« Le Nigeria ne sera pas une décharge humaine » : Abuja met les points sur les i avec Londres
Alors que des rumeurs enflaient sur un hypothétique accord migratoire entre le Nigeria et le Royaume-Uni, le ministre de l’Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a cassé la baraque. Réponse sans ambages : non, Abuja n’acceptera jamais de récupérer des migrants de pays tiers sortis des prisons britanniques. Pendant ce temps, le ciel nigérian devient cher. Très cher.
« Cela n’arrivera jamais »
C’est une sortie qui a fait l’effet d’une douche froide dans les couloirs de la diplomatie. Invité sur la chaîne Channels, le ministre nigérian de l’Intérieur a balayé d’une pichenette ce qu’il considère comme des « informations erronées ». Non, le mémorandum signé avec Londres ne fait pas du Nigeria une terre d’accueil pour des migrants venus d’ailleurs, y compris ceux ayant purgé des peines dans les geôles britanniques.
« Le gouvernement ne permettra rien de tel. Ce gouvernement, sous ce président, ne signera jamais un accord de ce genre. Cela n’arrivera jamais. »
Et le ministre d’appuyer là où ça fait mal : le Nigeria ne sera jamais « une décharge pour migrants » venus d’ailleurs. Selon lui, l’accord ne concerne que les ressortissants nigérians en situation irrégulière au Royaume-Uni – et rien d’autre. Pas de clause cachée, pas d’engagement contraignant. Juste un retour à la maison pour ceux qui ont perdu leur statut migratoire.
Rappelons que le Nigeria compte déjà environ 840 000 étrangers en situation irrégulière sur son territoire. Pas besoin, dit en substance le ministre, d’ajouter une couche.
Pour mémoire, Londres a déjà signé des accords du même acabit avec plusieurs pays africains pour « évacuer » leurs migrants indésirables.
Kérosène : l’addition qui fait mal au ciel nigérian
Pendant que le bras de fer migratoire fait jaser, une autre bombe secoue le secteur aérien. Le prix du kérosène a quasiment triplé en quelques mois. Selon Arise News, qui cite des représentants de compagnies aériennes, la facture est devenue explosive.
- Janvier dernier : 900 nairas le litre (environ 0,65 dollar)
- Fin février : 1 121 nairas (0,80 dollar)
- Aujourd’hui : 2 557 nairas (1,85 dollar)
Une envolée due à la crise dans le Golfe, qui n’épargne personne.
Sauf que dans le ciel nigérian, les compagnies aériennes locales (17 au total) serrent les dents. Le carburant représente déjà 40 % de leurs dépenses. Mais difficile d’augmenter les billets quand la concurrence fait rage et que les clients risquent de filer voir ailleurs.
Résultat : le prix du vol national pour une distance d’environ 900 km tourne entre 80 et 110 dollars. Une hausse modérée, moins de la moitié de l’augmentation réelle du carburant.
Pourtant, les Nigérians boudent de plus en plus l’avion. Le trafic aérien national ne cesse de dégringoler :
- 2022 : 16,2 millions de passagers
- 2023 : 15,8 millions
- 2024 : 15,6 millions
Beaucoup préfèrent la route, faute de moyens. Même à 80 dollars le billet, le ciel reste un luxe pour une grande partie de la population.
Au final, entre les bras de fer diplomatiques et les turbulences économiques, le Nigeria joue sa partition sans rien lâcher. Ni aux sirènes de Londres, ni à la flambée du kérosène.
"Nigeria will not be a dumping ground" – Interior Minister rejects UK migrant deal rumours
Abuja firmly denies any secret agreement to accept third-country migrants from British prisons. Meanwhile, jet fuel prices nearly triple, hitting local airlines hard.
"It will never happen"
Nigeria's Interior Minister, Olubunmi Tunji-Ojo, has strongly rejected press reports claiming that a migration memorandum signed with the UK would involve Nigeria accepting migrants from other countries held in British prisons.
"The government will not allow anything of the sort. This government, under this president, will never sign such an agreement. It will never happen," he said on Channels television.
He stressed that Nigeria would not become "a dumping ground" for migrants serving prison terms abroad. According to him, the agreement only covers the return of Nigerian nationals whose legal stay in the UK has expired or who have lost their migration status. He added that there are no hidden clauses, and the document is not legally binding.
Nigeria already faces its own migration challenges, with around 840,000 foreigners on its territory with expired visas.
Jet fuel price soars
According to Arise News, the price of jet fuel has nearly tripled due to the Gulf crisis – from 900 naira (0.65 USD) per litre in January to 2,557 naira (1.85 USD) today.
Fuel accounts for 40% of airline operating costs. However, fierce competition has kept ticket price increases below half of the fuel rise. Domestic flights (≈900 km) cost between 80 and 110 USD.
Passenger traffic has steadily declined: from 16.2 million in 2022 to 15.6 million in 2024, as many Nigerians cannot afford air travel and prefer road transport.
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Moussa Nassourou