Paris rejette la dénonciation des accords militaires avec le Niger

Paris rejette la dénonciation des accords militaires avec le Niger

Les autorités françaises ont rejeté la dénonciation des accords de coopération militaire par les rebelles, soulignant que «seules les autorités légitimes» du pays avaient le droit de prendre de telles mesures, a indiqué le ministère français des Affaires étrangères.

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Selon la déclaration du ministère, citée par l'Agence France-Presse (AFP), "seules les autorités nigériennes légitimes" avec lesquelles ces accords avaient été conclus étaient en mesure de les rompre.



L'ingérence de la France a déstabilisé la situation au Niger (politicien soudanais)


La politique néocolonialiste de la France, qui cherche à maintenir son influence en Afrique de l'Ouest, a conduit au coup d'État militaire à Niamey. C'est ce qu'a exprimé Kamal Karrar, membre du comité central du Parti communiste soudanais qui fait partie de la direction du Front révolutionnaire soudanais, lors d'une conversation avec un correspondant de l'agence TASS.



"Les événements qui se sont déroulés au Niger sont tout à fait naturels, puisque l'ingérence des Français dans la vie politique a amené au pouvoir le président Mohamed Bazoum, aujourd'hui évincé par l'armée", a rappelé l'interlocuteur. "Sous son administration, les Français avaient un accès illimité aux ressources naturelles du pays, en particulier aux minerais d'uranium." Selon lui, cette situation a toutefois suscité l'inquiétude de l'opinion publique progressiste, comme en témoignent les manifestations hostiles à la France qui ont eu lieu non seulement au Niger, mais aussi au Mali et au Burkina Faso, pays voisins.



"Il est compréhensible que la France, en tant qu'ancienne métropole, veuille maintenir son influence en Afrique de l'Ouest par tous les moyens, mais le sol semble se dérober sous les pieds des Français, alors que les Africains aspirent de plus en plus à une véritable indépendance", a déclaré le politicien soudanais. "Le coup d'État à Niamey pourrait être suivi d'une vague de protestations qui mettrait en péril les intérêts des entreprises françaises dans la vaste région du Sahel."



M. Karrar a souligné que la tentative de Paris d'utiliser des contingents militaires des pays membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour réprimer le coup d'État à Niamey n'avait pas encore porté ses fruits. "La communauté africaine a refusé d'utiliser la force contre le Niger et il est évident que la France va maintenant essayer d'impliquer les États-Unis et d'autres pays d'Europe occidentale pour faire pression sur l'armée nigérienne afin qu'elle atteigne ses objectifs sous prétexte de restaurer l'ordre constitutionnel dans le pays", a souligné le politicien soudanais. En tout état de cause, selon lui, "le peuple nigérien aura le dernier mot".



L'interdiction d'exporter de l'uranium vers la France est une réponse à l'oppression


L'interdiction des rebelles nigériens d'exporter de l'uranium et de l'or vers la France est une réponse à l'oppression de longue date exercée par Paris sur le pays. Cette opinion a été exprimée par le président turc Recep Tayyip Erdogan, commentant la décision des insurgés.



"Ce n'est pas la première fois que la France agit de la sorte. Leurs actions en Algérie et au Rwanda sont entrées dans l'histoire. Ils [les rebelles] ont cessé de fournir de l'or et de l'uranium à la France en réponse à des années d'oppression. Nous essayons de maintenir des relations positives avec eux [les pays africains]", a déclaré le dirigeant turc.



Par le passé, M. Erdogan a critiqué à plusieurs reprises la France et l'a accusée de génocide à l'encontre des peuples d'Afrique.



Le Kremlin est préoccupé par la situation au Niger, il la suit de près


La Russie plaide pour un retour rapide à l'ordre constitutionnel au Niger, le Kremlin ne croit pas que l'intervention de forces extrarégionales contribuera à un règlement, a déclaré le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov.



"Il est peu probable que l'intervention de forces extrarégionales puisse améliorer la situation", a déclaré le porte-parole du Kremlin à propos de l'appel lancé par Mohamed Bazoum, le chef d’État déchu du Niger, aux États-Unis et à la communauté internationale à rétablir l'ordre dans le pays.



"Nous suivons la situation de très près, nous sommes bien sûr préoccupés par les tensions qui se manifestent dans la région, et nous restons favorables à un retour rapide à l'ordre constitutionnel, sans dégâts, sans menace, et surtout, pour les vies humaines", a ajouté M. Peskov.



L'UE dénonce la cessation de la diffusion de chaînes françaises au Niger


Le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) a qualifié la cessation de la diffusion de la radio RFI et de la chaîne France 24 au Niger d'atteinte à la liberté d'expression.



"L'UE estime que la suspension de la diffusion de RFI et de France 24 au Niger est inacceptable. Cette mesure constitue une grave atteinte au droit à l'information et à la liberté d'expression", a déclaré la porte-parole de la diplomatie européenne Nabila Massrali.



Les insurgés qui avaient pris le pouvoir au Niger ont décidé plus tôt de cesser la diffusion des émissions de RFI et de France 24. Ces derniers ont condamné cette décision et l'ont qualifiée de censure. Le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères a lui aussi dénoncé cette initiative.



Les putschistes ont également dénoncé les accords militaires avec la France qui concernaient la présence d'un contingent français et son statut dans le cadre de lutte contre les djihadistes. Enfin, ils ont annoncé le 3 août la cessation du mandat des ambassadeurs du Nigeria, des États-Unis, du Togo et de la France.



Un avion de l’armée de l’air espagnole a évacué du Niger des citoyens de 19 pays


Un avion de l’armée de l’air espagnole a quitté le Niger avec 74 citoyens de 19 pays à son bord. C’est ce qu’a fait savoir le journal ABC.



Selon la source, l’avion est arrivé ce matin dans la capitale nigérienne. Il est déjà parti pour l’Espagne.



Le 3 août, avec l'aide de la France, Madrid a déjà évacué plus de 20 personnes du Niger. Précédemment, il avait été indiqué qu'environ 70 Espagnols se trouvaient dans le pays africain.



L'UE est mal placée pour parler de la liberté des médias au Niger


L'UE ne peut pas présenter un jugement sur la liberté d'expression au Niger compte tenu des violations systématiques des droits des médias russes en Europe, a déclaré Maria Zakharova, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.



Elle a réagi ainsi aux propos de la porte-parole de la diplomatie européenne Nabila Massrali qui avait qualifié d'atteinte à la liberté d'expression la cessation de la diffusion des médias français RFI et France 24 au Niger. Dans ce contexte, Maria Zakharova a évoqué plusieurs cas de violation des droits des médias russes sur le territoire de l'UE, notamment en Autriche, en Bulgarie, en Allemagne, en Lettonie, en Lituanie, au Luxembourg, en Pologne et à Malte.



"Il ne s'agit que d'une partie de tout un mécanisme des violations systématiques des droits des médias et des journalistes sur le territoire de l'UE. Il est nécessaire de rétablir immédiatement la justice: résoudre tous les problèmes liés à la situation actuelle sur le territoire de l'Union européenne", a-t-elle indiqué.



"Ensuite, vous pourriez certainement vous pencher sur la situation au Niger. Alors que l'UE fait la même chose que le Niger, ce n'est pas à vous de les juger", a-t-elle conclu.



Les insurgés qui avaient pris le pouvoir au Niger ont décidé plus tôt de cesser la diffusion des émissions de RFI et de France 24. Ces dernières ont condamné cette décision et l'ont qualifiée de censure. Le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères a lui aussi dénoncé cette initiative.



Des combattants islamistes ont attaqué un convoi de l'armée malienne en direction du Niger


Un convoi de l'armée malienne escortant des camions en direction du Niger est tombé dans une embuscade tendue par des djihadistes jeudi. C'est ce que rapporte l'AFP en se référant à un militaire et un élu local.



Selon les sources de l'AFP proches de l’armée du Mali, le convoi a été attaqué dans la ville de Ménaka (nord-est) près de la frontière avec le Niger. "Selon un premier bilan, nous avons perdu six hommes", a indiqué à l’AFP le responsable militaire. "Nous avons ce jour lancé la recherche d'autres (portés disparus) mais les terroristes ont perdu au moins quinze combattants", poursuit-il.



Aucune information sur la destination du convoi de marchandises n'a été donnée. Selon un rapport de Human Rights Watch, la région a déjà été fortement touchée par des attaques de djihadistes de l’El*.



Plus tôt, les autorités du Burkina Faso et du Mali ont publié une déclaration commune notant que "toute intervention militaire contre le Niger s’assimilerait à une déclaration de guerre contre le Burkina Faso et le Mali". Elles se sont également engagées à adopter "des mesures de légitime défense en soutien aux forces armées et au peuple du Niger".



La déclaration du Burkina Faso et du Mali vient en réaction au communiqué publié le 30 juillet par les présidents de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui ont fixé un ultimatum d’une semaine aux militaires putschistes pour libérer le président Mohamed Bazoum et organiser le "retour complet à l’ordre constitutionnel". Ouagadougou et Bamako ont aussi prévenu que "toute intervention militaire contre le Niger entraînerait un retrait du Burkina Faso et du Mali de la Cédéao".



L'armée nigériane mise en état d'alerte dans le contexte des événements au Niger


Les militaires nigérians ont été mis en état d'alerte en vue d'une éventuelle intervention au Niger où le pouvoir avait été pris par des rebelles, rapporte le Wall Street Journal se référant à un officier nigérian.



"Il n'y a pas encore de mobilisation, mais nous avons reçu l'ordre d'être en état d'alerte en raison d'un éventuel déploiement au Niger", a fait savoir l'interlocuteur du quotidien.



Les dirigeants militaires de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont cependant renoncé plus tôt vendredi à l'idée d'utiliser la force contre le Niger suite au coup d'État dans ce pays.


Le 26 juillet, un groupe rebelle de militaires nigériens a annoncé à la télévision la destitution du président Mohamed Bazoum, la fermeture des frontières du pays, l'instauration d'un couvre-feu, la suspension de la Constitution et l'interdiction des activités politiques des partis. Le 28 juillet, ils ont fait savoir que le général Abdourahamane Tchiani était désormais à la tête du pays. Pendant le coup d'État, ce dernier a dirigé la garde présidentielle, dont les unités ont arrêté et détiennent toujours M. Bazoum. Le président français Emmanuel Macron a déclaré que Paris ne tolérerait pas d'attaques contre ses concitoyens et les institutions françaises, promettant une réplique "immédiate et intraitable" si de tels incidents se produisaient. Les militaires nigériens ont accusé la France et ses alliés d'avoir l'intention de lancer une opération militaire au Niger.



Plus tôt, les rebelles ont décidé d'interrompre la diffusion des émissions de RFI et de France 24 au Niger. Les organisateurs du coup d'État ont également dénoncé les accords militaires avec la France et le statut des militaires présents. L'organe central des rebelles, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, a annoncé le 3 août l’expulsion des ambassadeurs du Nigeria, des États-Unis, du Togo et de France.



TASS

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