Orange Cameroun face ? la justice : un procès ? Douala sur 3 milliards de FCFA de primes impay?es

Orange Cameroun face ? la justice : un procès ? Douala sur 3 milliards de FCFA de primes impay?es

Le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo ouvre ce jeudi une audience qui pourrait faire date dans l?histoire sociale du Cameroun.

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Orange Cameroun et son directeur général, Patrick Benon Omontetcho, sont cités à comparaître après une plainte déposée par le Syndicat national autonome des travailleurs des nouvelles technologies de l’information et de la communication (Syntic). En jeu : plus de 3 milliards de FCFA de primes d’ancienneté que l’opérateur est accusé d’avoir indûment retenus entre 2010 et 2019.



Selon la convention collective de 2010, chaque salarié doit bénéficier d’une prime équivalente à 4 % de son salaire de base après deux années de service, puis 2 % de plus par année supplémentaire, sans limite. Mais d’après le Syntic, Orange Cameroun aurait contourné l’esprit du texte en calculant les primes sur l’échelon salarial le plus bas, réduisant drastiquement les montants dus.


Une bataille juridique à rebondissements


« Le Syntic a d’abord saisi l’inspection du travail de Douala pour une tentative de conciliation. Mais l’employeur a toujours joué au dilatoire », dénonce Koungou Corneille, président du syndicat. Après un procès-verbal de non-conciliation signé à la DRTSS du Littoral, le dossier est passé par la Chambre d’arbitrage, sans suite tangible. « En concertation avec notre avocat, nous avons décidé d’utiliser la procédure de citation directe, validée par le procureur de la République puis par le procureur général », poursuit-il.



Le bras de fer ne date pas d’hier. En 2017 déjà, le ministère du Travail avait reconnu la légitimité des revendications, obligeant Orange Cameroun à admettre une « erreur d’appréciation ». L’entreprise avait alors opéré un rappel partiel de paiements, jugé insuffisant par le Syntic qui parle d’un « saupoudrage ».


157 ex-salariés concernés


Aujourd’hui, le syndicat réclame la désignation d’un expert indépendant pour recalculer les sommes dues aux salariés lésés et à leurs ayants droit. Au total, 157 anciens employés ayant quitté Orange Cameroun avant 2019 seraient concernés.



Au-delà des chiffres, l’affaire revêt une portée symbolique : elle interroge la capacité des syndicats camerounais à faire respecter le droit du travail face à une multinationale dans un secteur stratégique comme celui des télécommunications.



 




Orange Cameroon in Court: Landmark Trial in Douala Over CFA 3 Billion Unpaid Seniority Bonuses


The Douala-Bonanjo Court of First Instance opens a hearing today that could reshape labor relations in Cameroon. Orange Cameroon and its CEO, Patrick Benon Omontetcho, are facing legal action from the National Autonomous Union of ICT Workers (Syntic). At stake: more than CFA 3 billion in unpaid seniority bonuses allegedly withheld between 2010 and 2019.



The 2010 collective agreement stipulates that employees are entitled to a 4% bonus of their base salary after two years of service, increased by an additional 2% for each subsequent year, with no cap. However, Syntic claims that Orange Cameroon calculated these bonuses based on the lowest salary grade, thereby slashing the amounts owed.



The case involves 157 former employees and could set a precedent for labor rights enforcement against multinationals in Cameroon’s booming telecom sector.



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Mouahna Divine

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