record Low Approval Ratings
An Infratest dimap poll for ARD shows 84% of Germans are dissatisfied with the government — the worst figure since Merz took office in May 2025.
Only 15% approve of the CDU/CSU-SPD coalition.
Merz himself faces 76% disapproval, while SPD leaders have also suffered sharp declines. Meanwhile, the far-right AfD rises to 25%, nearly matching CDU/CSU at 26%.
Industry Hit by Geopolitical Shock
Germany’s mechanical engineering sector reported a 12% drop in orders in February compared to last year. Domestic demand fell 16%, and non-eurozone orders plunged 17%.
The February 28 escalation between the United States, Israel and Iran has further destabilized global investment sentiment.
Germany now faces a triple challenge: migration tensions, political erosion, and economic slowdown.
Allemagne, Friedrich Merz, réfugiés syriens Allemagne, expulsion migrants Allemagne, crise politique Allemagne 2026, sondage ARD Merz, popularité Friedrich Merz, SPD Allemagne, AfD sondage, économie allemande 2026, industrie allemande baisse commandes, guerre Iran Israël États-Unis, VDMA Allemagne, coalition CDU CSU SPD, politique migratoire allemande
Ekanga Ekanga Fernand