Cette procédure aboutira à la sélection d’AES-CORPORATION. Il sera alors crée en juillet 2001 à la suite de la mise en concession de l’ancienne Sonel, AES-Sonel, une société anonyme dont le capital est détenu à 56 % par le partenaire stratégique avec pour mission la fourniture au plus grand nombre de camerounais d'une énergie fiable et propre, à travers non seulement la mise à niveau des installations électriques existantes mais aussi l'ajout de nouvelles connexions électriques.
Selon certains médias internationaux, le géant américain de l’électricité aurait mis ses actions en vente. Cette initiative est porteuse d’opportunités et même de challenge pour le secteur énergétique camerounais. Il permettrait au détour de cette initiative de renégocier avec sérénité le contrat de concession entre AES-Sonel et le gouvernement camerounais afin de revoir ces accords et les mettre en phase avec la nouvelle législation en vigueur. Au bout de ce processus on serait en droit d'attendre une véritable application de la loi régissant le secteur de l’électricité, un affermissement des prérogatives de l’Etat dans la mise en oeuvre du contrat de concession.
Ensuite cette mutation de l’actionnaire majoritaire induira un changement de l’équipe dirigeante de l’entreprise et éventuellement une responsabilisation accrue des cadres camerounais, dont l’expertise a été souvent sous-estimée puis réconfortée à la faveur des échecs respectifs des directeurs généraux de nationalité étrangère. Enfin, il n’est pas exclu que les investisseurs camerounais soutenus par l’Etat fassent aussi leur entrée dans le capital de Aes sonel pour conforter le caractère souverain de cette entreprise. Mieux en faisant valoir son droit de préemption et ou ses prérogatives de puissance publique, l’Etat pourrait racheter tout ou partie de ces actions Toutefois, à côté de ces conjectures d’opportunités, il y’a lieu de remarquer que les informations concernant les éventuels repreneurs ne sont pas favorables pour un avenir serein au sein de la future entreprise.
Les éventuels acquéreurs présentés ne sont pas des partenaires techniques maitrisant le secteur de l’énergie. Ce sont des fonds de pension qui n’ont que la capacité financière à faire valoir. De même, il est fort possible que le nom de l’entreprise subisse une modification à laquelle le consommateur camerounais devra à contre coeur se plier. Mieux les repreneurs présentés sont des fonds de pension qui sont essentiellement préoccupés par la rentabilité immédiate, toute chose qui ne favorise pas l’investissement sur la durée qui semble être la préoccupation des autorités de régulation du secteur de l’électricité au Cameroun.
Enfin il faudrait s’habituer à la mutation de l’actionnaire majoritaire de l’AES SONEL car les fonds de pension ont pour caractéristique de n’investir que là où les bénéfices sont sûrs. En clair, s’il fallait influer sur le cours des évènements, Aes sonel serait préférable aux potentiels repreneurs que nous présente l’actualité. Confirmant ainsi l’adage suivant lequel mieux vaut un démon qu'on connaît qu'un ange qu'on ne connaît pas...
Cameroun : les enjeux d?un départ éventuel de AES SONEL
Au bout de cette initiative serait en droit d'attendre une véritable application de la loi régissant le secteur de l?électricité. Lorsque le Cameroun, sous la pression des bailleurs de fonds et des institutions de Bretton Woods décide en juin 1996 de privatiser la Société nationale d?électricité (SONEL), le cahier des charges préconise aux services compétents de rechercher et sélectionner un partenaire stratégique du secteur de l?électricité doté d'une surface financière conséquente.