Vente aux enchères de la honte : La SRC liquide le luxe de Polycarpe Abah Abah et des damnés d’Épervier

Vente aux enchères de la honte : La SRC liquide le luxe de Polycarpe Abah Abah et des damnés d’Épervier

Yaoundé, 26-27 juin. La SRC met aux enchères véhicules, sculptures et tableaux saisis chez l’ex-ministre Polycarpe Abah Abah et d’autres condamnés de l’opération Épervier. Un grand déballage judiciaire qui fait trembler les fortunés d’Amity Bank.

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Yaoundé, la cité capitale, s’apprête à vivre deux jours où la justice des hommes se comptera en francs CFA. Les 26 et 27 juin prochains, la Société de Recouvrement des Créances (SRC) passe de la théorie à la pratique : elle met aux enchères publiques les biens saisis de l’ancien ministre Polycarpe Abah Abah et de plusieurs autres grands noms broyés par l’opération Épervier.


C’est une vente que les initiés qualifient déjà de « nettoyage par le vide judiciaire ». Tableaux de maîtres aux cadres dorés, sculptures imposantes, véhicules aux chromes encore brillants, équipements informatiques dernier cri : tout doit disparaître. Le luxe d’un temps révolu, acquis au prix de la prédation financière, sera cédé au plus offrant dans l’espoir d’éponger des dettes colossales.


Dans le collimateur de la SRC, on retrouve le gotha des condamnés du détournement : outre Polycarpe Abah Abah — figure emblématique de cette chasse aux biens mal acquis —, les marteaux frapperont pour solder les passifs de Camille Onana A Zom, Jean-Marie Akono Zé et Félix Mekongo Abéga. L’opération ne s’arrête pas aux célébrités carcérales d’Épervier ; elle élargit ses filets aux débiteurs défaillants des banques fantômes d’hier : Amity Bank, Cambank, UBC et NFC Bank.


Cette vente aux enchères est un signal fort, une sorte de théâtre de la repentance où l’actif matériel de la corruption est socialisé. Pour le citoyen lambda, voir le bien d’un puissant déchu adjugé au grand jour a un goût de revanche. Pour les experts en recouvrement, c’est la preuve que la lente machine judiciaire camerounaise peut, lorsqu’elle le veut, passer de la condamnation pénale à la réparation financière tangible.


Rendez-vous est donc pris. Non pas pour une exposition d’art, mais pour le grand déballage d’un système. Voir pour acheter, acheter pour croire que l’argent du crime peut revenir dans les caisses de l’État. Le marteau d’ivoire est levé. La sentence tombera en millions.




Cameroon: SRC Auctions Off Seized Assets of Ex-Minister Polycarpe Abah Abah and "Operation Sparrowhawk" Convicts


Yaoundé is bracing for a judicial fire sale. On June 26 and 27, the Société de Recouvrement des Créances (SRC) will publicly auction off a stunning collection of assets seized from former minister Polycarpe Abah Abah and other high-profile figures caught in the web of Operation Sparrowhawk.


The sale catalogue reads like the inventory of a fallen plutocrat: masterful paintings, imposing sculptures, luxury vehicles, and high-end computer equipment. All of it will go under the hammer in a bid to recover massive debts owed to the state. This is not just a sale; it is the physical dismantling of opulence built on embezzlement.


Alongside Abah Abah, the auction targets several other condemned debtors, including Camille Onana A Zom, Jean-Marie Akono Zé, and Félix Mekongo Abéga. The net is cast even wider, dragging in defaulting debtors from the defunct banking giants Amity Bank, Cambank, UBC, and NFC Bank.


For a nation tired of grandstanding anti-corruption speeches, this public auction is a rare spectacle of financial justice in motion. It transforms judicial verdicts into liquid assets, sending a chilling message: stolen wealth, no matter how well hidden behind bronze sculptures or tinted car windows, can and will be stripped away.


The auction in Yaoundé promises to be more than a transaction; it is a moment of public reckoning. The hammer is raised, and the ghosts of looted treasuries are about to be sold to the highest bidder.


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Mouahna Divine

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