Le détroit d’Ormuz n’est plus seulement un passage stratégique. Il est devenu le théâtre d’un bras de fer sans masque. Alors que les pétroliers brûlent et que les déclarations fusent de part et d’autre, Téhéran et Washington jouent chacun leur partition : l’un impose ses conditions, l’autre frappe et négocie en même temps.
Le chef d’état-major général des forces armées iraniennes et commandant du quartier général central Khatam al-Anbiya, le général Ali Abdollahi, a sorti l’artillerie lourde diplomatique. Selon l’agence Tasnim, il a affirmé sans détour que « la reconnaissance officielle de la souveraineté de l’Iran sur le détroit d’Ormuz » constitue l’une des conditions indispensables pour instaurer une sécurité durable dans la région.
Dans le même message, Abdollahi a listé ses exigences : levée totale des sanctions contre la République islamique, dégel des avoirs bloqués, indemnisation des dommages causés par les actions militaires contre l’Iran, garanties formelles qu’aucune agression ne se reproduira, et création d’un système de sécurité en Asie de l’Ouest par les États de la région eux-mêmes. Message clair : plus de tutelle étrangère sur les eaux qui baignent les côtes iraniennes.
De l’autre côté de l’Atlantique, l’administration américaine refuse de se laisser dicter le tempo. Le vice-président James David Vance, s’exprimant sur la base Andrews près de Washington, a déclaré qu’aucun calendrier n’avait été fixé pour parvenir à un accord avec Téhéran. « Nous avons déclaré publiquement ce que nous voulions, à savoir le démantèlement de leur programme nucléaire. Nous voulons être sûrs qu’ils ne le restaureront pas. C’est la priorité absolue des États-Unis », a-t-il martelé.
Donald Trump, lui, multiplie les signaux contradictoires mais assumés. Sur Truth Social, il a écrit que « l’Iran veut un règlement le plus rapidement possible. Cela peut arriver ! » tout en soulignant la chute rapide du prix du pétrole, de près de 10 dollars le baril, qu’il qualifie de « record ». Selon lui, « les gens pensent qu’il n’y aura pas de guerre avec l’Iran ». Dans le même temps, il a confié à Axios qu’il n’y avait « pas urgence » pour de nouvelles frappes massives. « Nous avons estropié leur économie. Ils n’ont pas d’argent ni d’essence, leur peuple en est las. Les Iraniens veulent conclure un accord plus que jamais. »
Pourtant, les coups de feu n’ont pas complètement cessé. Le journaliste d’Axios Barak Ravid a rapporté qu’un missile tiré lundi soir par le Corps des gardiens de la révolution islamique depuis l’île de Qechm a visé un aéronef américain au-dessus du détroit d’Ormuz. En riposte, un chasseur américain a détruit le lanceur « en état de légitime défense ». Le Wall Street Journal évoque de son côté des frappes américaines de faible envergure contre l’Iran depuis plusieurs semaines, dont une visant précisément Qechm.
Sur le terrain maritime, la tension est palpable. Les forces navales du CGRI ont annoncé que onze pétroliers « en infraction » ont pris feu dans le détroit d’Ormuz depuis le 25 octobre, certains ayant coulé.
Trump minimise les coûts et maximise la posture de force. Interrogé sur les 30 milliards de dollars dépensés pour l’opération contre l’Iran, il a balayé d’un revers de main : « C’est une broutille, parce que nous avons gagné plusieurs fois plus avec le Venezuela. » Dans le podcast Pod Force One du New York Post, il a même affirmé que les forces américaines « n’ont pratiquement pas combattu pendant la majeure partie de cette guerre », se contentant de frapper « très durement à plusieurs reprises » avant d’observer.
Pendant ce temps, le Qatar tente de maintenir le fil du dialogue. Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, a indiqué que Washington et Téhéran restent attachés à la négociation et examinent actuellement les propositions présentées par Doha. « L’attachement au processus de négociation demeure de part et d’autre », a-t-il assuré.
Entre exigences de souveraineté iranienne sur Ormuz, frappes limitées, pétroliers en feu et déclarations de Trump qui refuse de se précipiter après les élections de mi-mandat du 3 novembre, le message est clair : la guerre n’est pas officiellement relancée à grande échelle, mais la paix non plus n’est pas encore signée. Le détroit, lui, continue de brûler par intermittence. Et le monde regarde, le souffle court.
Hormuz: Tehran Sets Its Terms, Washington Strikes and Talks – The Strait Ignites Again
Iran demands recognition of sovereignty over the Strait of Hormuz, full sanctions relief and security guarantees. US hits Qeshm after missile launch, 11 tankers ablaze, Trump says no rush for major strikes. Negotiations continue amid rising tension.
The Strait of Hormuz is no longer just a strategic waterway. It has become the stage for an open power struggle. As tankers burn and statements fly from both sides, Tehran and Washington are each playing their own game: one is laying down hard conditions, the other is striking while negotiating.
Iran’s Chief of the General Staff of the Armed Forces and commander of the Khatam al-Anbiya Central Headquarters, General Ali Abdollahi, has drawn a clear red line. According to the Tasnim news agency, he stated that “official recognition of Iran’s sovereignty over the Strait of Hormuz” is one of the essential conditions for lasting security in the region.
In the same message, Abdollahi listed further demands: the complete lifting of sanctions against the Islamic Republic, the unfreezing of blocked assets, compensation for damages caused by military actions against Iran, formal guarantees that no aggression will be repeated, and the creation of a West Asian security system by the regional states themselves. The message is unambiguous: no more foreign oversight of the waters that wash Iran’s shores.
Across the Atlantic, the US administration refuses to be dictated a timeline. Vice President James David Vance, speaking at Andrews Air Force Base near Washington, said no deadline has been set for reaching a deal with Tehran. “We have publicly stated what we want, which is the dismantlement of their nuclear program. We want to be sure they will not restore it or try to restore it. That is the absolute priority of the United States,” he insisted.
Donald Trump is sending mixed but deliberate signals. On Truth Social he wrote that “Iran wants a settlement as quickly as possible. It can happen!” while highlighting the rapid drop in oil prices of nearly $10 a barrel, which he called a “record.” According to him, “people think there will be no war with Iran.” At the same time, he told Axios there is “no rush” for major new strikes. “We have crippled their economy. They have no money and no gasoline, their people are tired of it. The Iranians want a deal more than ever.”
Yet the shooting has not completely stopped. Axios journalist Barak Ravid reported that an IRGC missile fired Monday evening from Qeshm Island targeted a US aircraft over the Strait of Hormuz. In response, an American fighter destroyed the launcher “in self-defense.” The Wall Street Journal separately reported that the United States has been conducting low-scale strikes against Iran for several weeks, including one on Qeshm.
At sea, tension remains high. IRGC naval forces announced that eleven tankers “in violation” have caught fire in the Strait of Hormuz since 25 October, with some sinking.
Trump downplays the costs while projecting strength. Asked about the $30 billion spent on the operation against Iran, he dismissed it as “a trifle, because we gained several times more with Venezuela.” In the New York Post’s Pod Force One podcast, he claimed US forces “hardly fought for most of this war,” hitting hard a few times and then watching the situation unfold.
Meanwhile, Qatar is trying to keep the diplomatic channel open. Qatari Foreign Ministry spokesman Majed al-Ansari said both Washington and Tehran remain committed to negotiations and are currently examining the proposals put forward by Doha. “Commitment to the negotiation process remains on both sides,” he affirmed.
Between Iran’s demand for sovereignty over Hormuz, limited strikes, burning tankers and Trump’s refusal to rush into major action after the 3 November midterm elections, the picture is clear: full-scale war has not been relaunched, but peace has not been signed either. The strait continues to burn intermittently. And the world watches, holding its breath.
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Moussa Nassourou
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