Madagascar : État d’urgence énergétique, la Grande Île se rue vers l’uranium et le pétrole lourd

Madagascar : État d’urgence énergétique, la Grande Île se rue vers l’uranium et le pétrole lourd

Face à la guerre dans le Golfe, Madagascar décrète l’état d’urgence énergétique et relance l’extraction d’uranium, de charbon et de pétrole lourd. Décryptage d’une révolution minière sous pression. Lire l’article.

Publicité

Madagascar : État d’urgence énergétique, la Grande Île se rue vers l’uranium et le pétrole lourd


La crise pétrolière provoquée par les fracas du Golfe Persique a sonné le réveil brutal de Madagascar. La Grande Île, étranglée par les coupures d’électricité et les pénuries de carburant, sort enfin la carte minière : uranium, charbon, gaz et pétrole lourd. Le gouvernement mise sur le sous-sol pour sauver la population du black-out total.


Ici, on ne rigole plus avec l’énergie. Après deux prolongations consécutives de l’état d’urgence énergétique — d’abord décrété le 7 avril pour quinze jours, puis rallongé de quinze jours supplémentaires le 23 avril — les autorités malgaches passent à l’offensive.


Le média national rapporte que l’Office national des mines et des industries stratégiques a reçu le feu vert pour accélérer des projets longtemps restés dans les cartons. Objectif : briser l’humiliation des longues coupures de courant et sauver l’économie.


Uranium, charbon, gaz lourd : le triple choc


Concrètement, Madagascar va exploiter l’uranium près des localités de Tranomaro, Makay et Folakara. Parallèlement, l’extraction de charbon reprend dans la région de Sakoa, tandis que le gaz près de Mahaboboka, le grès bitumineux à Bemulanga et le pétrole lourd à Tsimiroro sont remis sur le devant de la scène.


Mais attention : les permis d’exploitation ne sortiront qu’avec l’aval très strict des autorités compétentes. Un contrôle serré pour éviter les dérives, alors que l’île touristique de Nosy Be — vitrine du pays — souffre le martyr face aux ruptures d’approvisionnement.


Tanzanie : 2,3 milliards de dollars pour le rail qui va tout changer


Pendant que Madagascar panse ses plaies énergétiques, la Tanzanie, elle, trace ses rails à toute allure. La banque Standard Chartered a levé 2,3 milliards de dollars pour boucler les troisième et quatrième sections du chemin de fer reliant Dar es Salaam à Mwanza, soit plus de 1 200 kilomètres au total.


Les nouveaux tronçons, longs d’environ 430 kilomètres entre Makutupora et Isaka, seront construits par le géant turc Yapi Merkezi et le chinois China Civil Engineering Construction Corporation.


D’après le site The Citizen, cette manne financière traduit la confiance internationale grandissante dans les ambitions tanzaniennes. Et pour cause : le tronçon Dar es Salaam – Dodoma déjà opérationnel transporte près de 6 millions de passagers et 120 000 tonnes de fret par an. Le temps de trajet ? Il est passé de 12 heures à seulement 3 heures. Moins de carburant, moins de CO?, et une efficacité redoublée.


La feuille de route ne s’arrête pas là : le gouvernement tanzanien veut atteindre 2 500 kilomètres de réseau et connecter le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda et la RDC, ces pays enclavés qui étouffent sans débouché maritime.


Au finish, deux visions de l’Afrique emergente : Madagascar qui sort du sommeil minéral pour éteindre la crise des bougies, et la Tanzanie qui mise sur le rail lourd pour avaler les distances et dominer le commerce régional. Le continent bouge. Vite.




Madagascar: State of Energy Emergency – The Great Island Turns to Uranium and Heavy Oil


The oil crisis triggered by the Gulf conflict has brutally awakened Madagascar. Suffering from power cuts and fuel shortages, the country is now leveraging its mineral wealth: uranium, coal, gas, and heavy oil. The government is betting on mining to rescue its population from a total blackout.


After extending the state of energy emergency twice — first declared on April 7 for 15 days, then extended another 15 days on April 23 — Malagasy authorities are going on the offensive.


According to national media, the Office of National Mines and Strategic Industries has been greenlit to fast-track long-delayed projects. The goal: end the humiliation of frequent blackouts and save the economy.
Uranium, Coal, Heavy Gas – The Triple Shock


Madagascar will mine uranium near Tranomaro, Makay, and Folakara. Coal extraction resumes in the Sakoa region, while gas near Mahaboboka, bituminous sandstone in Bemulanga, and heavy oil in Tsimiroro are back on the table.


However, mining permits will only be issued with strict approval from authorities. This is especially critical as Nosy Be — the island’s main tourist hub — suffers severe supply disruptions.


Tanzania: $2.3 Billion to Build the Railway That Changes Everything


While Madagascar secures its energy future, Tanzania is laying tracks fast. Standard Chartered raised $2.3 billion to complete the third and fourth sections of the Dar es Salaam–Mwanza railway, spanning over 1,200 km.


The new 430-km sections between Makutupora and Isaka will be built by Turkey’s Yapi Merkezi and China’s CCECC.


According to The Citizen, this deal reflects growing global confidence in Tanzania’s infrastructure ambitions. The already operational Dar es Salaam–Dodoma line carries nearly 6 million passengers and 120,000 tons of freight yearly, cutting travel time from 12 hours to just 3 hours — slashing fuel use and CO? emissions.


Tanzania plans to expand the network to at least 2,500 km, connecting landlocked neighbors Rwanda, Burundi, Uganda, and the DRC.


Madagascar, état d’urgence énergétique, guerre Golfe Persique, coupures d’électricité, uranium Madagascar, charbon Sakoa, pétrole lourd Tsimiroro, gaz Mahaboboka, nosy be énergie, transition énergétique Afrique, Tanzanie chemin de fer, Standard Chartered, Dar es Salaam Mwanza, Yapi Merkezi, CCECC, infrastructure ferroviaire Afrique, corridor ferroviaire Afrique de l’Est, fret et passagers Tanzanie, connectivité RDC Rwanda Burundi Ouganda


Didier Cebas K.

Publicité