Cameroun : 75% du r?seau routier en état d?grad?, des milliards manquent pour bitumer et entretenir les routes

Cameroun : 75% du r?seau routier en état d?grad?, des milliards manquent pour bitumer et entretenir les routes

Le constat est implacable : malgré l?extension du r?seau routier national ces 40 dernières années, le Cameroun peine toujours ? transformer ses routes en v?ritables leviers de développement.

Publicité

Selon les données officielles du ministère des Travaux publics, seulement 10 576 km de routes étaient bitumées au 31 décembre 2024, soit à peine 8,6 % d’un linéaire national désormais évalué à 121 873 km.



Une performance en demi-teinte, puisque si la taille du réseau a bondi de 121 % depuis les années 1980, les capacités d’investissement n’ont pas suivi. Les financements font cruellement défaut, au point que même l’entretien courant devient un casse-tête budgétaire. Le Fonds routier estime les besoins pour 2025 à 1 097 milliards de FCFA, mais seules 100 milliards sont disponibles, laissant un gap abyssal de 900 milliards. Résultat : 75 % du réseau est jugé en état médiocre ou mauvais, contre seulement 25 % en état satisfaisant.


Les partenaires financiers sous pression


Face à cette situation, le Cameroun multiplie les appels à l’aide. En septembre 2024, à Abidjan, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, sollicitait un soutien renforcé de la Banque africaine de développement (BAD), déjà premier partenaire avec une enveloppe de 824,8 milliards de FCFA, couvrant 54 % des projets routiers. Quelques jours plus tôt, à Beijing, le président Paul Biya avait plaidé auprès de Xi Jinping pour une intensification des investissements chinois, présentant les projets routiers camerounais comme de véritables « niches d’opportunités ».


Des chantiers en souffrance


Sur le terrain, les difficultés se matérialisent par des retards chroniques et des dépassements budgétaires. La boucle de la Lekié (Centre), longue de 81 km, engagée depuis décembre 2022, affiche un taux d’exécution de 53 % seulement, à quatre mois de la fin du délai contractuel. Les coûts explosent : 9,8 milliards de FCFA supplémentaires sont nécessaires, soit une hausse de près de 38 % du budget initial.



Même scénario sur l’axe Edéa-Kribi (146 km), stratégique pour le port en eau profonde. Les travaux de confortation menés par Somaf sont à l’arrêt depuis juillet 2025, l’entreprise ayant démobilisé ses équipes sous prétexte des pluies. Le ministère des Travaux publics a haussé le ton, exigeant une remobilisation immédiate sous peine de mise en demeure. Pourtant, ce chantier de 3,4 milliards de FCFA, financé en partie par la BAD, avait déjà atteint 82 % d’avancement.


Un enjeu majeur pour l’économie


Alors que le pays ambitionne de devenir un hub sous-régional, la faiblesse des infrastructures routières constitue un véritable frein. Faute d’entretien et de financements suffisants, les routes camerounaises continuent de se dégrader, pénalisant la compétitivité économique, l’attractivité des investissements et la mobilité des populations.



La route reste donc un chantier sans fin, où les milliards manquants coûtent plus cher encore que les travaux non réalisés.




Cameroon: 75% of roads in poor condition as billions missing for paving and maintenance


Cameroon’s road infrastructure paints a troubling picture. Official figures from the Ministry of Public Works show that by December 31, 2024, only 10,576 km of roads were paved, representing just 8.6% of the national network, which now stretches over 121,873 km—more than double its size in the 1980s.



Despite this growth, financial constraints cripple both construction and maintenance. The Road Fund estimates that 1,097 billion CFA francs are needed in 2025, yet only 100 billion have been secured, leaving a staggering gap of 900 billion CFA. As a result, 75% of Cameroon’s road network is in poor or bad condition.



The government is seeking greater support from partners like the African Development Bank, already the largest investor with 824.8 billion CFA francs, and China, following President Paul Biya’s plea to Xi Jinping in Beijing.



On the ground, key projects such as the Lekié loop and the Edéa-Kribi road are facing delays, cost overruns, or outright abandonment by contractors, further jeopardizing Cameroon’s economic ambitions.



Roads remain one of the country’s greatest challenges—and opportunities.



 


Cameroun routes, bitumage Cameroun, infrastructures routières Cameroun, BAD Cameroun, entretien routier, routes dégradées Cameroun, Paul Biya Xi Jinping routes, Arab Contractors Cameroun, Somaf Cameroun, route Edéa-Kribi, boucle de la Lekié, financement routier Cameroun, économie Cameroun, travaux publics Cameroun



Didier Cebas K.

Publicité

Le calendrier complet de la Coupe du Monde 2026

Suivez certains matchs en direct grâce à nos partenaires