Assemblée nationale : Jean Michel Nintcheu démonte la prorogation du mandat des députés et exige un référendum

Assemblée nationale : Jean Michel Nintcheu démonte la prorogation du mandat des députés et exige un référendum

À l’Assemblée nationale, le député Jean Michel Nintcheu fustige le projet de loi prorogeant le mandat des députés, dénonçant une manœuvre électoraliste et un “copier-coller” gouvernemental. Il réclame un référendum constitutionnel. Détails explosifs.

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Prorogation du mandat des députés : Jean Michel Nintcheu accuse le gouvernement de manipulation électorale


L’Assemblée nationale a vibré sous tension lors de la plénière consacrée à l’examen du projet de loi prorogeant le mandat des députés. À la tribune, le député Jean Michel Nintcheu a livré une charge frontale contre le gouvernement, qualifiant l’exposé des motifs d’« insulte à l’intelligence nationale ».


D’emblée, l’élu a dénoncé un texte qu’il considère comme un simple « copier-coller » de celui ayant justifié la prorogation précédente. « Qu’on se comprenne bien », a-t-il précisé, affirmant ne pas contester le droit du gouvernement à proroger les mandats conformément à la Constitution. Mais pour lui, le problème réside ailleurs : dans l’interprétation « fantaisiste et biaisée » de l’article 15(4) de la Constitution.


Une prorogation à visée électorale ?


Jean Michel Nintcheu accuse le régime de faire de la prorogation « une variable d’ajustement politique ». Selon lui, le pouvoir chercherait à « laisser passer la tempête » après une présidentielle d’octobre dernier au cours de laquelle « votre champion a été fortement malmené, pour ne pas dire battu à plate couture ».


Dans son intervention, le député évoque un calcul électoraliste : proroger pour gagner du temps lorsque les urnes deviennent menaçantes.


Le financement des élections dans la ligne de mire


Le gouvernement invoque notamment des contraintes financières pour justifier le report des législatives, déjà repoussées à 2025. Argument balayé par l’élu, qui estime que le manque d’argent ne saurait constituer un fondement légal et légitime pour proroger à nouveau le mandat des députés.


Il pointe également les difficultés organisationnelles d’ELECAM, dont le budget, souligne-t-il, augmente chaque année.


Scandales financiers et gaspillage public


Dans une attaque particulièrement virulente, Jean Michel Nintcheu met en parallèle les difficultés budgétaires avancées et les scandales financiers ayant ébranlé le pays : Glencore, Covidgate, Cangate, Orgate – cette dernière affaire ayant, selon lui, coûté près de 1200 milliards de FCFA au Trésor public, soit 13,7 % du budget de l’État pour l’exercice 2026.


À ses yeux, invoquer la rigueur financière dans un contexte marqué par « le gaspillage érigé en mode de gouvernement » et « le détournement massif des deniers publics » relève de la contradiction flagrante.


Une question de légitimité constitutionnelle


Au-delà du débat financier, l’élu soulève une interrogation institutionnelle majeure : quelle légitimité pour des députés dont le mandat aurait été prorogé deux fois de suite pour engager des réformes constitutionnelles ?


Estimant que le Parlement ainsi prolongé pourrait manquer de légitimité populaire pour modifier la Loi fondamentale, Jean Michel Nintcheu appelle au rejet pur et simple du projet de loi et propose que les réformes constitutionnelles annoncées soient soumises au référendum.


Une sortie qui relance le débat sur la gouvernance électorale, la transparence budgétaire et la crédibilité institutionnelle à l’approche des prochaines échéances politiques.




Cameroon: MP Jean Michel Nintcheu Slams Bill Extending Lawmakers’ Mandate, Calls for Constitutional Referendum


Tensions flared at Cameroon’s National Assembly during the plenary session examining the bill to extend the mandate of Members of Parliament. MP Jean Michel Nintcheu delivered a scathing critique, describing the explanatory memorandum as “an insult to national intelligence.”


He accused the government of recycling last year’s justification, calling the current text a mere “copy-paste.” While acknowledging the government’s constitutional right to extend mandates under Article 15(4), Nintcheu denounced what he termed a “biased and fanciful interpretation” of the Constitution for political ends.


According to him, the extension has become a “political adjustment variable,” aimed at buying time after what he described as a difficult presidential election last October.


The government cited financial constraints and organizational challenges within ELECAM (Elections Cameroon) as reasons for postponing legislative elections already delayed to 2025. Nintcheu rejected these arguments, questioning how financial hardship could be invoked in a context marked by major financial scandals such as Glencore, Covidgate, Cangate, and Orgate — the latter allegedly costing the state nearly 1,200 billion FCFA.


He further raised concerns about institutional legitimacy, asking whether MPs whose mandates have been extended twice can legitimately vote on constitutional reforms. He called for the rejection of the bill and demanded that any constitutional amendments be submitted to a national referendum.


The debate now intensifies around electoral governance, fiscal accountability, and democratic legitimacy in Cameroon.


 


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Ange NGO

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