BGFIBank Cameroun porte son capital à 50 milliards FCFA : signal fort dans un système bancaire sous pression réglementaire

BGFIBank Cameroun porte son capital à 50 milliards FCFA : signal fort dans un système bancaire sous pression réglementaire

Le paysage financier camerounais conna?t un tournant stratégique. BGFIBank Cameroun vient d?acter une augmentation spectaculaire de son capital social, le faisant passer de 20 ? 50 milliards FCFA. La décision a ?t? valid?e lors du conseil d?administration du 27 f?vrier 2026.

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Pour la filiale, cette recapitalisation traduit « la confiance renouvelée du Groupe dans le potentiel de croissance du Cameroun et sa volonté d’accompagner le développement ambitieux de la filiale ». Mais au-delà du message institutionnel, le mouvement s’inscrit dans un contexte réglementaire plus exigeant.


Un alignement stratégique face au durcissement prudentiel


La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a récemment relevé le capital minimum des banques de la sous-région de 10 à 25 milliards FCFA. Les établissements disposent d’un délai transitoire d’un an pour se conformer à cette nouvelle exigence.


Les banques qui ne respecteront pas ce seuil au 31 décembre 2026 devront soumettre un plan de relèvement du capital avant le 30 juin 2026 au secrétariat général de la COBAC. Objectif : renforcer la stabilité et la résilience du système bancaire en zone CEMAC.


Avec un capital désormais fixé à 50 milliards FCFA, BGFIBank Cameroun se positionne largement au-dessus du minimum réglementaire. Une marge de sécurité qui améliore sa capacité d’absorption des risques, renforce sa crédibilité sur le marché et élargit son potentiel d’intervention dans le financement de l’économie.


Une croissance portée par la performance


La banque relie cette opération à ses résultats financiers. Pour l’exercice écoulé, BGFIBank Cameroun annonce une progression de 18 % de son résultat net, un niveau présenté comme supérieur aux objectifs internes.


Le conseil d’administration considère le Cameroun comme un pôle stratégique pour l’expansion du groupe en Afrique centrale. La filiale locale est appelée à jouer un rôle moteur dans la dynamique régionale de BGFIBank.


Un patrimoine public évalué à plus de 1 500 milliards FCFA


Dans le même temps, les finances publiques camerounaises livrent une photographie inédite de leur patrimoine.


Le recensement en cours dans le cadre du Projet d’appui à la gouvernance financière (PAGFI 3) révèle qu’à fin 2024, la valorisation des actifs détenus par l’État dans les entreprises publiques atteint 1 507,3 milliards FCFA.


Ce chantier vise à identifier, valoriser et intégrer l’ensemble des actifs et passifs publics dans les comptes de l’État, afin d’améliorer la transparence budgétaire et la gestion patrimoniale.


49 entreprises sous la loupe


Les actifs recensés concernent 49 entreprises publiques :



  • 35 sociétés détenues à 100 % par l’État ;

  • 14 sociétés d’économie mixte (SEM), à actionnariat partagé.


Les actifs non financiers regroupent bâtiments administratifs, infrastructures, équipements, terrains et stocks. Les actifs financiers comprennent participations, créances, prêts, avances et disponibilités.


Une dette toujours élevée


Cette évaluation intervient alors que l’endettement des entités publiques demeure significatif. Au 31 décembre 2024, la dette cumulée des entreprises publiques et établissements publics administratifs dépasse 1 000 milliards FCFA, selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA).


L’encours de la dette extérieure directe est estimé à 493,9 milliards FCFA. À elles seules, la Sonara et Camair Co concentrent 96,1 % de cette dette extérieure, notamment à travers des dettes fournisseurs et d’exploitation.


La consolidation progressive des actifs et passifs publics constitue désormais un enjeu central de gouvernance économique, dans un contexte de vigilance accrue sur la soutenabilité de la dette camerounaise.




BGFIBank Cameroon Raises Capital to 50 Billion FCFA as Regulatory Pressure Tightens Across Central Africa


BGFIBank Cameroon has significantly strengthened its financial base by increasing its share capital from 20 to 50 billion FCFA. The decision was approved during the board meeting held on February 27, 2026.


The recapitalization reflects the Group’s renewed confidence in Cameroon’s growth potential and aligns with stricter regulatory requirements introduced by the Central African Banking Commission (COBAC), which raised the minimum capital requirement for banks in the CEMAC zone from 10 to 25 billion FCFA.


By positioning itself well above the new regulatory threshold, BGFIBank Cameroon enhances its risk-absorption capacity and strengthens its competitive stance in the financial market. The bank also reported an 18% increase in net profit for the last fiscal year, exceeding its internal targets.


Meanwhile, under the Financial Governance Support Project (PAGFI 3), Cameroon has valued state-owned assets at 1,507.3 billion FCFA as of end-2024. These assets are distributed across 49 public enterprises, including fully state-owned companies and mixed-economy firms.


However, public entities still carry a debt exceeding 1,000 billion FCFA, with 493.9 billion FCFA in direct external debt. Sonara and Camair Co account for 96.1% of this external debt burden.


The consolidation of public assets and liabilities is now central to improving fiscal transparency and ensuring debt sustainability in Cameroon.



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Mouahna Divine

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