Tourisme : le Cameroun muscle son parc hôtelier et attire les capitaux, entre boom de l'offre et pari sur le luxe

Tourisme : le Cameroun muscle son parc hôtelier et attire les capitaux, entre boom de l'offre et pari sur le luxe

Le secteur h?telier camerounais a franchi un nouveau cap en 2024, confirmant le tourisme comme l?un des leviers économiques en montée en puissance. Selon le rapport d??valuation ? mi-parcours de la Strat?gie nationale de développement 2020-2030 (SND-30), le pays compte désormais 1 450 ?tablissements d?h?bergement class?s, contre 1 281 en 2022. Une progression qui traduit une intensification des investissements et une structuration progressive de l?offre.

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Cette expansion reste toutefois marquée par une forte concentration géographique. Les régions du Centre (380 établissements) et du Littoral (310) dominent largement le paysage hôtelier, suivies par l’Ouest (230) et le Sud (125). Ce déséquilibre territorial reflète le poids économique de Yaoundé et Douala, tout en soulignant le potentiel encore sous-exploité d’autres bassins touristiques.


En parallèle, la capacité d’accueil progresse sensiblement. Le volume total atteint 35 000 chambres, en hausse de 10 % en deux ans. Cette montée en capacité ne s’est pas traduite par une dilution de la demande : le taux moyen d’occupation grimpe à 72 % en 2024, soit quatre points de plus qu’en 2022. Un indicateur clé qui signale une attractivité renforcée des infrastructures, dans un contexte de diversification de l’offre.


Une branche en accélération


La dynamique dépasse le seul parc hôtelier. La branche hébergement et restauration affiche une croissance de 5,8 % en 2024, contre 4,6 % deux ans plus tôt. Cette accélération est attribuée à la modernisation des services, à l’élargissement des produits touristiques et à l’intensification des campagnes de promotion de la destination Cameroun, tant sur le marché national qu’international.


Ces évolutions soutiennent la chaîne de valeur touristique : emplois dans les services, formation professionnelle, approvisionnement local et artisanat bénéficient indirectement de cette expansion. Le secteur apparaît ainsi comme un multiplicateur économique, capable de stimuler des activités connexes.


Le luxe, nouveau terrain de concurrence à Yaoundé


Le segment haut de gamme concentre une part croissante des investissements, en particulier dans la capitale politique. À Yaoundé, les acteurs établis — tels que Hilton ou Mont Fébé — voient émerger une nouvelle génération de projets structurants.


Parmi les chantiers majeurs figurent le Radisson Serviced Apartments (220 unités attendues en 2026), le Concord International Hotel, déjà opérationnel, l’Hôtel du Lac, tour de 30 étages portée par le groupe belge IIDG, ainsi qu’un futur Méridien. Les enveloppes financières, estimées entre 50 et 90 milliards de FCFA par projet, illustrent le niveau d’engagement requis pour se positionner sur le segment premium.


Douala : croissance et contraintes du haut de gamme


La capitale économique suit une trajectoire comparable. Douala combine établissements récents — Krytal Palace, K Hotel — et hôtels historiques comme Sawa Hôtel ou Akwa Palace. Cette densification de l’offre premium accroît la concurrence sur un marché exigeant.


Un consultant hôtelier basé à Douala rappelle que « l’hôtellerie de luxe est un secteur à forte intensité capitalistique et à haut risque », où la performance dépend d’une stratégie marketing rigoureuse, d’une gestion opérationnelle fine et du respect de standards internationaux. Dans ce segment, la rentabilité repose autant sur la réputation que sur le taux d’occupation.


Structuration et partenariats en ligne de mire


Face à cette montée en gamme, l’État affiche sa volonté de structurer durablement l’offre touristique. Les priorités portent sur le renforcement des normes de qualité, l’encouragement des partenariats public-privé et la valorisation des filières artisanales et culturelles liées au tourisme.


L’objectif est clair : consolider l’attractivité du Cameroun tout en favorisant une croissance équilibrée du secteur. Si les investissements se poursuivent et que la qualité suit la cadence, le tourisme pourrait s’imposer comme un pilier économique capable de générer emplois, recettes et visibilité internationale.




Cameroon’s hotel sector expands as tourism investment rises, with luxury positioning reshaping the market


Cameroon’s hotel industry reached a new milestone in 2024, reinforcing tourism as a growing pillar of the national economy. According to the mid-term evaluation report of the National Development Strategy (NDS-30), the country now counts 1,450 classified accommodation establishments, up from 1,281 in 2022 — a sign of accelerating investment and sector structuring.


Infrastructure remains geographically concentrated, with the Centre region (380 establishments) and the Littoral (310) leading, followed by the West and South. This distribution mirrors economic activity hubs while highlighting untapped tourism potential in other regions.


Total room capacity climbed to 35,000 units, marking a 10% increase over two years. Demand has kept pace: the average occupancy rate reached 72% in 2024, four points higher than in 2022, indicating stronger attractiveness and improved utilization of hospitality infrastructure.


Beyond capacity growth, the accommodation and catering sector expanded by 5.8% in 2024, driven by service modernization, tourism diversification, and intensified promotion campaigns targeting domestic and international markets. The ripple effects extend to employment, training, and local supply chains.


Luxury hospitality is emerging as a competitive frontier, particularly in Yaoundé. Established brands now face new entrants, including the upcoming Radisson Serviced Apartments, the operational Concord International Hotel, the Hôtel du Lac tower project, and a planned Méridien. Investment per project ranges from 50 to 90 billion CFA francs, underscoring the capital intensity of premium positioning.


Douala mirrors this evolution, blending new high-end establishments with legacy hotels. However, profitability in luxury hospitality requires strong marketing execution, operational efficiency, and adherence to international standards — a high-risk, high-return segment.


Government policy aims to structure tourism growth through quality standards, public-private partnerships, and the development of cultural and artisanal value chains. If investment momentum aligns with service excellence, tourism could strengthen its role as a key economic driver.


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Mouahna Divine

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