Une contribution en vue de l’augmentation des rendements de ces spéculations ciblées, et un apport à l’amélioration de la qualité des produits vendus par les coopératives bénéficiaires. Du partenariat de la coopérative agropastorale de Bityili (Capaby) et Pidma, un projet d’une cinquantaine d’hectares de manioc a été arrêté pour la campagne agricole de l’an dernier. La coopérative a pu à travers ses membres coopérateurs préparer 47 hectares de surface cultivable dans les villages Bityili, Mvam-Essakoe et Biyeyem où une équipe du projet y est descendue valider ces dimensionnements avec le Gps.
La seconde étape portait juste sur la mise à disposition des boutures de manioc aux coopérateurs, pour l’ensemencement pendant la campagne agricole antérieure. Les dépenses relatifs à la préparation du terrain étaient à la charge des membres de la coopérative lorsqu’on sait que le défrichement d’un hectare de terrain coûte 30.000 Fcfa, l’abattage 60.000 Fcfa et le nettoyage 60.000 Fcfa et ceci pour les 47 hectares qui étaient déjà apprêtés, on est en droit de comprendre que cela a nécessité des moyens financiers important pour la coopérative. Les différentes parcelles apprêtées ont été enherbées à nouveau depuis l’an dernier, avec la longue attente des boutures de manioc qui aux dires des responsables de ce projet, viendront d’Afrique du Sud. Pourtant, il existe les centres de recherches agronomiques aux Cameroun, le ministère de la recherche scientifique et de l’innovation dispose des chercheurs aguerris dans le domaine. Pour le moins dire, plusieurs parcs à bois de manioc existent dans la zone, et qu’on pouvait bien solliciter pour ce ravitaillement en boutures de manioc.
On citerait, à Ngoulemakong la société coopérative des producteurs de manioc, la coopérative agropastorale de Bityili sans en oublier celle de Biwong-Bane. Voilà une option onéreuse et qui n’encourage pas la recherche locale et dont les résultats certainement au terme seront semblables à ceux du défunt programme national de développement des racines et tubercules (Pndrt) dont son objectif se déclinait dans sa dénomination. Et qui aujourd’hui a laissé les camerounais sur leurs faims car, le manioc n’est pas toujours disponible, les différents bassins de productions ne pourront jamais satisfaire la demande locale. D’où cette hausse de prix sur le manioc et ses dérivés. La preuve, pour avoir les tubercules de manioc c’est à partir de 500 Fcfa le petit tas au marché d’Ebolowa, les dérivés comme le bâton ou le gari sont devenus des produits d’élites. Le programme n’a pas connu la phase d’appropriation pour les bénéficiaires aujourd’hui certains vestiges comme ce séchoir de manioc continue à subir l’afflux des termines dans certaines localités.
L’avènement du Pidma constitue toute une école pour les producteurs coopérateurs avec le volet de la commercialisation. Environ, trois cents coopératives éligibles représentant 30.000 ménages soit 120.000 bénéficiaires directs dont au moins 50% de femmes au départ et 70% à la fin du projet aux dires pourront bénéficier de l’appui du projet. Les agrobusiness, les institutions de recherche, les institutions financières, les sociétés de leasing, les prestataires et les services publics clés pourront indirectement en être aussi des bénéficiaires. Une véritable aube nouvelle pour les entrepreneurs agricoles comme c’est le cas avec la Capaby qui butte au premier obstacle, dans un projet qui n’arrive pas à mettre la semence à la disponibilité de ses partenaires. Il était annoncé, trois millions de boutures, un suivi fait par l’Université de Florence en Italie pour le transfère des technologies et plusieurs autres innovations qui tardent à venirs. Dans le cas de figure actuelle, les coopérateurs de la Capaby ne demandent au Pidma qu’à revenir à leurs frais dépensés pour la préparation du terrain. Aujourd’hui, disent être sans interlocuteur pouvant répondre à leurs préoccupations. Il faut noter que le Pidma est une initiative conjointe du gouvernement Camerounais et de la banque mondiale, avec le minader comme agence d’exécution et le minepat comme agence fiduciaire établi pour une durée de 5 ans (2015-2019). Tous pour une agriculture commerciale durable comme son slogan l’indique, pourrait paraitre pour ces coopérateurs comme un slogan creux. En attendant, on croise les doigts si les fruits tiendront-il la promesse des fleurs car, 2019 c’est à côté.
Jacques Pierre SEH