Luanda sort la carte de la paix. C’est une information de dernière minute qui secoue les chancelleries : l’Angola a proposé l’instauration d’un cessez-le-feu entre Kinshasa et le M23 à compter de ce mardi 18 février, à midi. L’annonce, rapportée par le site Actualité, fait suite au tête-à-tête, en début de semaine à Luanda, entre João Lourenço et Félix Tshisekedi.
Officiellement, Lourenço, médiateur désigné dans la crise, peaufine l’organisation d’un "dialogue intercongolais" censé ramener la paix dans les provinces martyres du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Mais sur le terrain, les armes parlent plus fort que les discours. La date de ce dialogue n’a toujours pas été fixée, et l’on est en droit de se demander si ce cessez-le-feu n’est pas un énième pansement sur une hémorragie.
Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de là, une autre bataille fait rage : celle des ressources.
Washington pose ses pions, Kinshasa se défend. En marge de la confence African Mining Indaba au Cap, le ministre de l’Industrie, Louis Kabamba, a tenté d’éteindre un incendie diplomatique. En décembre 2025, un accord-cadre a été signé avec les États-Unis à Washington. Depuis, la rumeur enfle : les Américains auraient obtenu un droit de regard, voire de contrôle, sur les richesses minérales congolaises en échange de leur soutien.
Face aux accusations, Kabamba a été cash : « La RDC n’a rien vendu. » Selon lui, cet accord ne fait que poser les bases pour de futures négociations avec des entreprises privées américaines, et non pour une mainmise de l’Oncle Sam sur le sous-sol congolais. « Certains investiront, d’autres non, mais ils devront se plier au code minier », a-t-il martelé.
Un sous-sol qui attire les convoitises. Difficile pourtant de ne pas faire le lien entre l’insécurité chronique dans l’Est et l’appétit mondial pour les métaux stratégiques. La RDC possède plus de 70% des réserves mondiales de cobalt, vital pour les batteries électriques et l’industrie de défense. Cuivre, coltan, lithium... Le pays est un géant géologique assis sur un tas d’or, mais qui peine à imposer sa loi face aux puissances étrangères et aux groupes armés.
Alors que l’armée tente de reprendre le contrôle face au M23, une question taraude les esprits : le cessez-le-feu de Luanda est-il une réelle opportunité de paix ou un simple répit pour permettre aux grands barons de l’industrie minière de redessiner la carte des investissements ? Dans ce grand jeu d’échecs, Tshisekedi marche sur une corde raide, tiraillé entre la nécessité de protéger son peuple et celle de satisfaire des partenaires aux appétits insatiables.
DRC: Tshisekedi Between the M23 Hammer and the American Anvil – Is the Angolan Ceasefire a Mirage?
As M23 rebels continue to pressure the Congolese army in the east, President Félix Tshisekedi is walking a diplomatic tightrope. With Angola proposing a ceasefire and a controversial mining deal signed with the United States, questions are mounting over whether the DRC's sovereignty is being bargained behind closed doors.
Luanda's Peace Gambit. A high-stakes announcement has emerged: Angola has proposed a ceasefire between Kinshasa and the M23 rebels, set to begin this Tuesday, February 18, at noon. According to the news site Actualité, this initiative follows a meeting earlier this week between João Lourenço and Félix Tshisekedi in Luanda.
Officially, Lourenço is organizing an "inter-Congolese dialogue" aimed at restoring peace to the troubled eastern provinces. However, with no specific date set for the talks, skepticism remains high. Many Congolese wonder if this is just another temporary fix to a deep-rooted crisis.
Washington's Strategic Move. Meanwhile, at the African Mining Indaba in Cape Town, Industry Minister Louis Kabamba was forced into damage control. Since a framework agreement was signed with the U.S. in December 2025, rumors have swirled that Washington secured control over the DRC’s mineral wealth in exchange for political support.
Kabamba refuted these claims, stating, "The DRC has sold nothing." He insisted the deal merely lays the groundwork for future negotiations with American companies, which must still adhere to the national mining code. "Some will invest, some won’t," he emphasized.
A Subsoil of Conflict. The timing is suspicious. The DRC holds over 70% of the world's cobalt reserves, essential for defense technologies and the green energy transition. As the M23 insurgency continues, the intersection of war and minerals becomes impossible to ignore. Is the Luanda ceasefire a genuine step toward peace, or merely a pause to allow international investors to reposition themselves? Tshisekedi’s balancing act between national security and foreign interests has never been more perilous.
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Didier Cebas K.