L’enfant, tué le 10 mai dernier par le père de l'artiste Lydol, selon les premiers éléments, est devenu le symbole d’un drame national. Pourtant, alors que les ministres se succèdent au domicile familial pour exprimer leur soutien, l’enquête judiciaire semble au point mort.
Ce jeudi 22 mai, ce sont les ministres Thérèse Abena Ondoa (Promotion de la Femme et de la Famille) et Madeleine Tchuinte (Recherche scientifique et Innovation), accompagnées du Secrétaire d’État à l’Éducation de base Vivian Asheri Kilo, qui ont présenté leurs condoléances à la famille endeuillée. Un geste salué, mais que plusieurs citoyens jugent tardif et sans effet réel, en l’absence d’avancées tangibles dans le dossier judiciaire.
Le journal Cameroon Tribune, organe officiel du gouvernement, a pour sa part insisté sur l’attention personnelle du chef de l’État, Paul Biya, sur ce dossier. Son message de condoléances a été transmis par la délégation ministérielle, signe d’un suivi au plus haut sommet.
Mais dans l’opinion publique, cette compassion officielle contraste avec l’inaction perçue sur le terrain judiciaire. Pourquoi l'auteur de ce crime odieux est-il toujours en liberté ? Où en est l’enquête ? Silence radio.
Le quotidien privé Mutations, lui, tire la sonnette d’alarme : Mathis n’est pas une victime isolée. Au moins cinq autres personnes ont été tuées de sang-froid ces dernières semaines, dans des actes d’une violence gratuite. Le pays semble être en proie à une montée inquiétante de l’ensauvagement social. Et chaque silence des autorités, chaque enquête qui piétine, creuse un peu plus le fossé entre les institutions et les citoyens.
Pour de nombreux Camerounais, l’affaire Mathis est un test moral pour la République. La compassion ne suffit plus. Ils veulent des réponses. Ils exigent la justice.
Murder of Little Mathis: Government Condolences, but Justice Stalls
Nearly two weeks after the heartbreaking murder of six-year-old Mathis in Yaoundé, the nation remains in shock. The young boy was allegedly killed by a friend of his father on May 10. While ministers and officials continue to visit the grieving family, the investigation shows no visible progress, raising public frustration.
On Thursday, May 22, Ministers Thérèse Abena Ondoa (Women’s Empowerment and Family) and Madeleine Tchuinte (Scientific Research and Innovation), along with State Secretary for Basic Education Vivian Asheri Kilo, visited the family to deliver condolences and a personal message from President Paul Biya.
According to Cameroon Tribune, the president is “personally attentive” to the case, a message relayed by the ministerial delegation. But on the streets, the reaction is more skeptical: Where is the justice? Where are the arrests? The authorities’ silence is seen by many as a sign of negligence or worse—complicity.
Mutations, a private daily, highlights that Mathis is not alone. At least five other violent killings have occurred recently, signs of a growing culture of brutality and impunity. For many, this is not just a tragedy—it’s a mirror of a society unraveling.
The nation mourns, yes—but it also demands answers. Justice for Mathis is now a demand of conscience.
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Ange NGO