RDC : Entre cessez-le-feu sous conditions, mercenaires américains et ultimatum minier, le pays joue son va-tout

RDC : Entre cessez-le-feu sous conditions, mercenaires américains et ultimatum minier, le pays joue son va-tout

Alors que l?ONU conditionne son aide ? des "garanties de s?curit?" dans l?Est, Kinshasa active tous les leviers : drones priv?s made in USA et nationalisation rampante des géants miniers. Entre guerre hybride et souveraineté économique, la RDC avance ses pions.

Publicité

Sur le papier, un cessez-le-feu "permanent" a été signé. Sur le terrain, l’Est de la République démocratique du Congo reste une poudrière. L’ONU, par la voix de Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, pose ses conditions avant d’envoyer ses Casques bleus à Uvira : "des garanties de sécurité de la part de toutes les parties".


Une mission de reconnaissance aérienne doit précéder tout déploiement. Problème : l’aéroport de Goma est sous contrôle du M23 et l’espace aérien reste quasiment fermé. "Nous n’enverrons pas nos hélicoptères se faire brouiller ou menacer par des drones", prévient Lacroix, gelant de facto l’initiative onusienne.


Pendant que la Monusco (8 000 soldats) temporise, Kinshasa a choisi une autre voie, plus discrète mais tout aussi stratégique.
Les hommes de Prince et les conseillers israéliens dans le Sud-Kivu


Selon des informations révélées par Reuters, Erik Prince, ex-patron de Blackwater, a dépêché une équipe de contrôle de drones à Uvira. Objectif : appuyer les forces spéciales congolaises contre le M23. Ces opérations seraient menées en coordination avec des conseillers israéliens chargés de l’entraînement des troupes d’élite.


Le Département d’État américain assure n’avoir "aucun contrat" avec Prince. Mais sur le terrain, la présence de ces mercenaires high-tech illustre un glissement stratégique. Face à l’enlisement des processus diplomatiques et à la défiance vis-à-vis des forces internationales, Kinshasa privatise discrètement sa guerre.


Ultimatum aux géants miniers : 5% du capital aux employés congolais


Mais le véritable séisme ne vient pas des champs de bataille. Il vient du cabinet du ministre de l’Industrie, Louis Kabamba. D’ici au 31 juillet, toutes les sociétés minières opérant en RDC devront transférer 5% de leur capital-actions à leurs employés congolais.


Une décision brutale, fondée sur le code minier de 2018, mais jusqu’ici restée lettre morte. Elle concerne des mastodontes comme Glencore, CMOC Group, Ivanhoe Mines ou Zijin Mining. Le secteur des télécommunications pourrait être le prochain sur la liste.


Ce n’est plus une réforme. C’est un avertissement. Kinshasa veut sa part, et elle la veut maintenant. Dans un pays où le sous-sol finance les guerres et où les rebellions s’activent au gré des intérêts étrangers, cette nationalisation actionnariale est peut-être l’arme la plus redoutée.




DRC: Between conditional ceasefire, American mercenaries and mining ultimatum, the country goes all in


As the UN conditions its assistance on "security guarantees" in the East, Kinshasa activates all levers: private US-made drones and creeping nationalization of mining giants. Between hybrid warfare and economic sovereignty, the DRC is advancing its pawns.


On paper, a "permanent" ceasefire has been signed. On the ground, eastern DRC remains a powder keg. The UN, through Jean-Pierre Lacroix, sets its conditions before sending Blue Helmets to Uvira: "security guarantees from all parties."


An aerial reconnaissance mission must precede any deployment. Problem: Goma airport is under M23 control and the airspace remains virtually closed. "We will not send our helicopters to be jammed or threatened by drones," warns Lacroix, effectively freezing the UN initiative.


While MONUSCO (8,000 peacekeepers) stalls, Kinshasa has chosen another, more discreet but equally strategic path.


Prince’s men and Israeli advisors in South Kivu


According to Reuters, Erik Prince, former Blackwater CEO, has deployed a drone control team to Uvira. Objective: support Congolese special forces against M23. These operations are reportedly conducted in coordination with Israeli advisors training elite troops.


The U.S. State Department claims it has "no contracts" with Prince. But on the ground, the presence of these high-tech mercenaries illustrates a strategic shift. Faced with stalled diplomatic processes and distrust of international forces, Kinshasa is quietly privatizing its war.


Ultimatum to mining giants: 5% of shares to Congolese employees


But the real earthquake is not coming from the battlefields. It comes from the office of Industry Minister Louis Kabamba. By July 31, all mining companies operating in the DRC must transfer 5% of their share capital to their Congolese employees.


A drastic decision, based on the 2018 mining code but until now unenforced. It concerns giants like Glencore, CMOC Group, Ivanhoe Mines or Zijin Mining. The telecommunications sector could be next.


This is no longer a reform. This is a warning. Kinshasa wants its share, and it wants it now. In a country where the subsoil finances wars and rebellions are activated according to foreign interests, this shareholder nationalization may be the most feared weapon.


RDC, cessez-le-feu, ONU, Monusco, Jean-Pierre Lacroix, Goma, M23, Sud-Kivu, Uvira, Erik Prince, Blackwater, drones, forces spéciales, conseillers israéliens, Rwanda, industrie minière, code minier, Glencore, CMOC, Ivanhoe Mines, Zijin Mining, Eurasian Resources Group, souveraineté économique, nationalisation, capital-actions, employés congolais, Louis Kabamba, Bankable, Africanews, Reuters, ACP


Didier Cebas K.

Publicité

Le calendrier complet de la Can Féminine 2026

Suivez certains matchs en direct grâce à nos partenaires