Accises renforcées : les véhicules anciens dans le viseur
La nouvelle grille fiscale introduit deux paliers décisifs :
- 12,5 % pour les véhicules de plus de 12 ans à 20 ans,
- 25 % pour ceux de plus de 20 ans,
et ce, pour toutes les catégories : tourisme, utilitaires, bus ou remorques.
Jusqu’ici, les véhicules âgés de 0 à 15 ans supportaient un taux unique de 12,5 %, tandis que ceux de 20 ans et plus étaient déjà taxés à 25 %. La réforme vient ainsi resserrer le piège fiscal autour des vieux modèles, devenus omniprésents sur les routes camerounaises.
Selon la Direction générale des douanes, plus de 92 % des 1,6 à 2 millions de véhicules d’occasion recensés en 2023 avaient plus de 15 ans. Une situation qui freine la modernisation du parc et complique la lutte contre la pollution et l’insécurité routière.
Des mesures incitatives, mais un marché dominé par l’occasion
Pour inverser la tendance, l’État mise aussi sur des mesures incitatives. Depuis 2019, les importations de véhicules de moins de 10 ans en provenance de l’Union européenne bénéficient d’une suppression totale des droits de douane, conformément aux Accords de partenariat économique (APE). Une façon de rendre les modèles récents plus attractifs que les occasions très vieillissantes, certes bon marché à l’achat, mais coûteuses à entretenir.
Depuis 2025, les véhicules électriques profitent également d’un traitement VIP : exonération totale des droits d’accises et réduction de 50 % de la valeur imposable sur les véhicules neufs, leurs batteries et les bornes de recharge. Une orientation assumée vers la transition écologique, même si les coûts restent encore hors de portée de la majorité des ménages.
Malgré tout, le marché demeure largement dominé par des importations de véhicules anciens. Entre 2021 et 2024, leur valeur a progressé de 12 %, atteignant 105,7 milliards FCFA, selon l’Institut national de la statistique.
Rajeunir le parc : une réforme fiscale ne suffit pas
Les fiscalistes en conviennent : taxer plus les vieux véhicules ne suffira pas à résoudre le problème structurel du parc automobile camerounais. Pour espérer un rajeunissement réel, il faudra aller plus loin — beaucoup plus loin.
Trois chantiers apparaissent incontournables :
- une fiscalité incitative capable de soutenir la création d’une industrie automobile locale,
- la formation d’une main-d’œuvre qualifiée pour accompagner cette industrialisation,
- le relèvement du pouvoir d’achat, condition sine qua non pour permettre aux ménages d’accéder aux véhicules neufs et aux technologies propres.
Sans cela, le marché continuera d’être alimenté par des importations d’occasion venues d’Europe ou d’Asie, avec un vieillissement mécanique du parc.
Cameroon’s 2026 Finance Law Targets Old Imported Vehicles to Boost Revenue and Modernize the National Fleet
Cameroon’s 2026 Finance Law introduces a major shift in the taxation of imported vehicles, significantly raising excise duties on older models. The goal is clear: expand the tax base, strengthen public revenues and push consumers toward newer — preferably electric — vehicles. But in a country where the average vehicle age is 18 years, real modernization will require deeper economic reforms.
Higher excise duties for older vehicles
The new law establishes a progressive rate:
- 12.5% for vehicles between 12 and 20 years old,
- 25% for vehicles over 20 years old,
covering all categories, from passenger cars to buses and trailers.
Until now, vehicles from 0 to 15 years were taxed at a flat 12.5%, while those over 20 years faced 25%. The reform tightens controls on very old imports, which dominate Cameroon’s automotive landscape. According to the Customs Directorate, over 92% of the 1.6 to 2 million used vehicles recorded in 2023 were more than 15 years old.
Incentives for newer and electric vehicles
The government is also maintaining incentives to shift consumer behavior. Since 2019, imports of vehicles under 10 years old from the European Union have been exempt from customs duties under the EPA agreements. Meanwhile, electric vehicles enjoy full exemption from excise duties and a 50% reduction on taxable value for new models and their charging equipment.
Yet, despite these measures, the national market remains dominated by older used vehicles. Their import value jumped 12% between 2021 and 2024, reaching 105.7 billion CFA francs, according to the National Institute of Statistics.
Beyond taxation: bolder reforms needed
Experts argue that higher taxes alone will not rejuvenate Cameroon’s aging fleet. Real progress will require:
- a more attractive tax system to encourage local vehicle assembly,
- skilled labor development,
- and improved purchasing power so households can afford new vehicles.
Without these structural reforms, old used vehicles will continue flooding the market.
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Ange NGO