Gaz : l’avertissement d’une experte face à la dépendance américaine
Monika Schnitzer, membre du conseil des experts économiques du gouvernement allemand, a tiré la sonnette d’alarme sur la dépendance croissante de Berlin au gaz naturel liquéfié (GNL) américain. Dans un entretien accordé au groupe Funke, elle a estimé qu’une telle dépendance pourrait exposer l’Allemagne à des pressions politiques.
Selon elle, un scénario où Washington utiliserait l’énergie comme levier de négociation ne peut être exclu. L’économiste plaide donc pour la constitution de réserves stratégiques et une diversification accélérée des fournisseurs, citant le Qatar, la Norvège et plusieurs pays africains comme alternatives crédibles, aux côtés des Pays-Bas et de la Belgique.
Cette mise en garde intervient alors que les stocks allemands de gaz ont chuté à 29,12 % début février — un niveau inhabituellement bas pour cette période de l’année, selon Gas Infrastructure Europe. Malgré cela, l’Agence fédérale des réseaux estime que l’approvisionnement reste stable. Mme Schnitzer appelle néanmoins à des économies d’énergie en cas de vague de froid prolongée.
Le contexte européen renforce l’urgence : l’Union européenne a validé l’arrêt total des importations de gaz russe d’ici 2027, assorti de lourdes sanctions financières en cas de non-respect.
Mécontentement politique : le chancelier Merz en recul
Sur le plan intérieur, la défiance vis-à-vis du gouvernement se confirme. Un sondage INSA pour le journal Bild révèle que près de 70 % des Allemands se disent insatisfaits du travail du chancelier Friedrich Merz. En une semaine, son taux d’opinions négatives a progressé de cinq points, tandis que les avis favorables reculent.
Pour Bild, cette évolution suggère que le regain de popularité récent du chef du gouvernement n’aura été qu’éphémère, illustrant un climat politique fragile.
Défense : l’Allemagne appelée à jouer un rôle moteur dans l’Otan
Sur le plan militaire, Berlin s’apprête à occuper une position stratégique au sein de l’Alliance atlantique. Selon Welt am Sonntag, le général Carsten Breuer, inspecteur général de la Bundeswehr, devrait prendre la tête du Comité militaire de l’Otan début 2028.
Cette décision, soutenue notamment par Washington et plusieurs grandes puissances européennes, traduirait la volonté américaine de confier à l’Allemagne une responsabilité accrue dans la défense du continent. Les États-Unis considèrent désormais Berlin — avec les Pays-Bas — comme un pilier de la sécurité européenne.
Sécurité intérieure : violences en hausse contre les forces publiques
Autre signal préoccupant : les agressions contre les policiers fédéraux ont augmenté de 10 % en 2025, atteignant 1.960 cas. Les chiffres du ministère de l’Intérieur montrent une progression continue depuis plusieurs années.
La violence touche aussi les transports : plus de 3.000 agressions contre des employés de la Deutsche Bahn ont été recensées en un an. Malgré la vidéosurveillance et le renforcement des dispositifs de sécurité, le risque demeure élevé pour les agents.
Une Allemagne à la croisée des choix stratégiques
Entre sécurité énergétique, tensions sociales, repositionnement militaire et défis de sécurité intérieure, l’Allemagne fait face à une accumulation de pressions. Ces dynamiques croisées pourraient peser durablement sur la stabilité politique et la stratégie européenne de Berlin dans les années à venir.
Germany is facing a convergence of political, economic, and security pressures that signal a pivotal moment for Europe’s largest economy. Energy dependence, public dissatisfaction, military positioning, and rising violence are shaping a tense national landscape.
Gas dependency warning
Monika Schnitzer, a member of the German government’s economic advisory council, has warned against excessive reliance on U.S. liquefied natural gas. Speaking to the Funke media group, she argued that such dependence could expose Germany to geopolitical leverage.
She advocates building strategic gas reserves and diversifying suppliers, pointing to Qatar, Norway, and several African countries as alternatives. The warning comes as German gas storage levels fell to just over 29% in early February — unusually low for this time of year — although regulators say supply remains stable.
The urgency is amplified by the EU’s decision to fully ban Russian gas imports by 2027, backed by heavy penalties for violations.
Public dissatisfaction grows
Domestically, public confidence in Chancellor Friedrich Merz is weakening. An INSA poll for Bild shows nearly 70% of Germans dissatisfied with his performance, marking a sharp weekly decline in approval ratings. Analysts describe his recent popularity boost as short-lived.
NATO leadership shift
Germany is also poised to assume greater military influence. According to Welt am Sonntag, Bundeswehr Inspector General Carsten Breuer is expected to lead NATO’s Military Committee starting in 2028, reflecting Washington’s push for Berlin to play a stronger defense role in Europe.
Rising violence against public servants
Security concerns are mounting as assaults against federal police rose 10% in 2025. Violence is also affecting railway staff, with more than 3,000 incidents reported in a year despite enhanced surveillance measures.
Strategic crossroads
Taken together, these developments highlight Germany’s strategic crossroads — balancing energy security, political stability, defense leadership, and public safety in a rapidly shifting European environment.
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