Le député Jean Michel Nintcheu demande la libération de Mimi Mefo

Affaire Mimi Mefo. Le député Jean Michel Nintcheu demande la libération de Mimi Mefo

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Le vrai motif de l'incarcération de Mimi Mefo se trouve ailleurs.


Mimi Mefo doit être libérée immédiatement. Telle est ma position.
Au-delà de cette exigence non négociable, qu'il me soit permis de m'interroger sur la succession des affaires qui ont émaillé notre quotidien ces derniers jours.
Aucun régime n'a intérêt à se faire hara-kiri notamment au lendemain d'une prestation de serment intervenue à la suite d'une élection fortement contestée. Même pas les régimes de type stalinien. Je reste convaincu que Mimi Mefo n'aurait pas été choisie au hasard. Elle est la première d'une liste de journalistes préétablie, si l'on s'en tient aux déclarations de certains responsables des syndicats de journalistes. Elle est une femme. Elle est une journaliste en service dans un grand groupe de presse dont la popularité et la notoriété sont reconnues. Bien plus elle est journaliste d'investigation qui mène ses enquêtes dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest. Connaissant les méthodes du régime, elle constituait une des cibles idéales pour faire diversion en cas de difficulté. Créer ou balancer une nouvelle affaire pour tenter de tuer une autre qui est potentiellement explosive pour le système, a toujours été érigé en mode de gestion de crise par le régime de M. Biya
Vu sous cet angle, l'incarcération totalement injustifiée de l'excellente journaliste Mimi Mefo participe manifestement d'une stratégie de diversion planifiée pour dissiper de la conscience nationale les revendications post-electorales ainsi que la ténébreuse affaire des 79 otages libérés dans le nord-ouest qui n'a pas encore fini de livrer ses secrets. Le temps imparti entre la prise d'otages et leur libération sera consigné dans le livre Guiness des records. Il ne faudrait surtout pas perdre de vue que si à la suite d'une enquête indépendante, cette prise d'otage s'avérait être de la pure construction, cette affaire fera tomber 20 fois la République du fait de la tectonique politique internationale que cela produira. Les différentes prises d'otages observées depuis l'apparition de la secte Boko Haram pourraient ainsi être remises en question par tous nos partenaires dans la lutte contre l'insécurité. L'image de ce régime s'enfoncera définitivement dans les égouts de la coopération internationale en matière de sécurité.
Les tenants du régime savent très bien que l'affaire Mimi Mefo constitue une tâche noire indélébile en ce début de septennat. En même temps ils sont certainement conscients de ce que cette diversion constitue le moindre mal au vu des dossiers noirs potentiellement explosifs
qu'ils ont du mal à rendre digestes en ce début de septennat.
Le fait de nous battre énergiquement pour obtenir la libération de Mimi Mefo - ainsi que de plusieurs autres journalistes qui sont dans le viseur d'une justice aux ordres à l'instar de Joseph Olinga - ne devrait en aucun cas nous faire passer par pertes et profits d'autres scabreuses affaires pour lesquelles ils veulent justement entretenir la diversion. C'est justement le piège à éviter.

Honorable Nintcheu Jean Michel

Opinion