Gaz butane au Cameroun : la CSPH joue les équilibristes avec 37 milliards FCFA en 9 mois pour calmer la colère des ménages

Gaz butane au Cameroun : la CSPH joue les équilibristes avec 37 milliards FCFA en 9 mois pour calmer la colère des ménages

Cameroun : l'astuce de la CSPH pour maintenir le prix du gaz hors de la fournaise

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Alors que la pression inflationniste continue de peser sur le pouvoir d'achat des Camerounais, le gaz domestique, élément crucial du quotidien, reste curieusement à l'abri des flambées incontrôlées. Le secret de cette stabilité relative ? Un discret mais colossal mécanisme de subvention dévoilé par nos confrères d'EcoMatin. Un véritable tour de force financier de 37 milliards de francs CFA déployé en seulement neuf mois pour contenir les prix à la pompe.


Contrairement à une idée reçue, ce bouclier tarifaire ne puise pas directement dans les caisses de l'État. L'astuce, aussi ingénieuse que fragile, repose sur les reins de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH). C'est en puisant dans ses recettes propres, générées par ses activités, que la Caisse finance cette opération de sauvegarde sociale. Un modèle qui évite, pour l'instant, une ponction budgétaire supplémentaire mais qui interroge sur sa pérennité face à un marché international volatile.


« C'est un équilibre précaire », analyse Dr Davaric N. un expert du secteur énergétique. « La CSPH agit comme un amortisseur, absorbant une partie du choc des cours mondiaux pour que le citoyen lambda ne sente pas toute la chaleur de la crise. Mais le réservoir n'est pas infini. La question qui brûle les lèvres est : jusqu'à quand ? »


Dans les marchés de Douala à Yaoundé, cette subvention invisible est saluée, mais avec une gratitude teintée d'inquiétude. « On achète encore le kilo de gaz autour de 850 FCFA, c'est supportable. Mais on voit le prix de tout monter. Si le gaz suivait, ce serait l'étincelle », confie Maman Aïcha, gérante d'un "trois-pieces" à New-Bell.


Le gouvernement, par la voix de la CSPH, semble ainsi marcher sur une ligne de crête : protéger le portefeuille des ménages sans asphyxier les finances de l'organisme stabilisateur. Cette stratégie de stabilisation des prix démontre une volonté de juguler la vie chère, mais place la Caisse en première ligne face aux turbulences économiques.


Alors que la consommation ne faiblit pas et que les pressions sur les coûts d'importation persistent, l'œil est désormais rivé sur les comptes de la CSPH. Les 37 milliards déjà injectés dessinent une bataille ardue. Une bataille où le Cameroun tente, pour le moment, de garder le feu allumé dans les foyers sans mettre le feu à ses propres institutions.




Cameroon's Gas Subsidy Dilemma: CSPH Spends 37 Billion CFA in 9 Months to Shield Households


Cameroon's Hidden Battle to Keep Cooking Gas Affordable


As inflationary pressure continues to squeeze the purchasing power of Cameroonians, the price of domestic gas, a crucial household item, has remained oddly resistant to uncontrollable surges. The secret to this relative stability? A discreet yet colossal subsidy mechanism revealed by our colleagues at EcoMatin. A financial tour de force of 37 billion CFA francs deployed in just nine months to keep pump prices in check.


Contrary to popular belief, this price shield does not directly draw from state coffers. The ingenious, yet fragile, trick lies with the Hydrocarbons Price Stabilization Fund (CSPH - Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures). It is by tapping into its own revenue, generated from its activities, that the Fund finances this social safeguard operation. A model that avoids, for now, an additional budgetary drain but raises questions about its sustainability in a volatile international market.


"It's a precarious balance," analyzes Dr Davaric N. an energy sector expert. "The CSPH acts as a shock absorber, taking on part of the impact of global prices so the average citizen doesn't feel the full heat of the crisis. But the tank is not infinite. The burning question is: for how long?"


In markets from Douala to Yaoundé, this invisible subsidy is welcomed, but with gratitude tinged with worry. "We still buy a kilo of gas for around 850 CFA, it's manageable. But we see the price of everything else rising. If gas followed, it would be the spark," says Maman Aïcha, who runs a small restaurant in New-Bell.


Through the CSPH, the government thus appears to be walking a tightrope: protecting household budgets without suffocating the finances of the stabilization fund. This price stabilization strategy demonstrates a will to curb the cost of living but places the CSPH on the front line against economic turbulence.


With consumption holding steady and pressures on import costs persisting, all eyes are now on the CSPH's accounts. The 37 billion already injected outline an arduous battle. A battle where Cameroon is trying, for the moment, to keep the fire lit in homes without setting fire to its own institutions.


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Ange NGO

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