Iran-Royaume-Uni : Téhéran convoque l’ambassadeur britannique et dénonce des « accusations absurdes » de sabotage

Iran-Royaume-Uni : Téhéran convoque l’ambassadeur britannique et dénonce des « accusations absurdes » de sabotage

Téhéran convoque l’ambassadeur britannique, rejette les accusations de sabotage sur une base RAF et exige des explications. Pezeshkian parle dialogue, Trump rejette le plan pour Ormuz, Hegseth s’en prend aux médias. Décryptage.

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Iran : Téhéran convoque l’ambassadeur britannique et tire à boulets rouges sur Londres


Le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué, ce mercredi, l’ambassadeur du Royaume-Uni à Téhéran, Hugo Shorter. Objectif : lui remettre une vive protestation. Motif ? Les accusations britanniques selon lesquelles l’Iran serait derrière une tentative de sabotage et d’espionnage près de la base aérienne de la Royal Air Force à Fairford, dans le Gloucestershire.


Selon le communiqué iranien, le vice-ministre chargé des affaires politiques, Majid Takht-Ravanchi, a catégoriquement rejeté ces allégations. Il les a qualifiées d’« infondées et absurdes ». Pour Téhéran, Londres mène une campagne de propagande destinée à détourner l’attention de sa propre responsabilité : mettre ses installations militaires à la disposition des États-Unis et d’Israël pour des actions contre l’Iran.


Takht-Ravanchi a exigé des explications officielles et une révision de la politique britannique à l’égard de la République islamique. L’ambassadeur Shorter a promis de transmettre la note de protestation à ses autorités.


Auparavant, les autorités britanniques avaient annoncé avoir déjoué cette tentative de sabotage. Elles pointaient du doigt des « entités iraniennes » et parlaient d’une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume-Uni.


Dialogue avec Washington : Pezeshkian ne ferme pas la porte


Dans un autre registre, le président iranien Massoud Pezeshkian a réaffirmé que Téhéran n’a jamais évité et n’entend pas éviter le dialogue avec les États-Unis, malgré les « violations des accords » de leur part.


« Nous défendons les droits de notre société dans la dignité et l’honneur. Nous n’avons jamais évité et nous n’éviterons pas le dialogue, bien que les États-Unis, malgré la signature d’un accord, aient attaqué notre pays à trois reprises », a-t-il déclaré, cité par son service de presse.


Le président iranien a également souligné la résilience du pays : « Les ennemis pensaient qu’avec la mort du Guide suprême de la révolution islamique, de civils, de commandants et de scientifiques, le pays s’effondrerait. Cependant, notre unité nationale et notre cohésion intérieure n’ont fait que se renforcer. »


Détroit d’Ormuz : Trump juge la proposition iranienne « pas assez bonne »


De l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump a estimé que la proposition de Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz n’était « pas assez bonne ».


« Ils [les Iraniens] ont présenté une suggestion pour rouvrir le détroit. Vous en avez partiellement pris connaissance. Mais elle ne peut absolument pas être qualifiée d’assez bonne », a-t-il affirmé au magazine Time.


Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghtchi avait indiqué que Téhéran avait transmis aux États-Unis, via le Qatar, un plan de sept jours visant à rétablir la navigation. Selon lui, ces dispositions figuraient déjà dans un mémorandum d’entente antérieur. Trump a rejeté ce plan. L’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, a précisé que le président américain « ne fait pas confiance à l’Iran ».


Pentagone : Pete Hegseth fustige les médias américains


Enfin, le chef du Pentagone, Pete Hegseth, a qualifié de « trahison » la couverture médiatique de la guerre en Iran. S’exprimant à la base des Marines de Quantico, en Virginie, il a estimé qu’un « activisme partial qui vise délibérément à dénigrer les militaires » était « fondamentalement anti-américain », « répugnant » et constituait une « trahison ».


« Notre soi-disant presse fait passer les médias d’État iraniens pour des gens raisonnables », a-t-il lancé. Selon lui, les publications basées sur des sources au sein du Pentagone mettent en danger les soldats en révélant déplacements, bases et stocks de munitions.


Hegseth a également détaillé de nouvelles initiatives : appel d’offres pour une nouvelle base militaire sur le sol américain, création d’une administration chargée des programmes religieux, renforcement des chaînes d’approvisionnement nationales et nouveaux programmes de formation d’élèves-officiers dans cinq universités « non soumises à l’influence dominante de l’idéologie libérale ». Il a annoncé vouloir faire de son discours « Sur l’état des forces armées » une tradition annuelle, sur le modèle du discours sur l’état de l’Union.


Dans un contexte de tensions maximales entre Téhéran, Londres et Washington, les échanges diplomatiques restent vifs, les accusations s’accumulent et le dialogue, s’il n’est pas totalement fermé, reste sous haute surveillance.




Iran summons UK ambassador over “absurd” sabotage claims


Iran’s Foreign Ministry has summoned British Ambassador Hugo Shorter in Tehran to lodge a strong protest over UK accusations that Iran was involved in a planned sabotage and espionage operation near RAF Fairford air base in Gloucestershire.


According to an Iranian statement, Deputy Foreign Minister for Political Affairs Majid Takht-Ravanchi categorically rejected the allegations as “baseless and absurd.” He accused London of running a propaganda campaign to distract from Britain’s own responsibility in making its military facilities available to the United States and Israel for actions against Iran.


Takht-Ravanchi demanded official explanations and a revision of British policy toward Tehran. The ambassador said he would convey the protest note to his government.


British authorities had earlier announced they had thwarted the sabotage attempt, attributing it to Iranian entities and describing it as a direct threat to UK national security.


Pezeshkian: Iran will not avoid dialogue with the US


Iranian President Masoud Pezeshkian stated that Tehran has never avoided and will not avoid dialogue with the United States, despite what he called US violations of agreements.


“We defend the rights of our society with dignity and honor. We have never avoided and will not avoid dialogue, even though the United States, despite signing an agreement, attacked our country three times,” he said, according to his press office.


He added that adversaries had expected Iran to collapse after the deaths of the Supreme Leader, civilians, commanders and scientists, but national unity had only grown stronger.


Trump rejects Iranian Hormuz proposal as “not good enough”


US President Donald Trump said Iran’s proposal to reopen the Strait of Hormuz was “not good enough.”


“They [the Iranians] put forward a suggestion to reopen the strait. You’ve seen some of it. But it is absolutely not good enough,” he told Time magazine.


Iranian Foreign Minister Abbas Araghchi had earlier said Tehran submitted a seven-day plan via Qatar to restore navigation in the strait, noting the measures were already contained in a previous memorandum of understanding. Trump rejected the plan. US Ambassador to the UN Mike Waltz stated that Trump does not trust Iran.


Hegseth calls US media coverage of Iran conflict “treason”


Pentagon chief Pete Hegseth labeled American media coverage of the war in Iran as “treason.” Speaking at the Marine Corps base in Quantico, Virginia, he said biased activism that deliberately denigrates the military is “fundamentally anti-American,” “disgusting” and “treason.”


“Our so-called press makes Iranian state media look reasonable,” he said. He accused media outlets of endangering troops by revealing movements, bases and ammunition stocks based on Pentagon sources.


Hegseth also outlined new initiatives, including a tender for a new military base on US soil, an office for religious programs, strengthened domestic supply chains, and officer-training programs at five universities he described as free from dominant liberal ideology. He intends to make his “State of the Armed Forces” address an annual tradition modeled on the State of the Union.


Tensions remain high as diplomatic exchanges intensify and mutual accusations continue.


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Moussa Nassourou

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