Togo : les documentaristes français libérés, pendant que l’Ouganda prépare son grand virage pétrolier

Togo : les documentaristes français libérés, pendant que l’Ouganda prépare son grand virage pétrolier

Togo : les deux documentaristes français et leur fixeur sont libres. En Ouganda, Museveni baptise le pétrole « Pearl Sweet Petroleum » avant la production annoncée fin 2026.

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Togo : les documentaristes français libérés, l’Ouganda prépare son grand saut pétrolier


Au Togo, Gaël Mocaër, Sébastian Perez Pezzani et leur fixeur Fred Vedomey ont été libérés. En Ouganda, le pétrole prend officiellement le nom de « Pearl Sweet Petroleum ».


Togo : les deux documentaristes français retrouvent la liberté


Le dossier connaît un nouveau tournant au Togo. Arrêtés le 27 juillet dans le nord-est du pays, les documentaristes français Gaël Mocaër et Sébastian Perez Pezzani ont bénéficié d’une décision de liberté provisoire, rapporte RFI. Leur fixeur togolais, Fred Vedomey, interpellé au même moment, a également été libéré.


Selon les informations rapportées par Le Monde, les deux Français ont été autorisés à quitter le territoire togolais et devraient rejoindre la France dès ce mercredi soir.


Cette libération intervient après plusieurs semaines de procédure. Les deux documentaristes avaient été arrêtés alors qu’ils travaillaient dans une zone située à proximité de la frontière avec le Bénin. Ils réalisaient un documentaire à l’aide d’un drone.


Les autorités leur reprochaient notamment d’avoir fourni de fausses informations dans le cadre des démarches administratives destinées à obtenir l’autorisation d’entrer au Togo et d’y réaliser leur tournage.


Le dossier avait déjà connu une première évolution à la fin du mois d’août. Sébastian Perez Pezzani avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire, notamment afin de pouvoir poursuivre un traitement médical.


La décision concernant les trois hommes marque donc une nouvelle étape dans une affaire qui avait attiré l’attention en France comme au Togo.


Ouganda : « Pearl Sweet Petroleum », le nom choisi pour le pétrole ougandais


À plusieurs milliers de kilomètres de là, un autre dossier illustre les ambitions économiques croissantes du continent africain. L’Ouganda vient officiellement de baptiser son pétrole brut « Pearl Sweet Petroleum », selon le quotidien ougandais Daily Monitor.


Le nom n’a pas été choisi au hasard.


Le terme « Sweet » renvoie à la faible teneur en soufre du pétrole ougandais, tandis que « Pearl » fait directement référence au surnom donné à l’Ouganda : « la perle de l’Afrique ».


Le nom commercial a été présenté par le président Yoweri Museveni lors d’une cérémonie organisée sur le site du gisement de Kingfisher, dans le district de Kikuube.


Pour Kampala, l’enjeu dépasse largement une simple opération de communication. L’Ouganda se prépare à entrer dans le cercle des producteurs africains de pétrole avec l’ambition de transformer ses ressources souterraines en moteur de développement économique.


Kingfisher et Tilenga au cœur du dispositif


La stratégie pétrolière ougandaise repose principalement sur deux grands projets.


Le premier est Kingfisher, exploité par le groupe chinois CNOOC. Le second est Tilenga, porté par TotalEnergies.


Les compagnies impliquées doivent désormais engager des discussions avec des acheteurs potentiels et des raffineries, alors que le démarrage de la production commerciale est annoncé pour la fin de l’année 2026.


Les chiffres donnent la mesure du potentiel.


Les réserves récupérables de l’Ouganda sont estimées à environ 1,65 milliard de barils. À son niveau maximal, la production pourrait atteindre 230 000 barils par jour.


Une capacité qui pourrait modifier sensiblement le poids de l’Ouganda dans le paysage énergétique est-africain.


Un oléoduc de 1 443 kilomètres pour atteindre l’océan Indien


Mais produire du pétrole ne suffit pas. Il faut également pouvoir l’acheminer vers les marchés internationaux.


C’est tout l’enjeu de l’East African Crude Oil Pipeline (EACOP), un gigantesque oléoduc d’environ 1 443 kilomètres destiné à relier les champs pétroliers ougandais au port tanzanien de Tanga, sur la côte de l’océan Indien.


Le coût du projet est estimé à environ 5 milliards de dollars.


Cette infrastructure doit permettre à l’Ouganda, pays enclavé, d’accéder directement aux routes maritimes internationales pour exporter sa production.


L’équation est donc claire : extraire en Ouganda, transporter à travers la Tanzanie et exporter depuis l’océan Indien.


Museveni veut éviter le piège de la rente pétrolière


Le président Yoweri Museveni insiste toutefois sur un point stratégique : le pétrole ne doit pas devenir une simple source de consommation et d’enrichissement à court terme.


Le chef de l’État souhaite que les revenus tirés de cette ressource soient orientés vers des investissements structurants.


Il cite notamment le secteur énergétique, les infrastructures de transport, les chemins de fer, les universités et d’autres actifs nationaux à long terme.


Une orientation qui traduit une préoccupation bien connue sur le continent : celle de la malédiction des ressources naturelles.


Pour de nombreux pays africains, l’exploitation du pétrole, du gaz ou des minerais n’a pas toujours produit les effets attendus sur le développement. Faible diversification économique, dépendance aux cours mondiaux, mauvaise gouvernance ou détournement des revenus peuvent transformer une richesse naturelle en fragilité économique.


L’Ouganda entend manifestement éviter ce scénario.


Avec « Pearl Sweet Petroleum », Kampala cherche ainsi à installer une identité commerciale pour son brut, mais surtout à préparer l’arrivée d'une nouvelle manne financière.


Entre la libération de trois hommes au Togo et l’entrée prochaine de l’Ouganda dans une nouvelle ère pétrolière, l’actualité africaine reste marquée par deux enjeux majeurs : la circulation des personnes et des journalistes d’un côté, la maîtrise des ressources stratégiques de l’autre.




Togo: French documentary filmmakers released as Uganda prepares for its oil era


Two French documentary filmmakers arrested in Togo have been granted provisional release, while Uganda is preparing to enter a new phase of its oil industry with the official commercial name “Pearl Sweet Petroleum” for its crude.


Togo: French filmmakers regain their freedom


The case involving French documentary filmmakers Gaël Mocaër and Sébastian Perez Pezzani has taken a new turn in Togo. Arrested on July 27 in the northeastern part of the country, the two men have been granted provisional release, according to RFI.


Their Togolese fixer, Fred Vedomey, who was arrested at the same time, has also been released.


According to information reported by Le Monde, the two French nationals have been authorized to leave Togo and are expected to return to France on Wednesday evening.


The three men had been arrested while working near the border with Benin on a documentary project involving a drone.


Togolese authorities accused the two French filmmakers of providing false information during the administrative procedures required to enter the country and obtain permission to film.


The case had already taken a new turn at the end of August, when Sébastian Perez Pezzani was released under judicial supervision, partly so that he could continue medical treatment.


Their release now marks a significant new stage in a case that has attracted attention both in Togo and France.


Uganda names its crude “Pearl Sweet Petroleum”


Meanwhile, Uganda is preparing for a major transformation of its energy sector.


According to Ugandan newspaper Daily Monitor, Kampala has officially given its crude oil the commercial name “Pearl Sweet Petroleum.”


The name has a symbolic meaning.


“Sweet” refers to the crude's relatively low sulphur content, while “Pearl” refers to Uganda's nickname, “the Pearl of Africa.”


President Yoweri Museveni unveiled the name during an official ceremony held at the Kingfisher oil field in Kikuube District.


The move comes as Uganda prepares to launch commercial oil production, currently expected by the end of 2026.


Kingfisher and Tilenga at the heart of Uganda’s oil strategy


Uganda’s oil development is centered on two major projects.


The Kingfisher field is operated by Chinese energy company CNOOC, while the Tilenga project is managed by French energy giant TotalEnergies.


Oil companies are now expected to begin negotiations with potential buyers and refineries ahead of commercial production.


Uganda has an estimated 1.65 billion barrels of recoverable oil reserves. At peak production, output is expected to reach approximately 230,000 barrels per day.


That would significantly strengthen Uganda’s position in East Africa’s energy landscape.


A 1,443-kilometre pipeline to the Indian Ocean


Uganda is landlocked, making the transportation of its crude a critical part of the project.


The country plans to export its oil through the East African Crude Oil Pipeline (EACOP), a 1,443-kilometre pipeline connecting Uganda’s oil fields to the Tanzanian port of Tanga on the Indian Ocean.


The project is estimated to cost around $5 billion.


The infrastructure is designed to provide Uganda with access to international maritime markets and allow its crude to be exported through the Indian Ocean.


Museveni wants oil revenues invested in long-term development


President Yoweri Museveni has also stressed that oil revenues should not simply finance higher consumption of imported luxury goods.


He wants the money generated by oil to support energy development, transport infrastructure, railways, universities and other long-term national assets.


The approach reflects a broader concern across Africa: avoiding the so-called resource curse.


Oil wealth can generate substantial revenues, but without sound management, diversification and long-term investment, it can also deepen economic vulnerabilities.


For Uganda, the challenge will therefore be to turn its new oil wealth into sustainable development.


With “Pearl Sweet Petroleum,” Kampala is not only giving its crude a commercial identity. It is also preparing to enter a new chapter in its economic history.


Meanwhile, the release of the three men in Togo brings relief to a case that had raised concerns over the activities of foreign documentary filmmakers and the regulatory framework governing filming in the country.


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Moussa Nassourou

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