Cosumaf : Axiome Capital perd son agrément et va être liquidée, pendant que la BICEC remanie son conseil

Cosumaf : Axiome Capital perd son agrément et va être liquidée, pendant que la BICEC remanie son conseil

La Cosumaf retire l’agrément d’Axiome Capital et engage sa liquidation. Au Cameroun, la BICEC accueille Othmane Tajeddine à son conseil d’administration.

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Finance : la Cosumaf retire l’agrément d’Axiome Capital et la BICEC renforce son conseil d’administration


La Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf) a retiré l’agrément d’Axiome Capital, société congolaise autorisée depuis 2023 comme conseiller en investissements financiers dans la Cemac, et engagé sa liquidation. Au Cameroun, la BICEC officialise parallèlement l’entrée d’Othmane Tajeddine, responsable de la Banque de l’International du groupe marocain BCP, à son conseil d’administration. Deux décisions qui illustrent, sur des registres différents, les mouvements en cours dans la gouvernance et la régulation du secteur financier régional.


Axiome Capital perd son agrément et va être liquidée


Le marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) vient de connaître une nouvelle décision disciplinaire. Dans une décision rendue le 3 août 2026, la Cosumaf a prononcé le retrait de l’agrément d’Axiome Capital, société congolaise autorisée à exercer comme conseiller en investissements financiers.


Le régulateur a également décidé d’engager la liquidation de la société. Le collège de la Cosumaf a ainsi donné délégation à sa présidente afin de désigner un liquidateur chargé d’accomplir les formalités nécessaires.


L’agrément individuel de Attendu Bogalys Mboussa Galibayi, gérant d’Axiome Capital, a lui aussi été retiré.


Créée en janvier 2020 à Brazzaville, avec un capital social de 1 million de FCFA, Axiome Capital avait obtenu son agrément de la Cosumaf le 31 mars 2023.


Mais cette autorisation n’aura finalement pas débouché sur une activité effective sur le marché financier régional.


Une société restée inactive depuis son agrément


Selon les éléments retenus par le régulateur, Axiome Capital n’a jamais exercé d’activité sur le marché depuis l’obtention de son agrément.


La situation s’est compliquée en 2025. Le 30 avril 2025, son gérant a informé la Cosumaf de sa nomination à la présidence de la République du Congo, au département des hydrocarbures, expliquant son impossibilité de continuer à diriger la société.


Le 11 juin 2025, la Cosumaf lui a signifié que son départ entraînait la perte de son agrément de dirigeant. Le régulateur a demandé à Axiome Capital de procéder immédiatement à la désignation d’un nouveau responsable, lequel devait ensuite être soumis à son approbation.


Cette demande n’a pas été suivie d’effet.


La Cosumaf indique avoir effectué plusieurs relances entre juillet et octobre 2025, sans obtenir de réponse de la société.


Des redevances impayées et des documents réglementaires manquants


À l’absence de dirigeant agréé et à l’inactivité de la société se sont ajoutés d’autres manquements relevés par le régulateur.


Axiome Capital n’a notamment pas payé les redevances annuelles dues au titre des exercices 2025 et 2026.


La redevance applicable aux conseillers en investissements financiers étant fixée à 1 million de FCFA par an, ces deux exercices correspondent arithmétiquement à 2 millions de FCFA. La décision disciplinaire ne chiffre toutefois pas elle-même le montant de l'arriéré.


Le dossier fait également apparaître plusieurs obligations documentaires non satisfaites. Pour les exercices 2024 et 2025, Axiome Capital n’a pas transmis notamment :




  • sa cartographie des risques ;




  • ses rapports de contrôle interne ;




  • ses rapports relatifs à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ;




  • ses états financiers de synthèse ;




  • les rapports de ses commissaires aux comptes.




Ces documents constituent des éléments importants du dispositif de surveillance prudentielle et de conformité applicable aux acteurs du marché financier.


Une procédure disciplinaire sans observations de la société


La procédure s’est poursuivie alors qu’Axiome Capital et son dirigeant n’ont formulé aucune observation sur les griefs qui leur étaient reprochés.


La société, régulièrement convoquée, ne s’est par ailleurs pas présentée à la session disciplinaire du 3 août 2026.


La décision de la Cosumaf n'est toutefois pas nécessairement définitive : elle peut faire l’objet d’un recours.


Plusieurs zones d’ombre demeurent également à ce stade. Le liquidateur n’a pas encore été identifié dans la décision, puisqu’il doit être désigné ultérieurement. Le texte ne précise pas davantage la valeur des actifs et passifs à liquider ni l’existence éventuelle de comptes clients ou d’engagements envers des investisseurs.


Ces éléments devront donc être précisés dans le cadre de la liquidation.


BICEC : Othmane Tajeddine rejoint officiellement le conseil d’administration


Dans un autre registre, mais toujours au cœur des évolutions de gouvernance du secteur financier régional, la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (BICEC) a officialisé l’entrée d’Othmane Tajeddine dans son conseil d’administration.


Sa nomination avait été décidée lors de l’assemblée générale des actionnaires du 28 mai 2025. L’annonce légale officialisant cette décision a toutefois été publiée en septembre 2026, soit plus d’un an après l’assemblée.


Othmane Tajeddine est actuellement directeur général en charge de la Banque de l’International à la Banque Centrale Populaire (BCP), groupe marocain qui contrôle la BICEC.


Son mandat d’administrateur de la banque camerounaise court jusqu’à l’assemblée générale appelée à statuer sur les comptes de l’exercice clos le 31 décembre 2030.


La même assemblée a renouvelé, pour une durée de six ans, les mandats d’Anas Drihany, Hubert de Saint Jean, Habib James Koné et Abdeslam Bennani.


Elle a également pris acte de la démission de Mohammed Kamal Mokdad du conseil d’administration.


Une arrivée quelques mois après sa promotion à la BCP


L’entrée d’Othmane Tajeddine au conseil de la BICEC intervient quelques mois après une évolution importante de ses responsabilités au sein du groupe BCP.


Dans un communiqué publié le 27 février 2025, la banque marocaine avait annoncé sa nomination comme directeur général en charge de la Banque de l’International.


Il occupait auparavant le poste de directeur général adjoint chargé des activités de marchés de capitaux et d’investissement.


Le groupe indiquait alors qu’il comptait plus de 22 années d’expérience au sein de la BCP.


Son arrivée au conseil de la BICEC rapproche ainsi directement la gouvernance de la filiale camerounaise du responsable du périmètre bancaire international du groupe auquel elle appartient.


BCP contrôle 68,5 % de la BICEC


Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la transformation de l’actionnariat de la banque camerounaise.


La Banque Centrale Populaire a finalisé le rachat de 68,5 % du capital de la BICEC auprès du groupe français BPCE le 1er octobre 2019.


L’intégration de la BICEC dans le périmètre du groupe marocain a depuis renforcé les liens entre la banque camerounaise et les activités internationales de BCP.


La nomination d’Othmane Tajeddine au conseil d’administration constitue ainsi un élément supplémentaire de cette articulation entre la gouvernance locale de la BICEC et le pilotage international du groupe.


Un changement également au niveau du contrôle des comptes


L’assemblée générale du 28 mai 2025 a par ailleurs modifié le dispositif relatif au contrôle légal des comptes de la BICEC.


Elle a annulé la nomination de Jean-Marc Bell Bell comme commissaire aux comptes suppléant, une désignation qui remontait à mars 2022.


À sa place, les actionnaires ont nommé Paul Essimi Ngono comme commissaire aux comptes suppléant.


Son mandat court également jusqu’à l’assemblée générale appelée à statuer sur les comptes de l’exercice 2030.


La résolution concerne uniquement le poste de commissaire aux comptes suppléant. L’annonce légale ne fait état d’aucune modification concernant le commissaire aux comptes titulaire.


Deux évolutions, deux enjeux pour le marché financier régional


Les deux dossiers présentent des natures très différentes.


Avec Axiome Capital, la Cosumaf exerce son rôle disciplinaire à l’encontre d’un acteur qui, selon les éléments de sa décision, n’a pas effectivement démarré ses activités, n’a pas régularisé sa situation après le départ de son dirigeant agréé et n’a pas satisfait plusieurs obligations réglementaires et financières.


Avec la BICEC, il s’agit plutôt d’une évolution de la gouvernance d’une banque contrôlée par un groupe bancaire marocain majeur, avec l’arrivée au conseil d’administration d’un dirigeant directement chargé des activités internationales de BCP.


Dans les deux cas, ces décisions mettent cependant en lumière un même sujet : la gouvernance et la conformité sont devenues des composantes centrales du fonctionnement du secteur financier de la Cemac.


Pour Axiome Capital, la prochaine étape sera la désignation effective du liquidateur et la clarification de la situation patrimoniale de la société. Pour la BICEC, le nouveau mandat d’Othmane Tajeddine s’inscrit dans une gouvernance appelée à courir jusqu’en 2030.


À ce stade, la décision de la Cosumaf concernant Axiome Capital demeure susceptible de recours et ne permet pas, à elle seule, de déterminer l’existence ou le montant d’éventuels engagements envers des clients ou investisseurs.




Finance: Cosumaf withdraws Axiome Capital’s licence and BICEC strengthens its board


The Central African Financial Market Supervisory Commission (Cosumaf) has withdrawn the licence of Congolese company Axiome Capital, which had been authorised since 2023 to operate as a financial investment adviser within the Cemac region, and has initiated its liquidation. In Cameroon, BICEC has meanwhile officially confirmed the appointment of Othmane Tajeddine, head of International Banking at Morocco’s Banque Centrale Populaire (BCP), to its board of directors.


Axiome Capital loses its licence


The Central African Economic and Monetary Community (Cemac) financial market has recorded a new disciplinary decision.


In a decision issued on 3 August 2026, Cosumaf withdrew the licence of Axiome Capital, a Congolese company authorised to operate as a financial investment adviser.


The regulator also ordered the company’s liquidation process to be initiated. Cosumaf’s board delegated authority to its chairwoman to appoint a liquidator responsible for completing the necessary formalities.


The individual licence held by Attendu Bogalys Mboussa Galibayi, Axiome Capital’s managing director, was also withdrawn.


Founded in January 2020 in Brazzaville with share capital of FCFA 1 million, Axiome Capital obtained its regulatory approval on 31 March 2023.


However, according to the disciplinary decision, the company never carried out any activity on the financial market after obtaining its licence.


No replacement for the authorised manager


The situation deteriorated in 2025.


On 30 April 2025, the company’s managing director informed Cosumaf that he had been appointed to the Presidency of the Republic of Congo, in charge of hydrocarbons, and could no longer continue managing the company.


On 11 June 2025, Cosumaf informed him that his departure resulted in the loss of his individual management licence. The regulator instructed Axiome Capital to immediately appoint a replacement, subject to regulatory approval.


The company did not comply.


Cosumaf says it sent several reminders between July and October 2025, without receiving a response.


Unpaid regulatory fees and missing documents


The absence of an authorised manager and the company’s inactivity were accompanied by other regulatory shortcomings.


Axiome Capital failed to pay the annual regulatory fees due for 2025 and 2026.


The annual fee applicable to financial investment advisers is FCFA 1 million, meaning that the two financial years represent an arithmetic amount of FCFA 2 million. However, Cosumaf’s decision does not itself state the exact amount of arrears.


The company also failed to submit several regulatory documents for 2024 and 2025, including:




  • its risk mapping;




  • internal control reports;




  • anti-money laundering and counter-terrorist financing reports;




  • financial statements;




  • statutory auditors’ reports.




Axiome Capital and its manager submitted no observations regarding the allegations raised against them.


The company, although duly summoned, also failed to attend the disciplinary session held on 3 August 2026.


The decision remains subject to appeal.


The identity of the liquidator has not yet been disclosed because the appointment is still pending. The decision also provides no information on the value of the company’s assets and liabilities or on the possible existence of client accounts or commitments towards investors.


Those issues will therefore have to be clarified during the liquidation process.


BICEC officially appoints Othmane Tajeddine to its board


Meanwhile, the International Bank of Cameroon for Savings and Credit (BICEC) has officially confirmed the appointment of Othmane Tajeddine to its board of directors.


His appointment was approved by shareholders at the 28 May 2025 general meeting. The legal notice confirming the decision was published in September 2026, more than one year after the shareholders’ meeting.


Tajeddine is currently Chief Executive Officer in charge of International Banking at Banque Centrale Populaire (BCP), the Moroccan banking group that controls BICEC.


His term on the BICEC board runs until the general meeting that will approve the accounts for the financial year ending 31 December 2030.


The same meeting renewed the six-year mandates of Anas Drihany, Hubert de Saint Jean, Habib James Koné and Abdeslam Bennani.


Shareholders also took note of the resignation of Mohammed Kamal Mokdad from the board.


A new role at BCP preceded his BICEC appointment


Tajeddine’s appointment to the BICEC board came only a few months after he was promoted within BCP.


In a statement published on 27 February 2025, the Moroccan group announced his appointment as Chief Executive Officer in charge of International Banking.


He had previously served as deputy CEO responsible for capital markets and investment activities.


BCP said he had spent more than 22 years within the group.


His appointment to BICEC’s board therefore directly links the governance of the Cameroonian bank with the executive responsible for BCP’s international banking activities.


BCP holds 68.5% of BICEC


The move comes within the broader restructuring of BICEC’s ownership.


Banque Centrale Populaire completed the acquisition of 68.5% of BICEC’s share capital from France’s BPCE on 1 October 2019.


The transaction strengthened the relationship between the Cameroonian bank and BCP’s international banking operations.


Tajeddine’s arrival on BICEC’s board represents another link between the local governance of the bank and the Moroccan group’s international management structure.


BICEC also changes its alternate statutory auditor


The 28 May 2025 shareholders’ meeting also modified BICEC’s statutory audit arrangements.


Shareholders cancelled the appointment of Jean-Marc Bell Bell as alternate statutory auditor, a position he had been appointed to in March 2022.


He was replaced by Paul Essimi Ngono, whose mandate also runs until the general meeting approving the accounts for the 2030 financial year.


The resolution concerns only the position of alternate statutory auditor. The legal notice does not report any change concerning the principal statutory auditor.


Two developments highlighting the importance of governance


The Axiome Capital and BICEC cases involve very different circumstances.


In Axiome Capital’s case, Cosumaf exercised its disciplinary powers against a company that, according to the regulator’s decision, never effectively started operations, failed to replace its authorised manager and did not meet several regulatory and financial obligations.


At BICEC, the development concerns the governance of a major Cameroonian bank controlled by a Moroccan banking group, with the appointment of the executive responsible for BCP’s international banking activities to the board.


Together, the two cases highlight the importance of governance, regulatory compliance and supervisory oversight in Central Africa’s financial sector.


For Axiome Capital, the next steps will include the appointment of the liquidator and clarification of the company’s financial position. For BICEC, Tajeddine’s new board mandate is scheduled to run through 2030.


The Cosumaf decision concerning Axiome Capital remains subject to appeal and, by itself, does not establish whether the company has outstanding commitments towards clients or investors, or what their potential value might be.


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Didier Cebas K.

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