Terrorisme : Washington envoie 200 militaires au Nigeria, mais pas au combat

Alors que le Nigeria m?ne une offensive d?ampleur contre Boko Haram et l'état islamique en Afrique de l?Ouest (ISWAP), les états-Unis s?apprêtent ? d?ployer 200 soldats sur son sol. Une mission officiellement cantonn?e ? la formation et au renseignement, alors que les frappes conjointes se multiplient.

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Ils ne porteront pas les armes, mais leurs yeux seront dans le ciel. Les 200 militaires américains bientôt déployés au Nigeria n’auront pas de rôle direct dans les combats. C’est ce qu’a tenu à préciser le général Samaila Uba, représentant du ministère nigérian de la Défense, interrogé par Reuters : « Ces militaires ne participeront pas aux combats et ne seront pas engagés directement dans les opérations. »


Une mise au point diplomatique, alors que le Wall Street Journal révélait ces derniers jours l’imminence de ce déploiement. Officiellement, il s’agit de « formation technique » et de « conseil » aux forces locales. Mais sur le terrain, la frontière entre conseil et action se trouble.


Depuis décembre 2025, Abuja et Washington mènent en effet des « frappes conjointes » contre des cellules extrémistes dans quatre États du nord-ouest : Sokoto, Zamfara, Niger et Katsina. Des opérations qui ont permis, selon les autorités, de déjouer plusieurs attentats majeurs.
Le renseignement américain en appui des frappes nigérianes


Le quotidien américain précise que les soldats américains aideront les troupes nigérianes à « exploiter les renseignements afin d’identifier des cibles ». Une coopération stratégique assumée par Kimiebi Imomotimi Ebienfa, porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères, qui évoque un partenariat « en matière d’échange de renseignements et dans d’autres domaines ».


Reste que le Nigeria insiste sur sa souveraineté : « Toutes les décisions opérationnelles seront prises par nos forces, qui continueront à diriger l’ensemble des missions sur notre territoire », martèle le général Uba.
Offensive « décisive » dans le nord-est


Pendant ce temps, sur le terrain, l’armée nigériane ne ménage pas ses efforts. Dans l’État de Borno, berceau historique de Boko Haram, l’opération Hadin Kai — « unité » en haoussa — a été intensifiée.


Le lieutenant-colonel Uba Sani, porte-parole du contingent conjoint, décrit une « offensive décisive » visant à « réduire considérablement les capacités opérationnelles des terroristes ». Selon lui, les troupes ont fait preuve d’une « résilience exceptionnelle » face à l’assaut des combattants d’ISWAP.


Dans la région de Konduga, seize terroristes ont été neutralisés, des armes saisies, et des complices présumés arrêtés. Plus largement, l’état-major nigérian annonce avoir éliminé une trentaine de combattants en une semaine, détruit des bases et des prisons secrètes, et permis le retour de plus de 700 réfugiés nigérians depuis le Cameroun.


Un groupe affaibli mais toujours dangereux


Boko Haram, né en 2002 dans l’État de Borno, a lancé ses premières attaques en 2009. En 2015, l’armée nigériane lui inflige un revers majeur, réduisant drastiquement ses territoires. Mais le groupe, qui a depuis fait allégeance à l’État islamique sous le nom d’ISWAP, a déplacé ses bases vers les pays voisins, notamment autour du lac Tchad.


En 2024, le Nigeria se classait au sixième rang mondial des pays les plus touchés par le terrorisme. Ce nouveau déploiement américain, aussi limité soit-il dans ses prérogatives, marque une étape supplémentaire dans l’internationalisation de la lutte antiterroriste dans le bassin du lac Tchad.




Terrorism in the Sahel: U.S. to Deploy 200 Troops to Nigeria — But “Not for Combat”


While Nigeria ramps up its offensive against Boko Haram and the Islamic State in West Africa (ISWAP), the United States is preparing to deploy 200 soldiers to the country — a mission officially limited to training and intelligence, even as joint airstrikes intensify.


They will not carry weapons, but their eyes will be in the sky. The 200 U.S. troops soon to be deployed to Nigeria will not take part in direct combat. This was made clear by Nigerian Defense Ministry spokesperson General Samaila Uba in an interview with Reuters: “These soldiers will not participate in combat and will not be directly engaged in operations.”


A diplomatic clarification, following reports by the Wall Street Journal that the deployment was imminent. Officially, the mission is focused on “technical training” and “advising” local forces. But on the ground, the line between advice and action is increasingly blurred.


Since December 2025, Abuja and Washington have conducted several “joint strikes” against extremist cells in four northwestern states: Sokoto, Zamfara, Niger, and Katsina. According to authorities, these operations have foiled multiple major attacks.


The Wall Street Journal reports that U.S. personnel will help Nigerian troops “exploit intelligence to identify targets.” A strategic partnership acknowledged by Kimiebi Imomotimi Ebienfa, spokesperson for Nigeria’s Ministry of Foreign Affairs, who spoke of “intelligence-sharing and bilateral cooperation.”


Yet Nigeria is keen to assert its sovereignty: “All operational decisions will be made by our forces, who will continue to lead all missions on our sovereign territory,” General Uba stressed.


Meanwhile, on the ground, the Nigerian army is pressing forward. In Borno State — Boko Haram’s historic stronghold — Operation Hadin Kai (“unity” in Hausa) has been stepped up. Lieutenant Colonel Uba Sani described a “decisive offensive” aimed at “significantly reducing the terrorists’ operational capabilities.” According to him, troops displayed “exceptional resilience” in repelling an ISWAP assault.


In the Konduga area, sixteen fighters were killed, weapons seized, and suspected accomplices arrested. More broadly, Nigerian military command reported the elimination of around thirty militants in one week, the destruction of terrorist bases and secret prisons, and the return of over 700 Nigerian refugees from neighboring Cameroon.


Boko Haram, founded in 2002 in Borno State, launched its first attacks in 2009. In 2015, the Nigerian army dealt it a major blow, drastically reducing its controlled territory. But the group — which later pledged allegiance to the Islamic State and rebranded as ISWAP — has since established bases in neighboring countries, particularly around Lake Chad.


In 2024, Nigeria ranked as the world’s sixth most terrorism-affected country. This latest U.S. deployment, however limited in scope, marks a new step in the internationalization of counterterrorism efforts in the Lake Chad Basin.


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Moussa Nassourou

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