Conseil constitutionnel : Rémy Nama succède à Clément Atangana, son domicile pris d’assaut à Yaoundé
Nommé par décret présidentiel le 16 octobre 2026, Rémy Nama prend les commandes du Conseil constitutionnel camerounais après le décès de Clément Atangana. Magistrat hors hiérarchie et ancien cadre du Secrétariat général de la présidence de la République, il arrive à la tête de cette institution stratégique après plus de quatre décennies au service de l’État.
Le changement est désormais acté à la tête du Conseil constitutionnel du Cameroun. Paul Biya a nommé, par décret présidentiel signé le vendredi 16 octobre 2026, le magistrat Rémy Nama président de cette institution chargée de veiller au respect de la Constitution. Il succède à Clément Atangana, décédé le 4 octobre dernier à Paris, à l’âge de 85 ans.
Cette nomination marque une nouvelle étape dans le parcours de ce magistrat chevronné, qui a passé une grande partie de sa carrière au service de l’appareil judiciaire et de la présidence de la République. Deuxième personnalité à occuper cette fonction depuis la mise en place du Conseil constitutionnel, Rémy Nama hérite d’une institution dont les décisions sont déterminantes dans la vie politique et institutionnelle du pays.
Rémy Nama : un bain de foule après sa nomination à Yaoundé
Au quartier Tropicana, à Yaoundé, l’annonce de sa nomination a rapidement pris des allures de célébration populaire. Le domicile du nouveau président du Conseil constitutionnel a accueilli, ce vendredi, un flot de visiteurs venus lui témoigner leur soutien.
Parents, amis, voisins et curieux se sont succédé à sa résidence pour le féliciter et partager ce moment avec lui. Cette mobilisation témoigne de l’effervescence suscitée dans son entourage par son accession à l’une des fonctions les plus sensibles de l’architecture institutionnelle camerounaise.
Derrière cette effervescence familiale et sociale se dessine toutefois une responsabilité considérable. Le président du Conseil constitutionnel se trouve à la tête d’une institution dont le rôle est central dans le contrôle de la constitutionnalité et le règlement du contentieux électoral, conformément aux compétences que lui attribue la Constitution.
Un magistrat formé à l’ENAM et plus de 40 ans de carrière
Né le 1er octobre 1957 à Obala, dans le département de la Lékié, région du Centre, Rémy Nama est un produit de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM). Magistrat hors hiérarchie, il cumule plus de quatre décennies d’expérience au sein de l’administration judiciaire et de l’État.
Son parcours professionnel débute à Bertoua, où il exerce comme substitut du procureur de la République. Il poursuit ensuite sa carrière à Garoua, en qualité de juge, avant de rejoindre le ministère de la Justice à Yaoundé.
Au sein de ce département ministériel, il prend les fonctions de chef du service de l’exécution des peines. Cette expérience le place au cœur des mécanismes judiciaires liés à la mise en œuvre des décisions de justice.
Rémy Nama rejoint par la suite la présidence de la République. Il y exerce successivement comme attaché, puis comme chargé de mission au Secrétariat général. Magistrat hors hiérarchie en service à la division des affaires judiciaires du Secrétariat général de la présidence de la République, il y exerce les fonctions de chargé de mission.
Il travaille ainsi au Palais de l’Unité depuis 32 ans, une longévité qui lui confère une connaissance approfondie des rouages administratifs et institutionnels de l’État.
Un nouveau président face aux enjeux constitutionnels et électoraux
La nomination de Rémy Nama intervient après le décès de Clément Atangana, qui présidait le Conseil constitutionnel depuis sa mise en place. Le nouveau titulaire devra désormais assurer la conduite des travaux de cette institution au cœur du fonctionnement démocratique et constitutionnel du Cameroun.
Le Conseil constitutionnel veille notamment à la constitutionnalité des lois, statue sur les conflits d’attribution entre certaines institutions de l’État et intervient dans le contentieux des élections nationales relevant de sa compétence, notamment l’élection présidentielle et les élections législatives. Il proclame également les résultats définitifs de l’élection présidentielle.
Dans un environnement politique où les décisions relatives aux scrutins et à l’interprétation de la Constitution suscitent une attention particulière, le profil de son président revêt une importance institutionnelle majeure.
La nomination de Rémy Nama ouvre donc un nouveau chapitre pour le Conseil constitutionnel. Son expérience judiciaire, sa longue présence au Secrétariat général de la présidence de la République et sa connaissance de l’administration constituent les principaux éléments de son parcours. Reste désormais à observer la manière dont il conduira cette institution dans l’exercice de ses missions constitutionnelles.
Cameroon: Paul Biya Appoints Rémy Nama as Constitutional Council President
Appointed by presidential decree on October 16, 2026, Rémy Nama succeeds the late Clément Atangana as head of Cameroon’s Constitutional Council. A senior magistrate with more than four decades of public service, he spent 32 years at the Presidency of the Republic.
Cameroon has a new president of the Constitutional Council. President Paul Biya appointed senior magistrate Rémy Nama to the position by presidential decree on Friday, October 16, 2026. He succeeds Clément Atangana, who died in Paris on October 4 at the age of 85.
The appointment marks a new chapter in the career of a judicial official who has spent decades serving the justice system and the Presidency of the Republic. As the second person to hold the position since the Constitutional Council was established, Nama takes charge of an institution whose decisions play a major role in Cameroon’s political and constitutional affairs.
Celebrations at Rémy Nama’s residence in Yaoundé
At the Tropicana neighbourhood in Yaoundé, news of Nama’s appointment sparked celebrations at his residence. Relatives, friends, neighbours and curious onlookers gathered to congratulate the newly appointed Constitutional Council president and share in the occasion.
The gathering reflected the excitement surrounding his elevation to one of the country’s most sensitive institutional positions.
Beyond the celebrations, however, the appointment comes with considerable responsibility. The Constitutional Council plays a central role in constitutional review and electoral dispute resolution, within the powers assigned to it by Cameroon’s Constitution.
A senior magistrate with more than 40 years of experience
Born on October 1, 1957, in Obala, in the Lékié Division of Cameroon’s Centre Region, Rémy Nama is a graduate of the National School of Administration and Magistracy (ENAM).
A senior magistrate, he has accumulated more than four decades of professional experience in the judiciary and public administration.
His career began in Bertoua, where he served as a deputy public prosecutor. He was subsequently appointed judge in Garoua before moving to Yaoundé to join the Ministry of Justice.
At the ministry, he served as head of the sentence enforcement department, a position associated with the implementation of judicial decisions.
Nama later joined the Presidency of the Republic, where he successively served as an attaché and then as a chargé de mission within the General Secretariat.
He currently serves in the judicial affairs division of the Presidency’s General Secretariat as a chargé de mission. He has spent 32 years at the Unity Palace, giving him extensive experience of the administrative and institutional workings of the Cameroonian state.
Constitutional and electoral challenges ahead
Rémy Nama’s appointment follows the death of Clément Atangana, who had led the Constitutional Council since its establishment. The new president will now oversee an institution central to Cameroon’s constitutional framework.
The Constitutional Council is responsible, among other duties, for reviewing the constitutionality of laws, resolving certain institutional disputes and handling national electoral litigation within its jurisdiction, including presidential and parliamentary elections. It also proclaims the final results of presidential elections.
In a political environment where electoral decisions and constitutional interpretation attract significant public attention, the leadership of the Council carries considerable institutional weight.
Nama’s judicial background, long service at the Presidency and knowledge of public administration form the main elements of his professional profile. His tenure will now be closely watched as he assumes responsibility for leading the Constitutional Council in carrying out its constitutional duties.
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Ange NGO
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