Microfinance au Cameroun : 385 établissements agréés en 2026, un secteur sous haute surveillance mais moteur du crédit

Microfinance au Cameroun : 385 établissements agréés en 2026, un secteur sous haute surveillance mais moteur du crédit

Le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaz?, a rendu publique la liste officielle des ?tablissements de microfinance (EMF) agr??s au 31 d?cembre 2025, habilit?s ? op?rer sur l?ensemble du territoire national en 2026. Le pays en compte d?sormais 385, contre 390 un an plus t?t, un l?ger recul qui traduit surtout le durcissement du contr?le dans un secteur devenu strat?gique pour le financement de l??conomie.

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Selon la communication ministérielle, cette publication vise avant tout à protéger les usagers face à la prolifération d’EMF clandestins, régulièrement signalés sur le marché. Les autorités rappellent que ces structures jouent un rôle crucial, notamment dans les zones rurales où l’offre bancaire classique demeure limitée. Pour de nombreux ménages et petites entreprises, la microfinance constitue souvent la principale porte d’accès au crédit.


Les chiffres de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) confirment le poids du Cameroun dans la microfinance sous-régionale. En 2024, les EMF camerounais ont octroyé 659,4 milliards de FCFA de crédits aux agents économiques, en progression d’environ 41 milliards sur un an. Ce volume représente 57,6 % du marché du crédit de la microfinance dans la zone Cemac, qui regroupe le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad et la République centrafricaine.


La domination camerounaise est également visible dans la densité du réseau. Sur les 521 EMF agréés dans la Cemac en 2024, 384 étaient localisés au Cameroun, soit près des trois quarts du total. Les crédits distribués par les institutions camerounaises sont ainsi trois fois supérieurs à ceux du Congo et six fois plus élevés que ceux du Gabon, selon les données compilées par la Cobac.


Cette performance s’inscrit dans le sillage du poids économique du pays, souvent présenté comme la locomotive de la Cemac, avec environ 40 % du tissu industriel sous-régional. Une base productive plus diversifiée élargit naturellement le marché des services financiers, profitant à la fois aux banques commerciales et aux EMF.


Cependant, cette dynamique s’accompagne de fragilités. Depuis plusieurs années, le secteur est marqué par des liquidations et des mises sous administration provisoire, suscitant des interrogations sur la sécurité des dépôts. Pour de nombreux observateurs, cette séquence est le résultat direct d’un renforcement de la supervision.


David Kengne, directeur général de Microfinance Academy, explique que la réforme engagée par la Cobac en 2015 a profondément modifié les critères d’évaluation. « Avant cette réforme, le respect des ratios financiers suffisait à qualifier un établissement de sain. Désormais, la gouvernance, le contrôle interne, la conformité et la gestion des risques sont examinés avec la même rigueur », souligne-t-il.


Après une phase de transition achevée en 2020, les contrôles se sont intensifiés à partir de 2021, entraînant la fermeture ou la mise sous tutelle d’établissements jugés non conformes, au Cameroun comme dans le reste de la Cemac. Pour les régulateurs, cet assainissement est indispensable afin de consolider un secteur clé pour le financement de l’économie et restaurer la confiance des usagers.




Cameroon’s microfinance sector: 385 licensed institutions in 2026 amid tighter oversight and strong credit growth


Cameroon’s Minister of Finance, Louis Paul Motazé, has released the official list of microfinance institutions (MFIs) licensed as of December 31, 2025, authorizing them to operate nationwide throughout 2026. The country now counts 385 licensed institutions, slightly down from 390 a year earlier, reflecting stricter regulatory screening in a sector considered vital to economic financing.


According to the official statement, the publication is intended to deter customers from dealing with illegal operators that frequently emerge in the market. Authorities emphasize that MFIs play a critical role, especially in rural areas where traditional banking services remain scarce. For many households and small businesses, microfinance is the primary gateway to credit.


Data from the Central African Banking Commission (Cobac) highlights Cameroon’s dominant position in regional microfinance. In 2024, Cameroonian MFIs extended 659.4 billion CFA francs in loans to economic agents, an increase of about 41 billion year-on-year. This accounts for 57.6% of the microfinance credit market across the CEMAC region, which includes Cameroon, Congo, Gabon, Equatorial Guinea, Chad, and the Central African Republic.


Cameroon’s leadership is also reflected in network coverage. Of the 521 MFIs licensed in the CEMAC zone in 2024, 384 were based in Cameroon—nearly three-quarters of the total. Loan volumes from Cameroonian institutions are roughly three times those of Congo and six times those of Gabon, according to Cobac data.


This performance aligns with Cameroon’s broader economic weight, often described as the engine of the CEMAC region, accounting for around 40% of its industrial base. A more diversified productive sector naturally expands demand for financial services, benefiting both commercial banks and MFIs.


Yet this growth coexists with structural vulnerabilities. In recent years, the sector has seen multiple liquidations and temporary administrations, raising concerns about deposit security. Analysts attribute this trend largely to intensified regulatory enforcement.


David Kengne, CEO of Microfinance Academy, notes that Cobac’s 2015 reform significantly broadened supervisory criteria. Institutions are now assessed not only on financial ratios but also on governance, internal controls, compliance, and risk management.


Following a transition period ending in 2020, inspections intensified from 2021 onward, leading to closures or regulatory takeovers of non-compliant institutions across the region. Regulators argue that this clean-up is essential to strengthen a sector that plays a central role in financing the regional economy and restoring public confidence.


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Mouahna Divine

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