Initialement, le scrutin devait se tenir début janvier. « Compte tenu de la situation à l’automne, je comptais tenir les élections juste après le Nouvel An. C’est-à-dire début janvier. Il y a eu par la suite certains évènements relatifs évidemment au Groenland », a déclaré la cheffe du gouvernement au quotidien Politiken.
Un calendrier politique bousculé
Au Danemark, le Premier ministre dispose du pouvoir de convoquer des élections à tout moment, à condition qu’elles soient organisées dans un délai maximal de quatre ans après le précédent scrutin. Les dernières législatives remontent au 1er novembre 2022.
En officialisant la date du 24 mars, Mette Frederiksen replace le débat électoral au cœur d’un climat diplomatique tendu, où la souveraineté du Groenland devient un enjeu stratégique international.
Groenland : l’ombre persistante de Washington
Le Groenland, territoire autonome du Royaume du Danemark, est devenu un point de crispation majeur avec les États-Unis. Donald Trump a, à plusieurs reprises, affirmé que l’île devait rejoindre les États-Unis. Lors de son premier mandat, il avait déjà proposé de la racheter. En mars 2025, il s’est dit « certain » que le territoire pourrait être annexé.
Plus récemment, Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, a publiquement remis en question le droit du Danemark à contrôler le Groenland, estimant que l’île devait faire partie des États-Unis.
Ces déclarations ravivent un débat sensible sur la souveraineté, les ressources naturelles arctiques et les enjeux militaires dans une région stratégique face aux ambitions russes et chinoises.
Des sondages serrés, une majorité fragile
Sur le plan intérieur, la bataille électorale s’annonce extrêmement disputée. Les premiers sondages réalisés le 26 février par Megafon et Epinion pour TV2 et Danmarks Radio placent les partis du centre gauche à quelques sièges de la majorité absolue.
Selon TV2, le bloc composé de la Social-démocratie, du Parti populaire socialiste, de la Liste de l’unité, de Venstre et de L’Alternative obtiendrait 88 sièges sur 179. Danmarks Radio leur en attribue 87. Or, la majorité parlementaire nécessite 90 sièges.
Autrement dit, la stabilité politique du Danemark pourrait se jouer à une poignée de députés, dans un contexte international particulièrement sensible.
Un scrutin sous haute surveillance géopolitique
Le report des élections ne relève donc pas d’un simple ajustement de calendrier. Il intervient alors que le Groenland, vaste territoire riche en ressources minières et stratégiquement positionné dans l’Arctique, est au cœur d’une rivalité d’influence.
Pour le Danemark, l’enjeu dépasse la politique intérieure : il s’agit de défendre sa souveraineté face à des déclarations américaines qui bouleversent l’équilibre diplomatique.
Le 24 mars ne sera pas seulement une échéance électorale. Ce sera aussi un test de solidité politique pour Copenhague dans un environnement géostratégique en pleine recomposition.
Denmark Postpones Elections Amid Greenland Tensions and US Pressure
Copenhagen faces mounting geopolitical pressure. Danish Prime Minister Mette Frederiksen has announced that parliamentary elections will be held on March 24, postponing earlier plans for a January vote due to “the situation regarding Greenland.”
Speaking to Politiken, Frederiksen explained that she had initially intended to call elections shortly after the New Year, but “subsequent events related to Greenland” prompted the delay.
In Denmark, the Prime Minister has the authority to call elections within four years of the previous vote, which was held on November 1, 2022.
Greenland at the center of geopolitical tensions
Greenland, an autonomous territory within the Kingdom of Denmark, has become a flashpoint in US-Danish relations. President Donald Trump has repeatedly stated that Greenland should join the United States. During his first term, he proposed purchasing the island, and in March 2025 he expressed confidence that it could be annexed.
White House Deputy Chief of Staff Stephen Miller has also questioned Denmark’s right to control the territory, arguing that Greenland should belong to the United States.
Tight polls ahead of March vote
Recent opinion polls conducted on February 26 by Megafon and Epinion for TV2 and Danmarks Radio show center-left parties close to securing a parliamentary majority. TV2 projects 88 out of 179 seats, while Danmarks Radio estimates 87. A governing majority requires 90 seats.
The March 24 election will therefore be both a domestic political test and a key moment in a broader geopolitical struggle over Arctic influence and sovereignty.
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