Safacam : le bénéfice net attendu s’effondre de 58,3 % en 2026, malgré une hausse de la production d’huile de palme
La Société africaine forestière et agricole du Cameroun (Safacam) pourrait clôturer l’année 2026 avec un bénéfice net de seulement 1,34 milliard de FCFA, contre 3,22 milliards en 2025. Malgré une hausse de 16 % de sa production d’huile de palme au premier semestre, l’agro-industriel camerounais fait face à un recul de ses ventes et à une dégradation de sa rentabilité. Les projections de sa maison mère indirecte, Socfinaf, laissent même entrevoir un second semestre dans le rouge.
Safacam : une rentabilité sous pression malgré la hausse de la production
Le contraste est saisissant entre les volumes produits et les résultats financiers. Au Cameroun, la Société africaine forestière et agricole du Cameroun (Safacam) pourrait terminer l’exercice 2026 avec un bénéfice net de 1,34 milliard de FCFA, contre 3,22 milliards de FCFA en 2025. Cette prévision, publiée dans le rapport semestriel de Socfinaf, qui contrôle indirectement l’entreprise à travers la société française SAFA, représente une chute de 58,3 % sur un an.
Pourtant, le chiffre d’affaires annuel devrait progresser de 3,6 %, pour atteindre 29,37 milliards de FCFA. Cette évolution divergente entre les revenus attendus et le bénéfice net prévisionnel souligne les difficultés de Safacam à préserver ses marges dans un contexte marqué par le recul des ventes au premier semestre et des perspectives moins favorables pour la seconde moitié de l’année.
Un second semestre potentiellement déficitaire
Les données semestrielles permettent de mesurer l’ampleur du retournement anticipé. À fin juin 2026, Safacam avait réalisé un bénéfice net de 2,03 milliards de FCFA, contre 3,47 milliards à la même période en 2025, soit une baisse de 41,5 %.
Or, Socfinaf prévoit un bénéfice net de seulement 1,34 milliard de FCFA sur l’ensemble de l’exercice. Par simple différence entre le résultat semestriel déjà réalisé et la prévision annuelle, le second semestre ferait ainsi apparaître une perte nette implicite d’environ 687 millions de FCFA.
Cette estimation mérite toutefois une précision importante : il ne s’agit pas d’une perte déjà enregistrée. Elle découle des projections annuelles de Socfinaf, qui combinent les résultats connus du premier semestre et les estimations pour les six derniers mois de 2026.
La tendance n’en demeure pas moins préoccupante pour l’agro-industriel, dont la capacité à convertir son activité commerciale en bénéfices semble se détériorer.
Le chiffre d’affaires recule de 10,6 % au premier semestre
Les comptes semestriels confirment cette dégradation. Entre janvier et juin 2026, le chiffre d’affaires de Safacam est tombé à 15,76 milliards de FCFA, contre 17,62 milliards un an auparavant, soit une contraction de 10,6 %.
Plus inquiétant encore, le résultat des activités ordinaires a chuté de 4,88 milliards à 2,91 milliards de FCFA, une baisse de 40,4 %. Cet indicateur, qui mesure la performance des activités courantes avant les éléments non ordinaires et les effets fiscaux, traduit une détérioration plus rapide de la rentabilité que celle des ventes.
Le rapport entre le résultat des activités ordinaires et le chiffre d’affaires illustre cette pression sur les marges. Il est passé de 27,7 % au premier semestre 2025 à 18,5 % à fin juin 2026, soit une baisse de 9,2 points de pourcentage.
Autrement dit, Safacam tire désormais moins de résultat ordinaire de chaque franc CFA de chiffre d’affaires réalisé. Cette évolution soulève la question de la structure des coûts, même si les informations disponibles ne permettent pas d’identifier précisément les charges responsables de cette contraction.
Le palmier à huile concentre l’essentiel du recul des ventes
L’analyse par activité désigne la branche palmier comme le principal point de faiblesse commerciale. Ses revenus ont diminué de 12,86 milliards de FCFA au premier semestre 2025 à 11,13 milliards sur la même période en 2026, soit une baisse de 13,5 %.
Cette contraction représente environ 93 % du recul global du chiffre d’affaires de Safacam. La branche caoutchouc résiste relativement mieux, avec une diminution de ses revenus limitée à 2,7 %.
La dépendance de la performance commerciale à l’activité palmier apparaît ainsi clairement. Lorsque cette branche ralentit, l’ensemble des revenus de l’entreprise en subit directement les conséquences.
La direction avance une explication : le report de certaines ventes d’huile de palmiste vers le second semestre. Cette hypothèse pourrait signifier qu’une partie du recul observé tient au calendrier de commercialisation plutôt qu’à une disparition définitive de la demande.
Toutefois, le rapport semestriel ne chiffre pas les ventes différées. Il est donc impossible, à ce stade, de déterminer dans quelle mesure leur réalisation au second semestre permettra de compenser le manque à gagner enregistré entre janvier et juin.
Une production d’huile de palme en hausse de 16 %
C’est l’un des principaux paradoxes de la situation de Safacam. Alors que les revenus de la branche palmier ont reculé, la production d’huile de palme a progressé.
Selon les données de Socfinaf, l’entreprise a produit 14 135 tonnes d’huile de palme au premier semestre 2026, contre 12 184 tonnes sur la même période en 2025. Cela représente une augmentation de 1 951 tonnes, soit une croissance de 16 %.
Cette hausse des volumes ne s’est donc pas traduite par une progression équivalente des revenus de la branche palmier. Plusieurs facteurs peuvent théoriquement expliquer un tel décalage, notamment le calendrier des ventes, les prix de commercialisation ou la composition des produits vendus. Mais les informations disponibles ne permettent pas d'établir lequel de ces facteurs a effectivement pesé sur les résultats de Safacam.
Le report annoncé des ventes d’huile de palmiste constitue une piste avancée par la direction, sans suffire à expliquer à lui seul l’ensemble de la baisse des revenus.
Un second semestre sous la menace de la saisonnalité
Les perspectives pour les six derniers mois de 2026 restent prudentes. La direction anticipe une activité moins favorable, notamment en raison du recul saisonnier de la production d’huile de palme et des incertitudes entourant les cours internationaux du caoutchouc.
Les prévisions de production illustrent cette saisonnalité. Sur les 17 840 tonnes d’huile de palme attendues pour l’ensemble de l’année 2026, Safacam en avait déjà produit 14 135 à fin juin. Il ne resterait donc que 3 705 tonnes à produire au second semestre, selon les estimations de Socfinaf.
La production prévue pour la seconde moitié de l’année serait ainsi nettement inférieure à celle du premier semestre. Ce profil saisonnier pourrait limiter les volumes disponibles pour soutenir l’activité commerciale, même si son incidence exacte sur les revenus et les marges dépendra également des ventes effectivement réalisées et des conditions de marché.
Sur le front du caoutchouc, l’évolution des cours internationaux représente une autre source d’incertitude. Sans prévisions détaillées sur les prix de vente et les charges opérationnelles, il reste difficile d’évaluer précisément leur impact sur le résultat final.
Safacam face au défi de la rentabilité
Pour Safacam, l’enjeu des prochains mois ne se limite donc pas à produire davantage. L’entreprise doit aussi transformer ses volumes en ventes effectives et préserver ses marges dans un environnement où les perspectives de production et les conditions de commercialisation demeurent incertaines.
La progression attendue du chiffre d’affaires annuel à 29,37 milliards de FCFA pourrait atténuer une partie des difficultés, mais elle ne suffirait pas à empêcher la baisse anticipée du bénéfice net à 1,34 milliard de FCFA.
Les résultats définitifs de 2026 permettront de déterminer si les ventes reportées ont effectivement soutenu l’activité au second semestre et dans quelle mesure les effets saisonniers ont pesé sur la rentabilité.
En attendant, les projections de Socfinaf dressent le portrait d’un agro-industriel camerounais confronté à un défi central : préserver ses bénéfices alors même que sa production d’huile de palme progresse. Un paradoxe qui rappelle que, dans l’agro-industrie, les volumes produits ne garantissent ni le niveau des ventes ni celui des profits.
Safacam’s Net Profit Set to Plunge 58.3% in 2026 Despite Higher Palm Oil Production
Cameroon-based agro-industrial company Safacam could close 2026 with net profit of just CFAF 1.34 billion, down from CFAF 3.22 billion in 2025. Despite increasing palm oil production by 16% in the first half of the year, the company is facing declining sales and mounting pressure on profitability. Projections from Socfinaf, its indirect controlling shareholder, even point to a potentially loss-making second half.
Safacam’s profitability under pressure despite higher output
The contrast between production volumes and financial performance is striking. Société Africaine Forestière et Agricole du Cameroun (Safacam) is expected to end the 2026 financial year with net profit of CFAF 1.34 billion, compared with CFAF 3.22 billion in 2025. The forecast, published in Socfinaf’s half-year report, represents a 58.3% year-on-year decline.
Socfinaf indirectly controls Safacam through the French company SAFA.
Yet annual revenue is projected to increase by 3.6% to CFAF 29.37 billion. This divergence between expected revenue and net profit highlights Safacam’s difficulty in protecting its margins amid weaker first-half sales and less favourable operating prospects for the second half of the year.
Second-half figures point to a potential net loss
Safacam’s half-year results illustrate the scale of the anticipated reversal. At the end of June 2026, the company had recorded net profit of CFAF 2.03 billion, down from CFAF 3.47 billion a year earlier, a decline of 41.5%.
However, Socfinaf forecasts full-year net profit of only CFAF 1.34 billion. Subtracting the first-half result from the full-year forecast implies a net loss of approximately CFAF 687 million for the second half.
This figure requires an important qualification: it is not a loss already recorded in the accounts. It is an implied result derived from Socfinaf’s annual projections, which combine actual first-half performance with estimates for the final six months of 2026.
Nevertheless, the forecast points to a deterioration in Safacam’s ability to turn its business activity into profits.
First-half revenue falls 10.6%
The company’s half-year accounts confirm the weakening trend. Between January and June 2026, Safacam’s revenue fell to CFAF 15.76 billion, compared with CFAF 17.62 billion during the same period in 2025, a decline of 10.6%.
Ordinary operating results fell even more sharply, dropping from CFAF 4.88 billion to CFAF 2.91 billion, down 40.4%.
The ratio of ordinary operating results to revenue illustrates the pressure on profitability. It declined from 27.7% in the first half of 2025 to 18.5% at the end of June 2026, a decrease of 9.2 percentage points.
In practical terms, Safacam is generating less ordinary operating profit from each CFA franc of revenue. Although this suggests pressure on margins, the available half-year report does not identify precisely which expense items contributed to the decline.
Palm oil accounts for most of the revenue decline
The breakdown by business segment identifies palm-related activities as the main source of the revenue contraction.
Revenue from the palm segment fell by 13.5%, from CFAF 12.86 billion in the first half of 2025 to CFAF 11.13 billion in the same period in 2026.
This decrease accounts for approximately 93% of Safacam’s overall revenue decline. Rubber revenue performed relatively better, falling by just 2.7%.
The figures highlight Safacam’s exposure to developments in its palm business. Weakness in this segment has a direct impact on the company’s overall commercial performance.
Management attributes the revenue decline partly to palm kernel oil sales postponed until the second half of the year. This could mean that some of the weakness reflects the timing of sales rather than a permanent loss of demand.
However, Safacam’s half-year report does not quantify the deferred sales. It is therefore not possible to determine how much of the first-half shortfall could be recovered before the end of the year.
Palm oil production increases by 16%
One of the most striking aspects of Safacam’s performance is that its palm oil output increased even as revenue from its palm-related activities declined.
According to Socfinaf, Safacam produced 14,135 tonnes of palm oil in the first half of 2026, compared with 12,184 tonnes during the same period in 2025. This represents an increase of 1,951 tonnes, or 16%.
Higher production did not translate into a corresponding increase in revenue from the palm segment.
Several factors could theoretically explain such a gap, including the timing of sales, selling prices and the mix of products sold. However, the available information does not establish which of these factors actually affected Safacam’s performance.
Management’s reference to postponed palm kernel oil sales offers one possible explanation, but it does not fully account for the overall decline in revenue.
Seasonality clouds the second-half outlook
Safacam’s outlook for the final six months of 2026 remains cautious. Management expects business activity to weaken, citing the seasonal decline in palm oil production and uncertainty surrounding international rubber prices.
The company’s production forecasts illustrate the seasonal pattern. Of the 17,840 tonnes of palm oil expected for the full year, Safacam had already produced 14,135 tonnes by the end of June.
This leaves an estimated 3,705 tonnes for the second half of the year, according to Socfinaf’s projections.
Expected second-half production is therefore significantly lower than first-half output. This seasonal profile could constrain the volumes available to support commercial activity, although the ultimate effect on revenue and margins will also depend on actual sales and market conditions.
International rubber prices represent another source of uncertainty. Without detailed forecasts for selling prices and operating expenses, the impact on Safacam’s final earnings remains difficult to assess.
Safacam faces a profitability challenge
For Safacam, the challenge is not simply to increase production. The company must also convert output into completed sales while protecting margins in an environment shaped by seasonal production patterns and uncertain market conditions.
The projected increase in annual revenue to CFAF 29.37 billion could provide some support. However, it is not expected to prevent net profit from falling to CFAF 1.34 billion.
The final 2026 accounts will show whether deferred sales supported second-half activity and how seasonal factors affected the company’s profitability.
For now, Socfinaf’s projections point to a central challenge for the Cameroonian agro-industrial company: protecting earnings even as palm oil production increases. The figures underline a basic reality in agribusiness: higher production volumes do not automatically translate into higher sales or stronger profits.
Safacam, Safacam Cameroun, bénéfice Safacam 2026, résultat net Safacam, Socfinaf, SAFA Cameroun, agriculture Cameroun, économie Cameroun, huile de palme Cameroun, production huile de palme, agro-industrie camerounaise, filière palmier à huile, marché de l’huile de palme, production agricole Cameroun, chiffre d’affaires Safacam, rentabilité Safacam, résultats financiers 2026, bénéfice net 2026, industrie du caoutchouc, huile de palmiste, secteur agricole camerounais, entreprises agro-industrielles Cameroun, actualité économique Cameroun
Mouahna Divine
Le calendrier complet de la Can Féminine 2026
Suivez certains matchs en direct grâce à nos partenaires