Tradex pose son premier pied à Kinshasa : 2,1 millions de dollars pour une station qui veut changer la donne en RDC

Tradex pose son premier pied à Kinshasa : 2,1 millions de dollars pour une station qui veut changer la donne en RDC

Le pétrolier camerounais Tradex ouvre sa première station-service à Kinshasa avec 2,1 millions de dollars d’investissement. Pendant ce temps, KC Trade International propose un paiement différé pour soulager les importations de carburant au Cameroun. Décryptage exclusif.

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Tradex débarque à Kinshasa : la première station camerounaise ouvre le bal en RDC


Kinshasa, 23 octobre 2026. Le groupe pétrolier camerounais Tradex a franchi le Rubicon. Hier, il a officiellement lancé ses activités de distribution de carburants en République démocratique du Congo avec l’ouverture de sa première station-service à Kingabwa, dans la commune de Limete. Un investissement de 2,1 millions de dollars qui sonne comme un coup de semonce sur un marché congolais longtemps dominé par d’autres acteurs.


Baptisée « Tradex Kingabwa », l’infrastructure s’étend sur 1 800 m². Elle affiche une capacité de stockage de 130 000 litres (75 000 litres de super et 55 000 litres de gasoil), quatre pompes totalisant 12 pistolets et un débit moyen de 3 m³/heure par pompe. Cuves à double enveloppe avec détecteurs de fuite, équipements anti-incendie : le pétrolier n’a pas lésiné sur la sécurité.


Mais Tradex ne se contente pas de vendre du carburant. La station abrite des bureaux, une boutique, un espace dédié aux motos, voitures et engins de BTP, un local pour 300 bouteilles de gaz, un groupe électrogène et même un forage d’eau accessible aux riverains. « Nous construisons en réalité des espaces de vie. Nous adaptons nos services à la superficie du site. Dans notre prochaine station, nous proposerons même des services bancaires. Nous envisageons également d’avoir des parapharmacies… », glisse une source interne.


La construction a mobilisé une cinquantaine de Congolais via des entreprises locales. L’exploitation génère déjà 16 emplois permanents pour de jeunes Kinois. Tradex RDC, filiale créée en 2024 et contrôlée par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun, se positionne clairement : commercialisation, stockage et transport de produits pétroliers, avec l’ambition de tisser progressivement un vrai réseau.


Maba renaît de ses cendres


Le groupe ne s’arrête pas là. Dans son communiqué du 23 octobre, Tradex annonce vouloir deux stations opérationnelles à Kinshasa avant la fin de l’année. La prochaine, « Tradex Maba », située en face de l’aéroport international de N’djili, devrait ouvrir à la mi-décembre. Celle-là même qui avait été démolie le 28 août dernier, alors que les travaux étaient en phase de finition et que plus de 2 millions de dollars avaient déjà été injectés.


Les circonstances de cette démolition restent floues. « Tout est maintenant ok. Il reste la compensation à faire… », affirme un responsable de Tradex. Les travaux ont repris depuis deux semaines. Le pétrolier camerounais, doté d’un capital social de 11,67 milliards de francs congolais, prépare déjà deux appels d’offres pour de nouvelles stations.


Avec Kingabwa ouverte, Maba en reconstruction et d’autres projets dans les cartons, Tradex enfonce le clou : le Cameroun veut sa part du gâteau pétrolier congolais.


Pendant ce temps à Yaoundé : un « open account » pour soulager les importations


Au même moment, de l’autre côté de la frontière, un autre dossier agite le secteur. Le 20 octobre à Yaoundé, KC Trade International a présenté au ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, un mécanisme de paiement différé des cargaisons de produits pétroliers en partenariat avec les négociants internationaux BGN et Zyron Energy.


L’idée ? Des crédits « Open account 100 % ». En clair, les marchandises arrivent, sont livrées, et le paiement se fait plus tard. Cédric Ketchanga, administrateur général de KC Trade International, veut ainsi permettre aux opérateurs locaux de tenir le coup malgré les tensions sur les marchés internationaux.


Depuis l’incendie de la Sonara en mai 2019, le Cameroun importe quasiment tout. Entre janvier et octobre 2025, le pays a fait entrer 1,58 million de tonnes de produits blancs liquides et 208 216 tonnes de GPL, soit près de 1,79 million de tonnes au total. Un mécanisme de crédit fournisseur pourrait alléger la pression de trésorerie quand les prix flambent.


Mais attention : aucun montant, aucun délai, aucune garantie précise n’a été rendu public. La formule reste encore floue. BGN, dirigé par Rüya Bayegan et basé notamment à Genève, affirme déjà commencer à approvisionner le Cameroun et envisager d’y investir davantage. Zyron Energy, plateforme des Émirats arabes unis, apporte son expertise sur les marchés d’Afrique de l’Ouest et centrale. Les discussions ont aussi porté sur des contrats de long terme, la commercialisation du brut camerounais et d’éventuels investissements dans les navires et infrastructures portuaires.


Reste à savoir quels volumes, quels opérateurs et à quelles conditions financières ce dispositif bénéficiera réellement. Car faciliter le financement des cargaisons ne résoudra pas magiquement les problèmes de déchargement, de stockage et de distribution.


Deux mouvements, deux fronts. D’un côté, Tradex plante son drapeau à Kinshasa. De l’autre, des acteurs privés cherchent à fluidifier les arrivées de carburant au Cameroun. L’Afrique centrale, elle, regarde attentivement.




Tradex lands in Kinshasa: Cameroonian oil group opens first service station in DRC


Kinshasa, 23 October 2026. Cameroonian oil group Tradex has crossed the Rubicon. It officially launched fuel distribution activities in the Democratic Republic of Congo yesterday with the opening of its first service station at Kingabwa, in the Limete commune. A $2.1 million investment that lands like a warning shot on a Congolese market long dominated by other players.


Named “Tradex Kingabwa”, the facility covers 1,800 m². It has a storage capacity of 130,000 litres (75,000 litres of super and 55,000 litres of diesel), four pumps with a total of 12 nozzles, and an average flow rate of 3 m³ per hour per pump. Double-walled tanks with leak detectors and fire-prevention equipment: the company did not cut corners on safety.


But Tradex is not just selling fuel. The station includes offices, a shop, a service area for motorcycles, cars and construction equipment, space for 300 gas cylinders, a generator and even a water borehole accessible to local residents. “We are actually building living spaces. We adapt our services to the size of the site. In our next station we will even offer banking services. We are also considering parapharmacies in future projects…,” an internal source explains.


Construction involved around fifty Congolese workers through local companies. Operations already generate 16 permanent jobs for young Kinshasa residents. Tradex RDC, a subsidiary created in 2024 and controlled by Cameroon’s Société nationale des hydrocarbures (SNH), is clearly positioning itself in marketing, storage and transport of petroleum products, with the ambition of gradually building a real distribution network.


Maba rises from the ashes


The group is not stopping there. In its 23 October statement, Tradex announced its intention to have two operational stations in Kinshasa before the end of 2026. The next one, “Tradex Maba”, located opposite N’djili International Airport, is expected to open in mid-December. This is the same station that was demolished on 28 August while construction was in its final phase and more than $2 million had already been invested.


The circumstances of the demolition remain unclear. “Everything is fine now. Only the compensation remains to be settled…,” a Tradex official said. Work resumed two weeks ago. With a declared share capital of 11.67 billion Congolese francs, the Cameroonian company is already preparing two calls for tenders for additional stations.


With Kingabwa open, Maba under reconstruction and other projects in the pipeline, Tradex is driving home the point: Cameroon wants its share of the Congolese oil cake.


Meanwhile in Yaoundé: an “open account” to ease imports


At the same time, across the border, another file is stirring the sector. On 20 October in Yaoundé, KC Trade International presented to Water and Energy Minister Gaston Eloundou Essomba a deferred-payment mechanism for petroleum product cargoes in partnership with international traders BGN and Zyron Energy.


The idea? “Open account 100 %” credits. In plain terms, the goods arrive and are delivered, and payment comes later. Cédric Ketchanga, managing director of KC Trade International, wants this to help local operators weather tensions on international markets.


Since the Sonara refinery fire in May 2019, Cameroon has imported almost everything. Between January and October 2025 the country brought in 1.58 million tonnes of liquid white products and 208,216 tonnes of LPG — nearly 1.79 million tonnes in total. A supplier credit mechanism could ease cash-flow pressure when prices soar.


However, no amounts, deadlines or precise guarantees have been made public. The formula remains vague. BGN, led by Rüya Bayegan and with a presence in Geneva, says it is already starting to supply Cameroon and is considering further investment. Zyron Energy, a UAE-based trading platform, brings expertise on West and Central African markets. Discussions also covered long-term supply contracts, marketing of Cameroonian crude and possible joint investments in vessels and port and oil infrastructure.


The key questions remain: what volumes, which operators and under what financial conditions will actually benefit. Easing cargo financing will not magically solve problems of unloading, storage and distribution capacity.


Two moves, two fronts. On one side, Tradex plants its flag in Kinshasa. On the other, private players seek to smooth fuel arrivals into Cameroon. Central Africa is watching closely.


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Silognhia Edwige

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