Cameroun : Quand l?alphabet phon?tique d?truit nos langues nationales

Cameroun : Quand l?alphabet phon?tique d?truit nos langues nationales

Au Cameroun, près de 450 centres publics d?alphab?tisation et de promotion des langues nationales sont aujourd?hui ? l?arr?t.

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Centres d’alphabétisation fonctionnelle (CAF), Centres d’éducation de base non formelle (CEBNF) et Centres de promotion des langues nationales (CPLN) : tous sont frappés par l’absence de chefs de centres, d’alphabétiseurs et de moniteurs qualifiés.



Dans une lettre adressée au Ministre de l’Éducation de base, Patrice Nganang, professeur et écrivain camerounais de renommée internationale, pointe du doigt une cause méconnue mais majeure : l’Alphabet général des langues camerounaises (AGLC). Cette adaptation camerounaise de l’Alphabet Phonétique International (API), introduite dans les années 1970 pour la transcription des langues nationales, serait à l’origine du désintérêt et de l’inaccessibilité de l’enseignement des langues locales.



Selon Nganang, « la phonétisation imposée par l’AGLC rend la lecture de nos langues extrêmement difficile, demandant une formation spécialisée que peu de Camerounais possèdent ». Le résultat est dramatique : des langues vidées de leurs locuteurs naturels, des alphabétiseurs en pénurie et l’impossibilité de vulgariser nos langues à travers les médias écrits, alors même qu’elles disposaient, pendant la période coloniale, de journaux et de publications florissantes.



Pour l’écrivain, la solution est claire et radicale : interdire l’usage de l’AGLC dans l’enseignement, et favoriser les systèmes d’écriture en alphabet latin déjà testés et fonctionnels, tels que ceux développés par le Pr. Nde et d’autres chercheurs camerounais. Selon lui, c’est le seul moyen de sauver l’enseignement et la transmission de nos langues nationales, mais aussi de réparer une erreur historique datant de 1973.



Le temps presse : la rentrée scolaire 2025-2026 approche, et l’avenir de centaines de milliers d’apprenants dépend de décisions courageuses au sommet de l’État.



 




Cameroon: When the Phonetic Alphabet Undermines Our National Languages


In Cameroon, nearly 450 public literacy and national language promotion centers are currently inactive. Functional Literacy Centers (CAF), Non-Formal Basic Education Centers (CEBNF), and National Language Promotion Centers (CPLN) are all affected by a lack of center leaders, literacy instructors, and qualified language monitors.



In a letter to the Minister of Basic Education, Patrice Nganang, a renowned Cameroonian professor and writer, highlights a little-known but critical cause: the General Alphabet of Cameroonian Languages (AGLC). This Cameroonian adaptation of the International Phonetic Alphabet (IPA), introduced in the 1970s to transcribe local languages, is blamed for making the teaching of native languages inaccessible and discouraging learners.



According to Nganang, "the phonetic system imposed by the AGLC makes reading our languages extremely difficult, requiring specialized training that few Cameroonians possess." The consequence is dramatic: languages losing native speakers, a shortage of literacy instructors, and the impossibility of spreading local languages through print media, even though they flourished in newspapers during the colonial era.



Nganang calls for a bold solution: ban the use of AGLC in education and promote Latin-based writing systems that have been successfully developed by Cameroonian researchers. He argues that this is the only way to preserve the teaching and transmission of national languages and to correct a historical mistake made in 1973.



Time is running out: the 2025-2026 school year is approaching, and the future of hundreds of thousands of learners depends on courageous decisions from the top.



 


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Silognhia Edwige (Stagiaire)

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