Crise post-électorale au Cameroun: villes en flammes, tensions maximales après la proclamation de Paul Biya

Crise post-électorale au Cameroun: villes en flammes, tensions maximales après la proclamation de Paul Biya

La situation d?g?nère dangereusement. Il y a un pays qui vacille sous la colère de ses citoyens et la r?pression des forces de défense. Depuis l?annonce par le Conseil constitutionnel de la victoire du président sortant Paul Biya avec 53,66%, les violences se sont propag?es comme un feu incontr?lable ? travers le Cameroun.

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Douala: le cœur économique sous le choc


À Douala, la tension est à son paroxysme. La station Total Énergies de Ngogpassi a été vandalisée et laissée en ruines par des manifestants enragés. Des blindés patrouillent le quartier Brazzaville. Des snipers auraient été positionnés sur le balcon de Santa Lucia Bijou, à Bonamoussadi. Une balle perdue a failli emporter un reporter de la télévision LTM. Des enlèvements de manifestants par des éléments du Bataillon Blindé de Reconnaissance sont signalés, tandis que des tirs à balles réelles ont été entendus dans plusieurs quartiers. Le domicile de la maire de Douala 2, Denise Fampou, a été incendié par des protestataires.


Yaoundé, Bertoua, Garoua: la colère gagne l’Est et le Nord


La Briqueterie, quartier populaire de Yaoundé, est en feu. À Bertoua, le commissariat de Mandjou a brûlé et les locaux d’ELECAM ont été saccagés. Dans la région du Nord, les tensions sont tout aussi meurtrières. Trois personnes auraient été tuées à Guider par les Forces de maintien de l’ordre selon des témoins, entraînant l’incendie du parquet par des manifestants. À Garoua, les Brasseries ont été ravagées par les flammes. Des jeunes et même des enfants sont descendus dans les rues pour contester des résultats jugés frauduleux.


L’Ouest s’embrase: morts à Bafang et tirs à Bafoussa


À Bafang, un jeune a perdu la vie après des tirs à balles réelles des FMO. La police, débordée, a vainement tenté de fuir des manifestants en furie. Le siège du RDPC, tout juste inauguré, a été incendié. À Bandja, c’est le bureau d’ELECAM qui a été détruit. À Bafoussam, les détonations d’armes à feu résonnent encore, signe d’un face-à-face très tendu.


Accusations d’exécutions ciblées devant le domicile de Tchiroma


À Garoua, Issa Tchiroma, qui conteste sa défaite, affirme que cinq snipers tirent à bout portant sur les jeunes mobilisés devant son domicile. Ils seraient positionnés sur la maison du maire de Pitoa, Yerima Dewa, passé dans le camp pro-Biya. Un bilan provisoire fait état de deux morts.


Entre célébrations officielles et chaos sur le terrain


Pendant que le pays s’embrase, le pouvoir célèbre sa victoire. Le RDPC a exprimé sa « joie » après la proclamation des résultats. Le maire de Buea, David Mafany Namange, décrit Paul Biya comme un « sage » qui doit continuer à diriger. Le député Salmana, transfuge du FSNC, danse également à la gloire du chef de l’État. Le président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana, rayonne sous les félicitations, alors que les rues baignent dans le sang et la fumée.



Le président Biya, lui, a livré un message d’apaisement, dédiant ses premières pensées aux victimes des violences post-électorales. Une prise de parole attendue, mais loin d’éteindre les braises d’une contestation qui s’étend et qui semble avoir franchi un point de non-retour.


Un Cameroun fracturé face à son avenir


Ce lundi 27 octobre 2025 restera gravé comme l’un des jours les plus noirs de l’histoire politique récente du pays. Le peuple conteste, la répression se durcit, et les institutions jurent que tout est conforme. Le Cameroun entre dans une zone d’incertitude grave, avec une seule question suspendue au-dessus du chaos: qui va arrêter l’engrenage avant que la crise ne devienne incontrôlable?



 




Post-Election Crisis in Cameroon: Cities Burning as Paul Biya’s Victory Ignites Nationwide Uprising


Cameroon is on fire. Violent clashes and deadly crackdowns erupted across the country after the Constitutional Council declared President Paul Biya re-elected with 53.66% amid accusations of massive fraud.



Gas stations, police buildings and ELECAM offices have been torched. Armored vehicles now patrol streets. Live rounds have been fired. Snipers are allegedly targeting protesters. Dozens have been injured and several killed.



While the ruling party celebrates, the streets refuse to accept the verdict. The political future of Cameroon has never been more uncertain.



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Didier Cebas K.

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