Iran : le pays plongé dans le noir numérique depuis plus de 60 heures après une flambée de violences

Iran : le pays plongé dans le noir numérique depuis plus de 60 heures après une flambée de violences

L?Iran subit une coupure d?internet g?n?ralis?e depuis plus de 60 heures, selon l?ONG Netblocks, sp?cialis?e dans la surveillance de l?accès au r?seau mondial. Cette mesure draconienne, impos?e depuis le 8 janvier, intervient dans un contexte de troubles sociaux et de violences d'une rare intensité, faisant au moins douze morts parmi les civils et plusieurs membres des forces de l?ordre. Des manifestations économiques qui d?g?nèrent en crise politique

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La crise a débuté le 29 décembre dernier, lorsque des commerçants du centre-ville de Téhéran sont descendus dans la rue pour protester contre l’effondrement du rial, la monnaie nationale. Rapidement, le mouvement a essaimé : des étudiants d’universités de la capitale ont rejoint les protestataires le lendemain, et les troubles se sont étendus à la plupart des grandes villes du pays.


Selon l’agence iranienne Mehr, des individus masqués et armés sont apparus dès le 2 janvier, marquant un tournant dans la nature des manifestations. Les heurts entre manifestants et forces de l’ordre se sont multipliés, dégénérant en affrontements armés.


L’apogée des violences le 8 janvier


La situation a atteint un point critique dans la soirée du 8 janvier. Les violences ont fait au moins douze victimes civiles, dont un enfant, ainsi que plusieurs morts parmi les forces de l’ordre, dont le procureur de la ville d’Esfarayen. Les dégâts matériels sont considérables : le maire de Téhéran, Alireza Zakani, a dénombré 25 mosquées incendiées, 26 banques, 3 centres médicaux et 10 institutions publiques endommagés, sans compter la destruction de dizaines de véhicules de services publics.


Face à cette flambée de violence, les autorités iraniennes ont réagi fermement. Elles ont qualifié les émeutiers de « terroristes » et ont rejeté la responsabilité de l’organisation des troubles sur Israël et les États-Unis. La coupure d’internet, qui entre dans sa troisième journée, est perçue comme une tentative de contenir la propagation des informations et d’empêcher la coordination des manifestants.


Un black-out numérique aux conséquences incertaines


La décision de couper l’accès à internet isole un peu plus l’Iran sur la scène internationale et prive les citoyens d’un canal d’information crucial. Alors que la tension reste palpable, la communauté internationale observe avec inquiétude l’évolution de la situation dans un pays déjà fragilisé par des sanctions économiques et des tensions géopolitiques.


La durée de cette coupure et ses répercussions sur la stabilité du régime restent à évaluer. Une chose est certaine : derrière les troubles économiques initiaux, c’est une crise politique profonde qui secoue l’Iran.


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Iran plunged into digital darkness for over 60 hours following deadly unrest


Iran has been experiencing a nationwide internet blackout for more than 60 hours, according to the cybersecurity monitoring NGO Netblocks. This drastic measure, imposed since January 8th, comes amid social unrest and violence of rare intensity, leaving at least twelve civilians and several security force members dead.


Economic protests escalate into political crisis


The crisis began on December 29th, when merchants in downtown Tehran took to the streets to protest the collapse of the Iranian rial, the national currency. The movement quickly spread: students from universities in the capital joined the protesters the next day, and disturbances extended to most major cities across the country.


According to the Iranian agency Mehr, masked and armed individuals appeared as early as January 2nd, marking a turning point in the nature of the protests. Clashes between demonstrators and security forces multiplied, escalating into armed confrontations.


Peak of violence on January 8th


The situation reached a critical point on the evening of January 8th. The violence claimed the lives of at least twelve civilians, including a child, as well as several members of the security forces, including the prosecutor of the city of Esfarayen. Material damage is considerable: Tehran Mayor Alireza Zakani reported 25 mosques set on fire, 26 banks, 3 medical centers, and 10 public institutions damaged, along with the destruction of dozens of public service vehicles.


Faced with this surge of violence, Iranian authorities reacted firmly. They labelled the rioters as "terrorists" and blamed Israel and the United States for orchestrating the unrest. The internet shutdown, now entering its third day, is seen as an attempt to contain the flow of information and prevent coordination among protesters.


A digital blackout with uncertain consequences


The decision to cut internet access further isolates Iran on the international stage and deprives citizens of a crucial information channel. As tension remains palpable, the international community is watching the evolution of the situation in a country already weakened by economic sanctions and geopolitical tensions with growing concern.


The duration of this blackout and its impact on the regime's stability remain to be assessed. One thing is certain: behind the initial economic troubles, a deep political crisis is shaking Iran.


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Moussa Nassourou

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