Selon des informations rapportées par Jeune Afrique et confirmées par les autorités provinciales, l’assaut a été mené à l’aide de drones kamikazes, spécifiquement chargés de sous-munitions. Si le bilan matériel et humain était encore en cours d’évaluation ce mercredi, la symbolique est lourde : l’aéroport Bangoka, qui dessert une métropole de près d’1,5 million d’âmes, est désormais dans le collimateur de la guérilla.
Cette nouvelle attaque survient après deux premiers raids similaires les 31 janvier et 1er février. Une récurrence qui met en lumière l’évolution tactique du Mouvement du 23 mars (M23) et la porosité croissante de l’espace aérien congolais.
Kinshasa pointe du doigt Kigali
Si le M23 revendique rarement ces frappes, le gouvernement congolais ne laisse aucune place au doute. Pour les autorités de la RDC, ces engins volants, d’une précision chirurgicale, ne pourraient pas opérer sans le soutien logistique et technique des forces armées rwandaises (RDF), accusées de parrainer la rébellion tutsie.
Depuis la résurgence du M23 en 2021, le conflit dans l’Est n’a cessé de s’envenimer. Après avoir conquis les chefs-lieux du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les rebelles semblent désormais vouloir étendre leur champ d’action via la guerre asymétrique. L’objectif est clair : semer la terreur, déstabiliser les arrières de l’armée congolaise et prouver que même les grandes métropoles de l’arrière-pays ne sont plus hors de portée.
L’attaque de Kisangani, ville symbole de l’unité nationale jadis chère au maréchal Mobutu, sonne comme un avertissement. Dans ce conflit où les lignes rouges s’effacent les unes après les autres, la question qui taraude désormais les esprits est simple : jusqu’où les drones du M23 peuvent-ils voler ?
DRC: Kisangani Airport Targeted Again by M23 Drones as Conflict Escalates
The international airport of Kisangani, the largest in central Democratic Republic of Congo, has been hit by a new drone attack attributed to the M23 rebels. This marks the third such incident in less than two weeks, raising serious concerns about the expanding range of the insurgency.
According to Jeune Afrique and the Tshopo provincial government, the attack involved kamikaze drones loaded with cluster munitions. The assault targeted Bangoka International Airport, which serves the city of approximately 1.5 million people. Authorities are currently assessing the damage and potential casualties.
The rebel group, which Kinshasa states is backed by the Rwandan army, previously targeted the same strategic site on January 31 and February 1. This repeated targeting of a major civilian infrastructure hub far from the traditional eastern front lines marks a significant tactical shift.
The M23, a predominantly Tutsi group formed in 2012 by former Congolese soldiers, has been leading a major offensive in the eastern DRC since 2021. They have seized vast territories, including the key provincial capitals of Goma and Bukavu. By striking Kisangani, the rebels demonstrate an increased capability for asymmetric warfare, aiming to destabilize the rear bases of the Congolese armed forces (FARDC). The Congolese government continues to accuse neighboring Rwanda of providing decisive support to the M23, allegations Kigali has consistently denied.
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Didier Cebas K.