SUD,Nuisance et pollution de l?air : le quotidien des populations du quartier Nko?ovos à Ebolowa

SUD,Nuisance et pollution de l?air : le quotidien des populations du quartier Nko?ovos à Ebolowa

Le stade municipal de Nko?ovos à Ebolowa se côtoie avec la Cameroon united forests (Cuf), au c?ur du quartier Nko?ovos.

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 En face de ces deux structures, l’une sportive et l’autre industrielle se trouve la tribune officielle pour les cérémonies à Ebolowa. En arrière plan de la scierie se trouve une forte agglomération où les populations de ce côté vivent de jour comme de nuit, les affres de nuisance et de pollution que leur imposent la scierie. Ici, on  débite le  bois destiné à l’export ainsi, la chaîne se  doit de tourner sans un arrêt. De jour comme de nuit, on procède juste à l’alternance des équipes d’ouvriers.


Pour ces populations riveraines, c’est un capharnaüm pas possible pour un nouveau né de vivre une croissance normale. Il respire en permanence des poussières de bois issues du sciage des billes de bois, ce qui l’expose à des maladies respiratoires et à n’entendre que des gros bruits. Comme si cela ne suffisait pas, la scierie réalise de grosses affaires et à besoin d’une extension pour parquer  ses billes de bois extraites des forêts de la région du Sud. Ces riverains à la scierie n’ont aucun droit d’usage, eux qui en longueur leur existence resteront exposées non seulement aux bruits, mais également aux fumées nocives produites de la carbonisation de ces sciures de bois. De même, les unités artisanales de production de charbon sont nées, multipliant ainsi la production des fumées dans l’environnement de la scierie. 


Pour Roger Takala riverain à la Cuf, c’est une situation invivable. Les bruits issus des ronflements de moteurs et  des chaînes de sciage ont carrément modifié l’entendement de beaucoup d’habitants. Ce qui est encore très difficile pour les enfants, on n’arrive pas à avoir un sommeil normal. Le vent emporte ces poussières de bois jusque sur nos lits, imaginez donc les quantités qu’on inhale, vraiment bien venue aux maladies. Malgré tout, cette pollution et ces nuisances produites par la grosse unité de transformation de bois qui aujourd’hui se retrouve presqu’au cœur de la ville et en plein quartier Nko’ovos, semble ne retenir l’attention des différents responsables.


usine_pollution


Pour Patrice Messanga, chef de ce bloc concerné, c’est une situation qui perdure. Nous avons saisi les responsables de la scierie afin de comprendre ce qui peut être réservé aux riverains comme droit d’usage, cette préoccupation est restée lettre morte. Les autorités ont également été saisies par correspondance, mais nous restons en attente de solutions. Pourtant, les populations vivent dans un environnement étouffant  au quotidien incluant ainsi des maladies. En plus, leur extension se faisant sur une zone marécageuse, le remblayage aujourd’hui fait remonter des eaux dans le quartier à la moindre pluie. Il serait  décent de faire des canalisations devant conduire les eaux refoulées vers un canal approprié. C’est une situation difficile pour les populations de ce bloc du quartier Nko’ovos qui ne fondent leur espoir que sur l’action des autorités de la ville.


Pour être plus d’éclairage sur cette pollution couplée à la nuisance que vivent les populations riveraines, nous sommes allés à la rencontre des  responsables de l’unité de production d’Ebolowa. Ces derniers  sont restés bouches cousues nous renvoyant ainsi à leur direction qui se trouverait à Douala, une situation déplorable en somme. Néanmoins, les récriminations des riverains trouveraient un fondement sur leur vivre quotidien dans cet environnement.  Ainsi pour  histoire, la Cameroon united forests a été créée en mars 1991, c’est une société familiale qui intervient dans l’exploitation forestière, la transformation et le négoce du bois. L’unité de transformation d’Ebolowa a été mise en service en 2010. La Cuf est détentrice de 5 unités forestières d’aménagement (Ufa) en propre pour une superficie globale de 187.000 hectares et de 2 Ufa en partenariat pour une superficie de 123.000 hectares de forêt. Elle produit en moyenne 17.000 mètre cube de grumes par mois. La Cuf, c’est plus de 700 collaborateurs dynamiques, répartis dans différents sites d’exploitation.                                 


Jacques Pierre SEH

 

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