Le Barreau condamne les violences et destructions enregistrées notamment dans la ville de Bafoussam, avec les incendies de tribunaux ayant entraîné la perte d’archives essentielles, y compris des registres d’état civil et des casiers judiciaires, un préjudice institutionnel qualifié de « très grave ».
Arrestations ciblées et morts suspectes
Dans un contexte d’arrestations massives qu’il juge « illégales » et « ciblées », le Barreau rappelle que le droit de manifester pacifiquement est universel et inaliénable. Il se dit consterné par plusieurs incidents jugés emblématiques de la dérive sécuritaire actuelle:
- La mort trouble de Madame Zouhaira, enseignante à Garoua, attribuée à des éléments des forces de maintien de l’ordre
- L’enlèvement et l’assassinat de l’honorable Abe Michael par des groupes armés sécessionnistes dans le Nord-Ouest
- Les arrestations annoncées d’Anicet Ekane, Djeukam Tchameni et de militants du FSNC
- L’interpellation de l’activiste Fabrice Guera à Douala
- Des arrestations de mineurs et travailleurs sans lien avec les manifestations
- L’interdiction d’accès à la ville de Garoua visant l’universitaire Pr Jean Calvin Abba Oyono, dont l’arrestation serait imminente
Le Barreau appelle le gouvernement et les acteurs politiques à une retenue maximale, rappelant que la paix reste fragile et doit être « nourrie par tous ».
Un appel au Conseil Constitutionnel
L’heure étant décisive, l’Ordre des avocats invite les institutions à se recentrer sur leurs responsabilités constitutionnelles.
Le Bâtonnier exhorte le Conseil Constitutionnel à « rendre la justice en proclamant des résultats qui reflètent la volonté authentique du peuple camerounais », seule voie, selon lui, pour ramener le calme et éviter une crise plus grave.
Le Barreau annonce enfin que sa Commission des droits de l’Homme veillera à la protection des droits de toutes les personnes arrêtées et exige leur libération immédiate lorsqu’aucune procédure légale n’est respectée.
Dans un pays où la tension reste à son paroxysme, ce communiqué sonne comme un avertissement institutionnel: l’État doit retrouver le chemin du droit pour préserver l’unité nationale.
Post-election crisis: Cameroon Bar Association urges Constitutional Council to declare results that reflect the people’s true will
The Cameroon Bar Association has issued a strong statement expressing deep concern over the deteriorating human rights situation since the October 12, 2025 presidential election. Bar President Eric Mbah denounces illegal arrests, targeted repression, and fatal incidents involving civilians.
The Bar condemns violence from all sides and calls on the Constitutional Council to restore calm by announcing results that genuinely reflect the people’s vote. The Human Rights Commission of the Bar will ensure that the rights of all detainees are protected and demands their immediate release when due process is violated.
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Didier Cebas K.