CDEC : 4,2 milliards récupérés dans le dossier BOFAS, 525 milliards visés en 2028

CDEC : 4,2 milliards récupérés dans le dossier BOFAS, 525 milliards visés en 2028

La CDEC récupère 4,2 milliards FCFA dans le dossier BOFAS et vise 525 milliards en 2028. Banques, recouvrements et offensive annoncée en 2027.

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CDEC : 4,2 milliards récupérés dans le dossier BOFAS, 525 milliards visés à l’horizon 2028


La Caisse des dépôts et consignations du Cameroun (CDEC) passe à la vitesse supérieure dans sa stratégie de mobilisation des ressources. L'institution annonce avoir récupéré environ 4,2 milliards de FCFA dans le dossier BOFAS Sarl, lié aux garanties bancaires du marché de réhabilitation de la route Babadjou-Bamenda. Dans le même temps, elle affiche une ambition financière considérable : porter son stock de ressources à 525 milliards de FCFA à fin 2028. Pour y parvenir, la Caisse prévoit de durcir les contrôles, d'intensifier les recouvrements et de multiplier les procédures contre les organismes qui tardent à transférer les fonds concernés.


BOFAS : la CDEC récupère 4,2 milliards de FCFA après un bras de fer bancaire


La CDEC revendique une victoire importante dans le dossier du marché de réhabilitation de la route Babadjou-Bamenda. Le 30 octobre 2026, à Yaoundé, lors d'un déjeuner de presse organisé par l'institution, ses responsables ont annoncé le recouvrement de la totalité des cautionnements bancaires liés au marché attribué à BOFAS Sarl, pour un montant d'environ 4,2 milliards de FCFA.


Cette opération met un terme, sur le plan du recouvrement annoncé, à plusieurs mois de tensions autour des garanties émises par Afriland First Bank pour sécuriser l'exécution du contrat.


Selon les informations rapportées par Investir au Cameroun, BGFIBank Cameroun a contribué à cette opération en reversant à la CDEC des avoirs appartenant à Afriland First Bank. Sollicitée comme tiers détenteur, la banque avait choisi, dès le 26 mars 2026, de se retirer des procédures judiciaires en cours pour privilégier une négociation avec la Caisse.


Le montant exact de cette contribution n'a cependant pas été rendu public.


Le différend trouve son origine dans un marché de 14,32 milliards de FCFA attribué de gré à gré à BOFAS en 2022. Le contrat concernait la réhabilitation de la section 3 de la route Babadjou-Bamenda, correspondant au contournement de Bamenda, dans la région du Nord-Ouest.


Mais le chantier n'a pas connu l'évolution attendue. Le ministère des Travaux publics a prononcé la résiliation du marché le 26 février 2024, invoquant les défaillances de l'entreprise dans l'exécution des travaux.


Pour garantir les engagements financiers liés au contrat, Afriland First Bank avait délivré deux instruments de garantie : une garantie de restitution d'avance de 2,864 milliards de FCFA et une caution personnelle et solidaire d'environ 1,4 milliard de FCFA. L'ensemble représentait près de 4,26 milliards de FCFA.


Dans une correspondance datée du 10 septembre 2025, la CDEC évaluait sa créance à 4,296 milliards de FCFA et exigeait son remboursement intégral. Les éléments communiqués ne permettent toutefois pas d'établir une correspondance exacte entre cette créance et les 4,2 milliards de FCFA annoncés comme recouvrés le 30 octobre 2026.


BGFIBank et Orange Money dans le viseur de la CDEC


Pour récupérer les sommes réclamées, la CDEC avait progressivement élargi son action aux établissements susceptibles de détenir des avoirs appartenant à Afriland First Bank.


Le 26 février 2026, elle avait ainsi adressé des commandements de payer à BGFIBank Cameroun et Orange Money Cameroun, pour un montant global de 3,68 milliards de FCFA, comprenant 3,58 milliards de principal et 101 millions d'intérêts de retard.


Il convient de préciser que ces deux établissements n'étaient pas les émetteurs des garanties du marché BOFAS. Ils étaient visés en leur qualité de tiers détenteurs potentiels de fonds appartenant à Afriland First Bank.


La procédure a donné lieu à des contestations judiciaires. Le 7 avril 2026, le tribunal de première instance de Yaoundé-Centre administratif a rejeté la demande d'Orange Money Cameroun visant à faire annuler le commandement de payer.


BGFIBank a, de son côté, finalement privilégié la négociation avec la CDEC.


Avant cette escalade judiciaire, une tentative de médiation avait été organisée le 7 août 2025 à la direction nationale de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), à Yaoundé. Un projet d'accord prévoyait notamment un premier versement de 900 millions de FCFA.


Mais la CDEC avait refusé de valider cette proposition, estimant qu'elle ne garantissait pas le règlement intégral de sa créance.


525 milliards de FCFA à mobiliser d'ici 2028 : la nouvelle ambition de la CDEC


Au-delà du dossier BOFAS, l'annonce du 30 octobre révèle surtout un changement de rythme dans la stratégie de la CDEC. Après plusieurs années de concertations avec les établissements financiers et autres organismes concernés, l'institution entend désormais renforcer la pression sur les détenteurs de ressources dont elle réclame le transfert.


« En 2027, on va se focaliser sur la mobilisation des fonds. Si l'État nous a donné des moyens, c'est pour qu'on puisse atteindre nos résultats », a déclaré Yvan Serge Ottou Owona, directeur des Affaires générales de la CDEC.


La trajectoire financière présentée par l'institution est particulièrement ambitieuse.
























Échéance



Stock de ressources visé



Fin 2026



150 milliards FCFA



Fin 2027



262,5 milliards FCFA



Fin 2028



525 milliards FCFA





Pour atteindre la cible de fin 2027, la Caisse devra donc augmenter son stock de ressources de 112,5 milliards de FCFA par rapport à l'objectif fixé pour fin 2026, soit une progression de 75 %.


L'objectif de 2028 représente, quant à lui, un doublement du stock attendu à fin 2027.


Pour y parvenir, la CDEC annonce un renforcement des contrôles sur pièces et sur place, des relances auprès des organismes concernés et le recours aux procédures judiciaires lorsque les démarches amiables n'aboutissent pas.


162,3 milliards de FCFA déjà encaissés depuis 2023


Les chiffres présentés à Yaoundé permettent de mesurer le chemin parcouru depuis le lancement des activités de la CDEC en 2023.


Au 30 septembre 2026, les encaissements cumulés de l'institution atteignaient 162,3 milliards de FCFA. Ce montant se décompose en deux principales catégories :






  • 114,3 milliards de FCFA provenant des transferts historiques ;








  • 48 milliards de FCFA issus de nouvelles consignations directement effectuées auprès de la CDEC.






Sur ces ressources encaissées, 30,5 milliards de FCFA avaient déjà été restitués à leurs bénéficiaires.


La différence arithmétique entre les encaissements cumulés et les restitutions s'établit ainsi à 131,8 milliards de FCFA. Ce montant ne doit cependant pas être assimilé automatiquement aux liquidités immédiatement disponibles de l'institution.


L'évolution annuelle des encaissements témoigne également d'une mobilisation encore irrégulière.




























Année



Encaissements



2023



1,5 milliard FCFA



2024



67,7 milliards FCFA



2025



51,7 milliards FCFA



Janvier-septembre 2026



41,5 milliards FCFA





La CDEC veut désormais transformer ces résultats en une dynamique plus soutenue, notamment grâce à une politique de recouvrement plus offensive.


117 procédures judiciaires : la CDEC durcit le ton


Les négociations engagées depuis 2023 avec les établissements financiers n'ont pas permis de résoudre tous les différends.


La CDEC avait notamment ouvert des concertations avec l'Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (APECCAM) dès mars 2023. Ces discussions avaient permis d'obtenir plusieurs aménagements, notamment le report à fin mai 2024 de la date limite de transfert des fonds et la possibilité de convenir de modalités particulières pour les établissements susceptibles d'être fragilisés par des reversements immédiats.


Mais certains dossiers restent bloqués.


Selon les chiffres communiqués le 30 octobre, la CDEC est impliquée dans 117 procédures judiciaires en cours. Parmi celles-ci, 101 concernent des affaires dans lesquelles elle intervient en défense, tandis que 16 ont été engagées à son initiative.


En 2025, les procédures judiciaires ont notamment permis de récupérer 19,3 milliards de FCFA de principal, selon Hamza Aminou, directeur de la conformité et du contrôle permanent.


Cette somme comprend :






  • 11,7 milliards de FCFA transférés par des banques poursuivies en justice ;








  • 7,6 milliards de FCFA correspondant à des cautions de marchés publics appelées par le ministère des Travaux publics.






Ce montant constitue un bilan de recouvrement pour 2025 et ne doit pas être additionné une seconde fois aux encaissements cumulés de la CDEC.


L'institution fait également face à un contentieux réglementaire devant la Cour de justice de la CEMAC. Depuis le 8 septembre 2025, elle conteste deux règlements communautaires adoptés le 12 juillet 2025, portant respectivement sur la supervision des caisses de dépôts et consignations et le traitement des comptes inactifs et des avoirs en déshérence.


La CDEC estime notamment que certaines dispositions assimilent à tort ses missions de service public à des opérations bancaires.


De nouvelles ressources pour financer les politiques publiques


L'accélération des recouvrements ne constitue pas le seul levier envisagé par la CDEC. L'institution entend également élargir progressivement les catégories de ressources mobilisées.


Parmi les pistes annoncées figurent les cautions sectorielles, les fonds environnementaux et les ressources d'indemnisation.


La Caisse prévoit également de poursuivre la contractualisation des transferts avec les organismes concernés et d'élargir progressivement les possibilités d'utilisation des ressources collectées, notamment pour contribuer au financement des politiques publiques.


Toutefois, plusieurs inconnues demeurent. Le montant global des ressources encore détenues par les organismes dont la CDEC réclame le transfert n'a pas été précisé lors du déjeuner de presse. L'institution n'a pas non plus détaillé la part des 112,5 milliards de FCFA supplémentaires attendus en 2027 qui proviendrait directement des opérations de recouvrement.


Une chose est néanmoins claire : après avoir privilégié pendant plusieurs années le dialogue et les négociations, la CDEC veut désormais accélérer la récupération des ressources qui lui sont dues. Le recouvrement annoncé dans le dossier BOFAS, avec la contribution de BGFIBank Cameroun, illustre cette nouvelle orientation.


Le véritable défi sera maintenant de transformer ces créances récupérées et ces transferts attendus en ressources durablement mobilisées, tout en garantissant la traçabilité des fonds et le respect des droits de leurs bénéficiaires.









Cameroon’s CDEC recovers CFAF 4.2 billion in BOFAS case, targets CFAF 525 billion by 2028


Cameroon’s Deposits and Consignments Fund (CDEC) has announced the recovery of approximately CFAF 4.2 billion in bank guarantees linked to the Babadjou-Bamenda road rehabilitation contract awarded to BOFAS Sarl. The announcement was made on October 30, 2026, in Yaoundé, during a press luncheon organised by the institution.


Beyond this recovery, the CDEC has unveiled an ambitious financial target: increasing its resource portfolio to CFAF 525 billion by the end of 2028. To achieve this goal, the institution plans to intensify fund recovery operations, strengthen inspections and pursue legal action against organisations that fail to transfer funds it claims are due to it.


BOFAS case: CDEC recovers CFAF 4.2 billion after banking dispute


The CDEC says it has recovered the full amount of bank guarantees associated with the contract awarded to BOFAS Sarl for the rehabilitation of Section 3 of the Babadjou-Bamenda road, corresponding to the Bamenda bypass in Cameroon’s North-West Region.


The contract, worth CFAF 14.32 billion, was awarded through a direct negotiation procedure in 2022. However, the Ministry of Public Works terminated it on February 26, 2024, citing the company's failure to properly execute the works.


To secure the contract, Afriland First Bank had issued two guarantees: an advance payment recovery guarantee worth CFAF 2.864 billion and a personal and joint guarantee estimated at approximately CFAF 1.4 billion. Together, these guarantees amounted to nearly CFAF 4.26 billion.


In a letter dated September 10, 2025, the CDEC assessed its claim at CFAF 4.296 billion and demanded full recovery.


According to information reported by Investir au Cameroun, BGFIBank Cameroon contributed to the recovery by transferring assets belonging to Afriland First Bank to the CDEC.


BGFIBank had been approached as a third-party holder of funds belonging to Afriland. On March 26, 2026, it opted to withdraw from ongoing court proceedings and negotiate directly with the CDEC. However, the exact amount transferred by BGFIBank has not been disclosed.


The figures available do not establish an exact reconciliation between the CFAF 4.296 billion claim previously reported by the CDEC and the approximately CFAF 4.2 billion now announced as recovered.


BGFIBank and Orange Money caught up in the recovery proceedings


The recovery operation followed several months of legal and financial disputes involving institutions that potentially held assets belonging to Afriland First Bank.


On February 26, 2026, the CDEC issued payment orders to BGFIBank Cameroon and Orange Money Cameroon, demanding CFAF 3.68 billion, including CFAF 3.58 billion in principal and CFAF 101 million in late-payment interest.


Neither institution had issued the guarantees associated with the BOFAS contract. They were targeted because they were considered potential third-party holders of funds belonging to Afriland First Bank.


The proceedings prompted legal challenges. On April 7, 2026, the Yaoundé Administrative Centre Court of First Instance rejected Orange Money Cameroon's application to annul the payment order.


BGFIBank, meanwhile, chose to pursue negotiations with the CDEC.


An earlier mediation attempt had taken place on August 7, 2025, at the national headquarters of the Bank of Central African States (BEAC) in Yaoundé. A proposed agreement included an initial payment of CFAF 900 million.


However, the CDEC rejected the proposal, arguing that it did not guarantee full repayment of the amount claimed.


CFAF 525 billion by 2028: CDEC unveils ambitious financial roadmap


The recovery of funds in the BOFAS case is part of a broader strategy aimed at significantly increasing the CDEC's financial resources.


Speaking during the October 30 press luncheon, Yvan Serge Ottou Owona, the institution's Director of General Affairs, announced a tougher approach for 2027.


"In 2027, we will focus on mobilising funds. If the State has provided us with the means, it is so that we can achieve our targets," he said.


The CDEC has outlined the following resource targets:




  • CFAF 150 billion by the end of 2026.




  • CFAF 262.5 billion by the end of 2027.




  • CFAF 525 billion by the end of 2028.




To meet its 2027 target, the institution will need to increase its resources by CFAF 112.5 billion compared with its end-2026 objective, representing a 75% increase.


The 2028 target would then require the resource portfolio to double compared with the previous year's target.


The CDEC plans to strengthen documentary and on-site inspections, intensify recovery procedures and take legal action whenever negotiations fail to produce results.


CFAF 162.3 billion collected since 2023


As of September 30, 2026, the CDEC reported cumulative collections of CFAF 162.3 billion since the launch of its activities in 2023.


This amount includes CFAF 114.3 billion from historical transfers and CFAF 48 billion in new deposits made directly with the institution.


The CDEC also reported that CFAF 30.5 billion had been returned to beneficiaries.


The arithmetic difference between cumulative collections and repayments therefore stands at CFAF 131.8 billion. However, this figure should not automatically be interpreted as immediately available cash.


The annual collection figures show the following trend:




  • 2023: CFAF 1.5 billion.




  • 2024: CFAF 67.7 billion.




  • 2025: CFAF 51.7 billion.




  • January to September 2026: CFAF 41.5 billion.




The institution now intends to accelerate these operations to meet its medium-term financial targets.


117 ongoing court cases as CDEC steps up pressure


The CDEC says negotiations with financial institutions have not resolved all disputes over the transfer of funds.


Discussions with the Professional Association of Credit Institutions of Cameroon (APECCAM) began in March 2023. These negotiations resulted in several arrangements, including an extension of the transfer deadline to the end of May 2024 and the possibility of specific repayment arrangements for institutions that could face financial difficulties from immediate transfers.


However, several disagreements remain unresolved.


According to figures released on October 30, the CDEC is involved in 117 ongoing legal proceedings. It is defending itself in 101 cases and has initiated 16 proceedings.


In 2025, legal action helped the institution recover CFAF 19.3 billion in principal, according to Hamza Aminou, Director of Compliance and Permanent Control.


The amount comprises CFAF 11.7 billion transferred by banks facing legal proceedings and CFAF 7.6 billion in public procurement guarantees called by the Ministry of Public Works.


This is a separate recovery performance indicator for 2025 and should not be added again to the CDEC's cumulative collections.


The institution is also involved in a regulatory dispute before the CEMAC Court of Justice. Since September 8, 2025, it has been challenging two regional regulations adopted on July 12, 2025, concerning the supervision of deposit and consignment funds and the treatment of inactive accounts and unclaimed assets.


The CDEC argues, in particular, that certain provisions wrongly classify its public service responsibilities as banking operations.


New funding sources to support public policies


Beyond recovering outstanding funds, the CDEC plans to broaden the categories of resources it mobilises.


These include sector-specific guarantees, environmental funds and compensation-related resources.


The institution also intends to continue negotiating transfer agreements with the organisations concerned and gradually expand the use of collected resources, particularly to support the financing of public policies.


However, the CDEC has not disclosed the total amount of funds still held by organisations from which it is demanding transfers. It has also not specified how much of the additional CFAF 112.5 billion targeted for 2027 is expected to come directly from recovery proceedings.


The recovery announced in the BOFAS case illustrates the institution's increasingly assertive approach. After several years of negotiations, the CDEC is now preparing to step up inspections and legal action to recover resources it considers owed to it.


The main challenge will be to turn these recoveries and expected transfers into sustainably mobilised resources while ensuring transparency, traceability and the protection of beneficiaries' rights.






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Silognhia Edwige



 
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